SUR LA MORT DE HÉRACLIUS II
Relève-toi, héros des héros I
A présent il n'est plus temps de dormir I
Écoute les cris de l'ennemi
Lève-toi, nous sommes prêts,
Mets-toi à notre tète
Et emmène-nous à la bataille
Pour que l'ennemi ne te trouve pas
Sous l'empire de la mort !
Fais éclater ton appel 1
Nous l'entendrons ici.
Depuis longtemps nous sommes assemblés
Pour aller au combat contre l'ennemi
Développe l'étendard victorieux
Qui a toujours fait peur à l'ennemi;
En flottant il réveillera le vieux courage
Et comme le nuage de la tempête
De la montagne fond sur la vallée,
Il arrivera un corps d'armée
D'hommes innombrables.
Déjà le soleil du matin qui brille
A rempli le monde de sa lumière;
Mais nous, orphelins délaissés,
La nuit nous entoure.
Oui, écoute ! jamais nous ne retournerons au foyer natal
Sans te voir armé
De bouclier et d'armes.
Pas seulement nous
Qui pleurons notre héros mort,
Mais aussi les vallées de verdure
Et les monts éloignés.
Frères, cassez vos lances.
Jetez vos boucliers.
Que nous servent les armes
A présent sans lui?
Que nous sert encore la cotte de mailles
Qui entoure notre poitrine?
Sans lui, tout armement
N'est que poids inutile.
A présent à quoi servent les lances
Les boucliers et les arm.es?
Que la rouille les dévore !
Sans lui ils n'ont plus de valeur!
Eloignons-nous, poussons des plaintes Avec des gémissements profonds
Mouillés de larmes,
Aux rochers qui nous entourent.
Nous sommes tous des orphelins
Enfant, jeune homme et vieillard,
Jamais de nos yeux
Les larmes ne sécheront.
Jamais, de cet homme de fer,
Le souvenir ne passera H
Tant qu'un cœur géorgien jff
Sur cette terre vivra. î
SALOMON LÉONIDRE.