XVIII PRÉFACE
tony^ de Mademoiselle de Belle-Isle et de cent autres pièces parmi lesquelles plusieurs sont des chefsd'œuvre , pour lui donner le titre et lui exposer le sujet de la pièce dont je lui avais dit un mot la veille; mais, Tentrain m*étant venu dans le cours de la lettre, je la laissai de côté et j'écrivis sans désemparer le premier acte. Le jour suivant, j'écrivis le second acte, et, le troisième jour, le troisième acte. Le succès d'émotion que ces trois actes à peine ébauchés eurent le soir à la lecture, que j'en fis sans prétention, à quatre ou cinq personnes assises autour de la table du salon, décida du sort de la pièce. Ce ne fut pas cependant sans avoir consulté d'autres amis moins faciles à contenter, que je me décidai à tenter l'épreuve du théâtre, d'autant plus périlleuse qu'on a moins de temps à donner à l'étude de ce qu'il est tout naturel que l'on commence par ignorer. Il n'y a pas de carrière qui n'exige un long apprentissage. Je le sais par expérience, et ceux qui m'attribuent avec malveillance d'arrogantes prétentions que je n'ai jamais eues prouvent seulement qu'ils ne me connaissent point. J'ai plus de défiance de moi-même que ne le font supposer des apparences trompeuses. Je sais ce que j'ai et je sais ce qui me manque; j'ai l'idée, il me manque l'art