‹ Les dévoilées du Caucase; notes de voyage. [par la] Duchesse de RohanChapitre 8 sur 30 · SUR LA MORT DE HÉRACLIUS II · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE HÉRACLIUS II

Relève-toi, héros des héros I

A présent il n'est plus temps de dormir I

Écoute les cris de l'ennemi

Lève-toi, nous sommes prêts,

Mets-toi à notre tète

Et emmène-nous à la bataille

Pour que l'ennemi ne te trouve pas

Sous l'empire de la mort !

Fais éclater ton appel 1

Nous l'entendrons ici.

Depuis longtemps nous sommes assemblés

Pour aller au combat contre l'ennemi

Développe l'étendard victorieux

Qui a toujours fait peur à l'ennemi;

En flottant il réveillera le vieux courage

Et comme le nuage de la tempête

De la montagne fond sur la vallée,

Il arrivera un corps d'armée

D'hommes innombrables.

Déjà le soleil du matin qui brille

A rempli le monde de sa lumière;

Mais nous, orphelins délaissés,

La nuit nous entoure.

Oui, écoute ! jamais nous ne retournerons au foyer natal

Sans te voir armé

De bouclier et d'armes.

Pas seulement nous

Qui pleurons notre héros mort,

Mais aussi les vallées de verdure

Et les monts éloignés.

Frères, cassez vos lances.

Jetez vos boucliers.

Que nous servent les armes

A présent sans lui?

Que nous sert encore la cotte de mailles

Qui entoure notre poitrine?

Sans lui, tout armement

N'est que poids inutile.

A présent à quoi servent les lances

Les boucliers et les arm.es?

Que la rouille les dévore !

Sans lui ils n'ont plus de valeur!

Eloignons-nous, poussons des plaintes Avec des gémissements profonds

Mouillés de larmes,

Aux rochers qui nous entourent.

Nous sommes tous des orphelins

Enfant, jeune homme et vieillard,

Jamais de nos yeux

Les larmes ne sécheront.

Jamais, de cet homme de fer,

Le souvenir ne passera H

Tant qu'un cœur géorgien jff

Sur cette terre vivra. î

SALOMON LÉONIDRE.

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