‹ Les deux soeurs: drame en trois [i.e. 4] actes avec une préfaceChapitre 15 sur 108 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

Je suppose, en effet, qu'ils se soient battus et qu'Armand de Beaulieu ait tué Robert de Puybrun; quel eût été le sentiment du public et quelle eût été l'opinion des critiques ?

Si la scène de provocation entre l'amant et le mari ne pouvait être autre que ce qu'elle est, si elle ne pouvait aller pluS' loin et s'élever plus haut, j'ai pu ne pas réussir devant le spectateur autant que je l'avais espéré, mais j'ai réussi devant moi, en ce sens que j'ai pleinement atteint le but. que je visais.

Je ne nie pas ce qu'il y a de pénible dans la vue de ces deux hommes qui tombent roides morts, l'un frappé au cœur, l'autre se faisant sauter le crâne, parce que dans un bal une femme aura agréablement souri à un homme dont ce sourire aura ardemment allumé d'abord l'imagination, puis la vanité et enfin le cœur, et que la coquetterie est une pente glissante sur laquelle il est difficile, sinon impossible de se retenir; mais est-ce que le drame des Deux Sœurs est la première pièce qui emprunte à la mort son dénoûment?

Escamoter les dénoûments par un mot qui laisse tout en suspens et qui fasse mentir le proverbe : Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée^ n'est pas un art si haut placé, qu'en me hissant sur la pointe des

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