SCENE II
BOCQt.ET, seul , sortant du cabaret.
Qu’un homme est béte, quand il est dépaysé... et je (lis que je suis dépaysé... moi, qui suis de Danbray, me voilà en campagne, près d’Alger, dans un camp d’observation -, je n'ai encore observé qu'une chose, c’est que je bisque... je bisque... avaler un tas de couleuvres pareilles, et ne pas oser répondre..
BOCQUET
tantôt c’est les hommes... tantôt c’est les femmes qui me fait aller.. . Hier, je dis à cette jolie vivandière : Mamselle, je voudrais bien vous tourner quelque chose.. . Kh bien ! qu’elle me répond, tournez moi les talons... Tout-à- T heure encore, Fanchette, la cabaretière, à qui j offrais mon cœur, mon nom et ma main, et qui me dit :
Air:
Un joli garçon F’rail bien mon affaire ,
Hais r’gardez vous donc Avant d'vouloir plaire,
Avec ce schako La drôl’ de figure.
Vous avez l’allure D'un marchand d’coco.
La tournure de feu Joko,
Ou bien du général Jako,
L'air galant d'un Suisse El tout’ la malice D’un soldat d’pain d'épice ,
Aussi c’est fini.
Prenez votre parti.
Vous n’serez pas mon ami,
C’est fini - Fini !
(zfvec col'ere.) Marchand d’coco... soldat... d’pain d’épices (se reprenant.). Après tout, elfe a raison, car je suis tout ça... et l’on prétend que l’état militaire dégourdit la jeunesse... je t’en fiche... je le hais, l'état militaire...