XIV PRÉFACE
mencé par refuser et en s* exposant à tuer le mari ? . Dans la scène du duel entre Robert de Puybrun et le duc Armand de Beaulieu, je Tavouerai ingénument et sans fausse modestie , je croyais avoir atteint à la plus grande hauteur de la réalité idéalisée, telle que je la conçois au théâtre lorsqu'il s'agit d'œuvres sérieusement conçues. Il me semblait que, leurs deux caractères étant donnés, Robert et Armand ne pouvaient, ni Tun ni l'autre, agir autrement qu'ils ne se comportent, sans être en désaccord avec eux-mêmes, il me semblait qu'ainsi poussé jusqu'à ses dernières conséquences, c'était la condamnation souveraine du duel entre l'amant et le mari par l'éclatante démonstration de son impossibilité morale^
Cette impossibilité absolue est niée par les critiques; mais je me borne à leur poser cette question : Quel accueil serait fait dans le monde à l'homme qui aurait tué le mari de la femme dont il étaitl' amant ? Pourrait-elle jamais le revoir ?
A cette question, j'ajoute cette hypothèse : Je suppose que le duc Armand de Beaulieu, au lieu de faire à Robert la réponse qu'il lui fait, lui dise :
« Vous venez de me rendre outrage pour outrage ; vous venez de me délier les mains; maintenant, battons-nous! »