‹ Les deux sourdsChapitre 4 sur 40 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Eglantine. Et mon père qui semble avoir pris la résolution de ne pas me marier! Comprend-on^ qu'il se soit déjà présenté pour moi cinq ou six partis très avantageux, qui me convenaient, et qu'il les a tous refusés 1

Boniface. Oui, il dit toujours: tÇa n'est pas le 5 gendre que j'ai rêvé. . . » c'est son mot! . . . que diable^ peut-il avoir rêvé pour gendre ?

Eglantine. Ah! je n'en sais rien!... Aussi' personne ne se risque plus à demander ma main: on sait qu'on serait refusé; ainsi, ce jeune homme avec qui j'ai 10 dansé toute la nuit, il y a un mois, au bal de madame Fauvel. . .

Boniface. Ah! oui. .. vous m'en avez parlé joliment* des fois, de ce jeune homme-là, sans reproches! ... et je crois que s'il vous demandait en mariage. . . 15

Eglantine, se levant^ passant à gauche. Je suis bien sûre que c'était sa pensée, à* la façon dont il me regardait, aux petits soins qu'il avait pour moi. . . mais il aura su^ la réponse qui l'attendait, on l'aura renseigné! {Tripignant) Oh ! que je m'ennuie, Boniface, que je m'ennuie ! 20

Boniface, à part Je crois qu'il n'est que temps.' {Haut) Ah! voilà monsieur. Qu'est-ce que j'ai fait de sa lettre ? . . . Ah ! la voilà ! {Il la prend sur la console de droite où il Va déposée,) — Damoiseau entre par la deuxième porte de gauche, ) 25

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