‹ Les dévoilées du Caucase; notes de voyage. [par la] Duchesse de RohanChapitre 21 sur 30 · AU MONASTÈRE DE GHELATI · texte numérisé non relu

AU MONASTÈRE DE GHELATI

Sur la terre il y a un endroit de beauté indescriptible.

Chacun y découvre TÉden,

Que tout homme recherche depuis la chute d'Adam

Avec peine tu te détourneras de lui,

Ton œil embrassera sa splendeur,

El languissamment tu soupireras

Quand ce superbe tableau disparaîtra de ta vue.

Le vent de la montagne lui apporte en été

Douce fraîcheuc et zéphirs emMumés.

L'hiver même gentiment lui accorde gai soleil et bonne brise.

Plus que nulle part, ici l'étoile brille. Elle aime Féclosion de son printemps, L'éternelle gaieté de son ciel, Et sa joyeuse nuit parfumée.

Fièrement entouré de mousse immortelle, Encadré du plus beau ciel bleu ; Armé contre toute tempête, Ainsi qu'en une construction géante.

Solennellement il a l'air de dire aux montagnes qui l'entourent :

« — Regardez-moi ; seul depuis de longs jours, « Je demeure intact en ces lieux. »

Ce qu'il est, il faut le demander à lui-même.

Chaque pierre vous répondra,

Les pierres de mille années ont plus de paroles que les poètes.

Elles disent quelles mains puissantes les ont érigées.

Depuis mille ans, diront-elles, nos murailles ont été touchées par la fureur des tempêtes ;

Le tonnerre et la grêle ont avec fureur fouetté chacune de nous ;

Regardez comme je suis solide dans ma force et ma grandeur.

Ce que je suis, je puis l'être longtemps encore.

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