ACTE PREMIER
iCÉGILE.
C'est de ne donner à cette jalousie aucun prétexte.
VALENTINE
C'est bien facile à dire.
CÉCILE
Si c'était facile à faire, où serait le mérite?
VALENTINE
Sonne, je t'en prie, pour qu'on me donne un verre d'eau...
Je meurs de soif... (Cédle sonne. )
CÉCILE, au domestique qui entre , puis sort aussitôt.
Apportez un verre d'eau à ma sœur...
VALENTINE
Quelle absurde institution que le mariage !
CÉCILE
Est-ce à nous, Valentine, de nous en plaindre? Élevées comme nous Pavons été par la meilleure et la plus tendre des mères, qui n'a jamais eu qu'une pensée : nous faire faire de brillants mariages, et qui y est parvenue... (Le raiet
apporte à Valentine, sur un plateau, un verre d'eau.) Si UOUS UC UOUS
étions pas mariées, qù'eussions-nous fait, que fussions-nous devenues?
LES DEUX SŒUBS.
VALENTINE
Je sais ce que tu vas me répondre : tu vas me répéter que nous eussions été dédaigneusement reléguées, parmi les vieilles folles sans fortune dont le monde tourne en ridicule les prétentions , ou les vieilles prudes sans famille comme nous en connaissons , — bigotes par désœuvrement, enviant tout et ne pardonnant rien, n'ayant d'affection que pour leurs oiseaux, leur chat ou leur chien.. .
CÉCILE
Oui, voilà quel eût été notre sorti Mon mari, c'est vrai, n'est plus jeune, quoiqu'il se conduise en jeune homme; mais ses intérêts sont les miens... Quand il souffre, je souffre de le voir souffrir; quand 11 .s'emporte, je songe à le calmer, et d'ailleurs, n'est-il pas le père de ma fille?
VALENTINE
Ta fille! Encore une douleur à ajouter à ta vie... Une pauvre enfant contrefaite et toujours malade, près du lit de laquelle il te faut veiller toutes les nuits ! Ah ! sans toi , elle serait morte, mais son existence te coûtera la santé.
CÉCILE
Je suis forte.
VALENTINE
Tu le dis ppur faire croire que tu Tes et dimiouer ton mérjte.., Je t'admire..^ Tu as unp vertu que je n'ai pas,