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habitudes ne sont pas caractéristiques , si elles ne suffisent pas pour donner la mesure de la personne qui les a contractées. Une telle façon d'agir ne rappelle- t-elle pas trop ces gens actifs qui méprisent souverainement tous ceux qui ne se lèvent pas à quatre ou cinq heures, mais qui se dédommagent volontiers plus tard de la contrainte du matin? De tels arrangements, en réalité fort insignifiants, nous causent trop facilement une admiration excessive de notre activité personnelle. Si nous y regardions d'un peu près, nous trouverions peutêtre que notre manière d'agir n'est guère supérieure à celle du vulgaire, et que notre vie n'est pas plus héroïque que celle de bien des gens pour lesquels nous n'avons qu'une assez médiocre admiration. Mais telle est la tendance de notre nature, que, pendant que nous sommes habiles à réduire les autres à leur juste valeur, nous déployons la même imagination pour nous grandh* à nos propices yeux. Les ruses les moins adroites nous font
illusion y les prëtexles les plus frivoles nous paraissent d'excellentes raisons, et nous sommes disposés à accuser d'injustice ou d'esprit dénigrant tous ceux qui ne veulent pas se résigner à partager l'opinion que nous avons de notre propre excellence. Ne serait-il pas plus équitable de porter cette indulgence dans l'appréciation que nous faisons des actions des autres, et de garder pour nous-méme un peu de cette pénétration qui ne nous fait jamais défaut quand il s'agit des travers du pro* chain? C'est c^n vain que l'Évangile nous reproche, avec une ingénieuse ironie, cette tendance de notre nature , trop facilement caressée ; BOUS y retombons sans ce.nse, et, tout en admirant l'humble prière du publicain, nous sommes toujours, sous notre manteau de chris» lianisnie, plus ou moins pharisiens.
Si l'on se rendait bien compte du prix du temps, on n'aurait pas recours à tous les vains prétextes dont je viens de parler, pour éviter de l'employer d'une manière utile et conforme