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CHAPITRE 11 HÉMATOLOGIE

Comment faire une numération globulaire 7

Deux temps sont nécessaires : la numération dés hématies et la numération des leucocytes.

Ce qu'il faut :

I® Un microscope monté avec un objectif 4 ou 6 (rejeter l'emploi du 8 dont la distance focale est trop, courte) ;

2** Un hématimètre Malassez avec son mélangeur Potaîn et sa cellule à rigole ^ ;

3^ Une solution :

Chlorure do sodium. ... gr. 60.

Oxalate de potassium. ... gr. 10.

Eau distillée 100 grammes.

Ou simplement eau chlorurée à 8,5 p. 100.

Bleu de toluidine à 1 p. 1.000. Q. s. pour colorer en bleu.

I* Après un lavage au tampon d'éther, piquer à la lancette flambée la pulpe du doigt. Presser pour faire sourdre une goutte de sang, l'essuyer et ne recueillir que la deuxième goutte ;

1. Nous étudions actuellement un nouvel hématimètre simple et pratique qui est destiné h rendre de grands services.

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2** Prendre la pipette mélangeur de rhématimètre, graduée à loi, adapter le tube de caoutchouc à la pipette * dont l'extrémité libre est fixée entre les lèvres.

Plonger l'extrémité de la pipette dans la gouttelette de sang, qui sourd du doigt.

, Aspirer du sang jusqu'à la division o,5, essuyer Textrémîté de la pipette. Si le sang dépasse o,5, tt faut le chasser, plus en aspirant par capillarité à Taîde d'un linge fin posé à l'extrémité de la pipette, qu'en soufflant dans la pipette. En cas de^ bulle d'air, repousser le sang sur un linge fin et recommencer.

Dès que la pipette est remplie jusqu'à o,5 de sang/ la plonger rapidement dans le sérum coloré, que Ton aspire lentement en agitant et en tournant la pipette pour faciliter le mélange. Aspirer très lentement, en maintenant la pipette verticale pour éviter les bulles d'air, et ne pas dépasser le niveau loi. Le mélange ainsi réalisé est au 1/200 ;

3® Rouler la pipette horizontalement entre les mains pour faire le mélange. Pour le transport, on bouchera aux deux bouts la pipette avec un bouchon de liège et le tout sera porté dans des tubes à essai bouchés avec des tampons d'ouate, ou bien le mélange sera rejeté dans un petit tube à essai que l'on peut plus facilement fermer ;

. 4® Faire tomber, après nouvelle agitation de la pipette, une ou trois gouttes par terre et la quatrième est déposée au centre de la cellule à rigole, au préalable essuyée et bien sèche. Immédiatement, recouvrir la cellule de la lamelle rodée qui l'accompagne et pour faciliter le contact, on passera un linge fin sur les bords de la lamfelle pour aspirer le trop-plein de liquide. La lamelle s'appuiera sur les trois vis saillantes, on la fixera ensuite en abaissant le compresseur porte-lamelles. Laisser la cellule 5 minutes horizontale. La porter sous le microscope (sans éclai-

1. La pipette doit toujours être propre et bien sèche. Immédiatemeiit après chaque usage, on la lavera en aspirant de l'eau, pnis de Talcool et de TAther. Fn cas d'oblitération, on aspire de l'acide ac«^tigne, puis de l'acide chlorhydrique, ou bien on passe dans la lumière de la pipette un fil de platine très fin,

rage Abbe, avec un objectif 4 ou 6). Mettre lentement au point en reletmnt et en faisant bien attention de ne pas enfoncer la lamelle de l'hématimètre. Lorsqu'on voit les globules rouges, chercher le quadrillé.

Fig. 46. — Hématimèlre de Malassez.

La chambre est divisée en petits rectangles. Les uns sont divisés en carrés, d'autres en bandes, d'autres enfin sont clairs sans division. Les rectangles divisés en petits carrés comprennent

Fig. 47. — Chambre humide de Malassez. (Grandeur naturelle).

?o carrés, car il existe cinq rangées dans un sens et quatre dans l'autre, 5 x 4 = 20.

HÉMATOLOGIE

Chaque rectangle de 20 carrés â i/4 de millimètre de long sur 1/5 de hauteur, il a donc 1/20 de millimètre carré. La saillie des vis est de i/5 de millimètre, chaque champ correspond à un volume d'un centimètre de millimètre cube.

Ce qu'il faut faire :

1° Compter les globules rouges de 4 rectangles de ao -carrés, plus la moitié des globules rouges situés sur les traits de limite externe. La moyenne de ces à rectangles nous donne la contenance 'par i/ioo de millimètre cube d'une solution au 1/20Q. Rien n'est plus simple de faire le calcul, soit x le nombre de globules rouges d'un rectangle pour une solution au 1/200 :

J5X-2 X loox 100 = 05X2X10.000 = uombre d'hématies par millimètre cube ;

si la solution de sang est au i/ioo :

X X 100 X 100 = XX 10.000 = nombre d'hématies par millimètre rube ;

2® Compter les leucocytes, compris dans 10 rectangles ou mieux dans les 100 rectangles de la piatine à rigole. Les leucocytes se voient facilement, ils sont colorés en bleu par la toluidîne, et paraissent plus réfringents et plus granuleux que les

\ • • .".'ri

Fig. 48. — Aspect du quadrillé de rhématimètre Malassez. Les hématies sont réparties dans tous les rectangles où doit se faire la numération. Dans ce champ de microscope, on n'aperçoit qu'un globule blanc, facile à reconnaître par son aspect brillant et son volume. Il n'y a dans le champ du microscope qu'un grand rectangle décomposé en 20 petits.

globules rouges. Un peu d'habitude suffit pour les faire reconnaître.

Le nombre de leucocytes étant fixé pour loo rectangles, rîeîi n'est plus simple de faire le calcul, soit y le nombre des leucocytes de loo rectangles pour une solution au 1/200 :

yx2xioo = yx 200 = nombre de leucocytes par millimètre cube;

si la solution de sang est au 1/ 100 :

yx 100 = nombre de leucocytes par millimètre cube;.

3** Après la numération, lever le compresseur, essuyer la lamelle et la chambre. Rincer la pipette à l'eau et à Téther. La faire sécher à l'étuve.

Ce qu'il faut dire :

De 4.000.000 à 4.5oo.ooo hématies par millimètre cube = état normal.

De 6.000 à i.o.opo leucocytes par millimètre cube = état normal. Au-dessous de 4.090.000 d'hématies ^ anémie.

Au-dessus de 4.5oo.ooo hématies = hyperglobulio. Au-dessous de 4.000 leucocytes = leucopénie.

Au-dessus de 10.000 leucocytes = leucocytose.

Comment faire un pourcentage leuoooytaire 7

Cette technique complète celle des numérations globulaires.

Ce qu'il faut :

I® Des lames et une lame ou lamelle rodée, le tout bien propre et bien sec ; 2® Un colorant :

Pour la pratique courante :

Bleu de toluidiiie à 1 p. 100 dans Teau distillée. Pour la recherche :

Une solution de bi-éôsinate de Tribondeau ou de panchrome de Laveran (Cogit) ;

HÉMATOLOGIE

3** Comme fixateur :

Alcoolabsolu ^ ââ 50 fframmes

Ether sulfurique-. ..... ^ aa 50 grammes.

Ce qu'il faut faire :

I® Etaler le sang. Sur une petite goutte qui sort de la piqûre» on applique à une extrémité la face inférieure d'une lame ; la goutte s'y dépose sans qu'il soit nécessaire de toucher le doigt. Cette goutte doit être aussi petite que possible. Retourner la lame

Fig. 49. — Aspect de 4 lames de âang, de gauche à droite : 1. Bonne lame, peu de sang, étalement rapide, dessiccation en agitant. '2. Bonne lame, étalement avec mouvement de scie, dessiccation en agitant.

3. Mauiraise lame, trop de sang, mal étalé, dessiccation lente.

4. Mauvaise lame, ti'opde sang, lame mal dégraissée, il s'est « fait des yeux ».

de façon que la gouttelette soit sur sa face supérieure et maintenir cette lame entre le pouce et l'index de la main gauche, qui s'appuient à ses deux extrémités.* De la main droite maintenant la lame rodée (ou une carte de visite), on étale transversalement la goutte de sang avec le bord de la lame rodée (on peut remplacer la lame rodée par un tranchant de ciseaux ou une carte de visite en ayant soin d'étendre la gouttelette par un glissement transversal de la carte de visite ou des ciseaux), et l'on balaie la lame en tirant la lame rodée, dans le sens longitudinal, vers l'autre extrémité de la lame à étaler. Il ne faut pas revenir sur l'étalement ainsi effectué.

Par agitation rapide, on en provoque une dessiccation instantanée. L'étalement doit être mince, uniforme et sécher rapidement pour être bien fait ; quelques exercices sont nécessaires pour obtenir de bons étalements. Faire au moins dix lames pour un examen. Quand les lames sont sèches, les mettre dans du papier ; elles peuvent se conserver ainsi aussi longtemps qu'on le désire ; a* Colorer.

A. Bleu de toluidine (pratique courante).

a) Au préalable, fixer en versant sur la lame de s^ng quelques gouttes d'alcool éther dont on attend Tévaporation.

b) Verser quelques gouttes de la solution de bleu de toluidîhe, laisser 5 minutes. Verser le colorant.

c) Laver à l'eau, quelques secondes. Sécher par agitation.

B. Bi'éosinate de Tribondehu ou panchrome Laveran ou colorant de Leishman (produits R A L. Gogit).

a) Ne pas fixer. Mais déposer le colorant sur la préparation, la laisser 3 minutes en évitant la dessiccation de la lamç «par l'addition de nouvelles gouttes de colorant ou par couverture d'une plaque de Pétri.

h) Sans verser le colorant, recouvrir la lame de quelques gouttes d'eau distillée de lo à 20 fois le volume de colorant, dont on facilite le mélange en secouant un peu la préparation, 12 minutes environ.

c) Verser, lavage rapide à l'eau neutre ^ et sécher rapidement en agitant. 'La préparation doit avoir une coloration rose pâle

1. Il faut en hématologie de l'eau neutre, on doit la préparer ainsi : ajouter à l'eau distillée commerciale une ou deux gouttes par litre d'une solution de rouge neutre & 1 p. 100; la coloration obtenue est ordinairement rose (une coloration jaune indique une eau alcaline). Ajouter peu à peu une solution diluée (1 p. 100) de carbonate de soude jusqu'à virage au jaune orangé. Si après quelques minutes la coloration redevient rose, faire une nouvelle addition de carbonate de soude et ainsi de suite jusqu'à teinte orangé persistante.

On peut ainsi se servir d'une eau distillée quelconque.

Les eaux de source sont en général trop alcalines pour être employées directement; elles donnent toutefois des résultats préférables aux e.aux acides; on peut d'ailleurs les ramener à l'alcalinité optima par addition d'acide dilué (acide acétique au 1/1000) en présence du môme indicateur.

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