ACTE DEUXIÈME
rhomine du monde aime la femme du monde qui s’est emparée de sou cœur, de son imagination , de tout son être: il se laisse aller au sentiment qu’elle lui inspire, mais il s’arrête aux limites qu'il serait insensé de franchir. Si je les franchissais, je serais sans excuse..., convenez-en, Valentine. Ahl si vous m’étiez moins chère, feraisje ce que je fais? Non ; je vous laisserais vous élancer dans l’ablme... où vous tomberiez seule.
VALE STISE.
Que me parlez-vous d’abîme! Lorsqu’il fallait me le montrer, vous me l'avez caché sous des fleurs, et la pensée d’en mesurer la profondeur ne vous est venue qu’au moment où c’est à votre tour de l’affronter.
LE DUC DE BEAULIEU
Il y a des instants où l'ivresse de l’amour ne vous laisse voir que ce que vous désirez. Mais à l’enivrement qui d’abord ne mesure rien, succède l’attachement qui pèse tout...
VAffÉ a Tl NE.
Vous raisonnez! Je raisonnais aussi avant que vous m’ayez fait tout iiublier... Lorsqu’on raisonne, c’est qu’on n’aime plus ou c’est qu’on n’aime pas encore.
LE DUC DE BEAULIEU
Valentine, ne dis pas que ^ t'aime moins, dis que je t’aime mieux.
VALEKTINE.
Je ne vous crois plus.
LE DUC DE BEAin. rEC.
Crois-moi !
V ALEXTINE.
Je VOUS ai donné ma vie, donnez-moi la vôtre; je n'ai pas regardé derrière moi, ne regardez pas devant vous.
LE Ul'C DE BEAULIEU.
Quand je vous consacrerais mon existence, toute mon existence, puis-je faire, Valentine, que vous ne soyez pas mariée? Quello serait votre position? Quelle serait la destinée de nos enfants, si ce nouveau lien s'ajoutait à celui qui nous lie? quel nom porteraient-ils? Ils ne pourraient porter ni le vôtre ni le mien.
VAL£NTIP<£t RTec ironi«. . ‘
Pour me faire part de ces réflexions inspirées par la sagesse la plus haute, dictées par la prévoyance la plus lointaine, deviez vous attendre qu’il fôt trop tard?
LE DUC DE BEAULIEU
Rien n'est encore perdu...
VALENTItVE 9 amertume.
Fors l' honneur I... Mais pour un 'homme, qu’est-ce que