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HISTOLOGIE

II est nécessaire de suivre l'évolution de la formule cytologique, car un épanchément à polynucléaires au début peut rapidement devenir lymphocy taire et ainsi dévoiler sa nature tuberculeuse.

Numération des éléments cellulaires dans le liquide céphalo-rachidien

Ce qu'il faut :

I** Du liquide céphalo-rachidien frais et non centrifugé ;

2* Du bleu polychrome ou du cristal -violet ;

3** Une cellule de ISageotte. La cellule de Nageotte se compose d'une cellule de verre d'une profondeur de i millimètre. Sur son fond est gravé un quadrillage qui mesute lo millimètres de côté, divisé on bandes de t/4 de millimètre de large. Au niveau du quadrillage, la contenance de la cellule est de loo millimètres ^ cubes.

On peut en Tabsence de cellule de Nageotte utiliser la côllule de rhématimètre Malassez dont les loo rectangles correspondent à I millimètre cube.

Fig. 53. — Cellule de Nageotte.

Ce qu'il faut faire : .

1* Agiter le liquide recueilli de façon à empêcher le dépôt des éléments cellulaires. On ajoute une petite goutte de bleu polychrome de façon à faiblement teinter le liquide ;

2** Verser le liquide ainsi teinté dans la cellule 3e Nageotte, qui doit être remplie et recouvrir d'une lamelle ;

y Attendre lo minutes pour laisser déposer les éléments ; 4^ Examiner avec un objectif faible et un oculaire fort. Faire la mise au point en remontant, savoir que l'on peut facilement briser la lamelle qui recouvre la cellule avec l'objectif.

Ce qu'U faut voir:

Les leucocytes sont colorés en bleu, contrairement aux globules rouges qui sont à peine colorés. On comptera 6 divisions au centre du quadrillage et 6 à chaque extrémité, ce qui fait i8 divisions sur les 4o que porte Tappareil. Or, les 4o divisions correspondent à loo millimètres cubes, les i8 équivaudront à 45 millimètres cubes.

Dénommons par x le chiffre de leucocytes numérés dans i8

divisions. ~ = la quantité de leucocytes par millimètre cube.

Ce qu'il faut dire :

Normalement, le liquide contient i/5 à i,5 de lymphocytes par millimètre cube.

Si le chiffre de leucocytes dépasse 3 par millimètre cube on peut dire qu'il existe une réaction méningée.

Cette méthode permet de suivre par la cytologie quantitative révolution des méningites aiguës ou chroniques.

Cyto-diagnostic gastrique

Ce qu'il faut :

I® De quoi faire un lavage d'estomac ;

2® Du sérum chloruré sodique ;

3® Un centrifugeur à main avec des tubes à centrifuger ;

4° Du bleur de méthylène ou du bleu polychrome ; -

5° Un microscope avec immersion et des lames.

Ce qu'il faut faire :

I* Retirer le liquide à jeun et faire un lavage d'estomac à l'eau jusqu'à ce que le liquide revienne clair ;

CYTOLOGIE. - HISTOLOGIE 483

2* Alors introduire dans la sonde un demi-litre de la solution chlorurée sodique ;

3^ Pendant quelques minutes, faire une malaxation légère de la région épigastrique avant de retirer le liquide contenu dans Testomac ;

4** Retirer le liquide, le laisser déposer une heure, puis décanter et centrifuger 10 minutes les portions les plus inférieures;

6* Recueillir ensuite, comme pour la cytologie, le culot de dépôt, l'étaler sur lame, le fixer et le colorer au bleu, sécher et examiner à Fimmersion.

Ce qu'il faut voir et dire :

A Vétat norrnali on ne trouve que quelques cellules épithéliales.

Il en est de même pour les dyspepsies anorganiques.

Lorsqu'on voit des cellules altérées et des leucocytes polynucléaires en grande abondance, on peut penser à une gastrite ou à un ulcère.

Dans le cancer, on constaterait souvent les mêmes cellules avec, en plus, des cellules volumineuses, trapues, bien colorahles, donnant la réaction glycogénique, et des globules rouges.

Le zymo-diagnostio de Noél Fiessinger et Pierre-Louis Marie

Le zymodiagnostic est une méthode de diagnostic qui consiste à dépister la nature des éléments leucocytaires d'un épanchement ou d un pus quand le diagnostic cytologique est impossible par suite d une leucolyse intense des éléments épanchés. Il se base sur ce fait que les polynucléaires et les myélocytes possèdent, contrairement aux éléments de la série lymphoïde, la propriété de digérer Talbumine coagulée.

Des tubes ou bien des plaques de Pétri, contenant soit de Talbumine coagulée en couche inclinée, soit du sérum de bœuf coagulé pour la culture du bacille de Lœfler ;

Des bouchons de caoutchouc ; Une étuve à 4o® ou à 5o®.

Ce qu'U faut faire :

Centrifuger le pus ou lexsudat à examiner ;

Recueillir h la pipette fine le culot de centrifugation ;

Déposer ce culot en gouttelettes isolées sur le milieu albumineux ;

Fermer le tube au coton, puis au bouchon de caoutchouc ;

Le déposer horizontalement dans Tétuve de façon à éviter la coulée et la fusion des gouttes ;

Attendre 24 heures ;

Pour éviter le développement des microbes, on peut verser une ou deux gouttes de formol sur le bouchon de coton, ce qui n'empêché pas l'action des ferments.

Ce qu'il faut voir :

Si le zymodiagnostic est positif, Taction du ferment se manifeste par une liquéfaction du milieu. Au niveau de chaque goutte est apparue une cupule arrondie et souvent profonde.

Si le zymodiagnostic est négatif, le milieu a conservé son niveau plat.

Ce qu'U faut dire :

Cette recherche des ferments des leucocytes peut conduire au diagnostic de la nature de ces éléments, une différence capitale séparant polynucléaires et lymphocytes. De là, nous en arrivons k penser que l'étude des ferments leucocytaires peut fournir les mêmes renseignements utiles que le cytodiagnostic des épanchements des séreuses. Nous tenons à insister sur un point : V étude des zymases leucocytaires ne peut en aucune façon remplacer le cytodiagnostic. La physiologie biochimique cède le pas à la morphologie ; mais, dans les cas où cette morphologie tst en défaut, par suite de la désagrégation leucocytaire, le diagnostic par les zymases peut résoudre un problème clinique autrement insoluble.

CYTOLOGIE, - HISTOtOGJE 135

Il résulte de nos études comparatives que, au cours des pleur résies séro-fibrineuses chez des tuberculeux pulmonaires, au cours des pleurésies tuberculeuses primitives, des hydrolhorûx) des ascites cirrhotiques, des méningites syphilitiques, le pouvoir protéoly tique est négatif.

' Au contraire, dans les pleurésies aigiiës non tubèrcvthuses, dans les pleurésies suppurées aiguës, dans les méningites aiguës cérébro-spinales épidémiques ou à pneumocoques, le pouvoir protéoly tique est marqué. '

En somme, le pouvoir protéoly tique appartient exclusivement aux exsudais à polynucléaires et fait défaut dans les exsudais à lymphocytes.

Ainsi Tétude des ferments ne serait d'aucune utilité, si le cytodiagnostic pouvait renseigner d'une manière constante. Mais ce cytodiagnostic peut se trouver en défaut par suite des altérations leucocytaires (désagrégation, pycnose) qui gênent l'observation.

Alors le zymodiagnostic constitue un adjuvant très utile du cytodiagnostic J 11 peut le remplacer en cas de profonde cytolyse des éléments figurés.

Lorsque le pus possède un pouvoir protéoly tique très accusé, on doit l'attribuer à la présence des polynucléaires, et par contre, si le pouvoir protéoly tique fait défaut, à l'absence de ces mêmes polynucléaires dans le pus. On voit de là la* conséquence pratique considérable que prend cette réaction. Le pus tuberculeux contient très rarement des polynucléaires ; il se distingue par là des autres pus aigus ou subaigus relevant d'une autre cause microbienne. 11 ne possède donc pas de ferment protéoly tique ; par contre, dans les abcès froids secondairement infectés ou traités par des injections modificatrices, l'épreuve de la digestion de l'albumine est toujours positive.

On peut conclure que toutes les supputations^ quel que soit leur siège, dues à des germes infectieux autres que le bacille de Koch possèdent un pouvoir protéolytique facile à mettre en évidence.

Fax contre, toute suppuration tuberculeuse non infectée et non

modifiée ne possède aucun pouvoir protéoly tique. Seulement, comme la moindre infection secondaire vient altérer les résultats, « on ne peut, en matière de suppuration, se baser d'une manière ferme sur les propriétés protéolytîques du contenu d'un abcès pour rejeter l'origine tuberculeuse de cet abcès. En d'autres termes, si une protéolyse négative possède une grosse valeur et permet de dire : abcès dû à un bacille de Koch, une protéolyse positive a une valeur beaucoup moindre et ne permet pas de conclure à l'absence du bacille de Koch »,

S. Roubacheff (de Karkoff) confirme nos constatations au sujet du zymodîagnostic.

Technique de Besançon et de Jong pour l'examen histo-ohimique des oraohats

Bezançon et De Jong ont récemment préconisé une technîqjue histo-chimique des plus simples pour l'analyse des crachats^.

Ce qu'il faut :

I* Un ou plusieurs crachats récents. On recueille les crachats de préférence dans une boîte de Pétri stérilisée, ou, à son défaut, dans lin pot à pommade bien propre, bouilli et bien sec ;

2® De l'acide chromique à i p. loo dans un flacon Borrel ;

3® Du bleu polychrome et de l'alcool à go® ;

4** Des lames, lamelles et microscope aveo objectif à immersion et éclairage artiûciel ;

5® Un fil de platine.

Ce qu'il faut faire :

Prélever une petite parcelle de crachat avec le fil de platine flambé. On le porte sur une lame bien propre et on étale, avec le fil de platine, en couche aussi mince que possible.

1, Nous renvoyons le lecteur pour une étude documentée au remarquable ouvrage de ces auteurs : Traité de Veœamen des crachats, Masson, 1913.

CYTOLOGIE. - HISTOLOGIE 187

Sécher le crachat par agitation de la lame à Tair, comme pour une lame de sang.

Plonger la lame une à deux secondes dans la solution chromique.

Laver à l'eau.

Déposer ensuite sur la lame quelques gouttes de bleu polychrome pendant a à 3 minutes.

Laver à Teaù. Différencier rapidement en versant quelques gouttes d'alcool à go*.

Laver une dernière fois à l'eau et sécher rapidement en agitant à l'air.

Examiner ensuite à l'immersion avec éclairage Abbe et lu* mière artiGcielle.

Ce qu'il faut voir :

I* Napjpe mal limitée, continue, trouée de bulles d'air, de couleur violet-rouge, sans aucune striation = mucus hyalin,

2^ Aspects réticulés en écheveaux de fibrilles, presque parallèles ou entremêlées comme un écheveau embrouillé. Ces fibrilles ont la même couleur violet-rouge par le bleu polychrome et à la lumière artificielle. Ce sont, comme l'ont montré Bezançon et De Jong, non des filaments de fibrine, mais un mucus différencié ;

3® Des gouttes plus ou moins agglutinées et homogènes, se colorant par le bleu polychrome en violet bleu ou lilas clair = exsudais séro-albumineûx ;

4'' Des éléments cellulaires :

Cellules allongées avec un pied et un plateau de cils = cellules bronchiques.

Cellules du volume d'un mononucléaire moyen à noyau rond au centre = petites cellules alvéolaires.

Grandes cellules avec des grains noirâtres dans le cytoplasme = macrophages pigmentaires.

Grandes cellules* avec des grains verdâtres dans le cytoplasme = cellules cardiaques.

Globules anucléés et coloré» en vert = hématies.

Polynucléaires à protoplasma bleu pâle == polynucléaires neutrophiles.

Polynucléaires ou mono- à grosses granulations blanches (que la coloration à Téosîne fait voir fortement colorées en rouge) = polynucléaires éosinophiles.

Ce qu'il faut dire :

Lé mucuÈ hyalin se voit dans les processus aigus infectieux ou dans Texacerbation du processus chronique. Il prédomine dans les crachats pneumoniques, dans Texpciôtoration des congestions pulmonaires et de l'emphysème.

Le mucus fibrillaire, surtout à la période de résolution des bronchites, des pneumonies, des broncho-pneumonies et congestions pulmonaires. D'après Bezançon et De Jong, les crachats de pneumonie ne contiennent pas de fibrine, mais seulement du mucus. L'analyse histo-chimique de rexpectoration ne permet aucune hésitation.

L'exsudat séro-alhumineux s'observe dans les crachats d'oedème pulmonaire, de pneumonie au début, dé congestion pulmonaire aiguë au début, de congestion chronique avec œdème, de bronchite avec œdème chez lès albuminurîques.

Les cellules bronchiques dans les bronchites.

Les cellules alvéolaires dans les congestions pulmonaires, pneumonies, etc.

Macrophages pigmentaires dans les résolutions de foyers pulmonaires.

Cellules cardiaques dans les stases veineuses d'origine cardiaque.

Hématies dans les bronchites aiguës ou les congestions pulmonaires.

Polynucléaires neutrophiles dans toutes \e^ expectorations opaques.

Polynucléaires éosinophiles dans l'asthme.

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Examen histologique extemporané d'une biopsie

L'examen d'une biopsie peut fournir souvent de très précieux renseignements pour le diagnostic de tumeurs douteuses. Le praticien, pour plus de sûreté, divisera sa pièce recueillie en deux parties : l'une qu'il conserve pour en faire lui-même un examen histologique extemporané, l'autre, qu'il, envoie dans un laboratoire pour qu'on fasse l'examen sur des coupes fines après inclusion à la paraffine qui demande souvent plusieurs jours. Notre; technique est très simplifiée, c'est elle que nou« avpns utilisée dans Un laboratoire sans installation coûteuse et sans crédit.

Ce qu'il faut :

I® La pièce recueillie (bourgeon, excision, biopsie ganglionnaire) doit être de petites dimensions, 4 à 5 millimètres de côté . sur 2 d'épaisseur. On la fixera 2 à 3 heures dans une solution de formol :

Formol du commerce à 40 p. 100. 10 grammes.

Ean salée à 7 p. 1000 .... 100 . —

On lave eRSuiie 10 minutes dans l'eau courante ;

2** Un microtome à main (microtome de Ranvier), ou mieux un microtpme automatique à congélation et un rasoir à face plane bien aiguisé ;

3® Un bouchon et deux verres de montre ;

4® Un tube de chlorure d'éthyle ou de méthyle ;

5° Ce qu'il faut pour examiner au microscope : lame, lamelle, microscope, obj. 4-6 ;

6® Ce qu'il faut pour colorer avec un bleu : ou bien bleu de toluidine, ou bien bleu polychrome ;

7® De la glycérine.

Ce qu'il faut faire :

I** Sur le bouchon, creuser sur une place plane deux rainures en croix ; y déposer une goutte d'eau distillée et sur la goutte la! pièce à couper qui sera disposée sur le point d'entrecroisement de la croix. Monter le tout dans le microtome.

2® Diriger sur la pièce à couper un jet de chlorure de méthyle en évitant de Tqnvoyer de trop près pour ne pas déplacer la pièce. En soufflant sur la pièce, on obtient bientôt une congélation complète, la pièce est alors flxée sur le bouchon par la glace de la goutte d'eau. On peut couper ;

3® Les coupes sont faîtes à la main ou au mîcrotome, et le plus mince possible. Elles se fixent d'elles-mêmes sur le rasoir. De temps en temps, quand la pièce se ramollit, on la réfrigère avec un nouveau jet de chlorure d'éthyle ;

4® Les cQupes sont ensuite balayées au doîgt sur le rasoir et déposées dans un des verres de montre rempli d'eau distillée ;

5** On prend sur une aiguille ou un stylet les plus fines de ces préparations et on les porte dans le verre de montre qui contient le bleu de toluidine ou le bleu polychrome dilué, pendant 5 minutes ;

6** Après cette coloration, la préparation est soigneusement lavée dans le verre de montre d'eau distillée, à laquelle on ajoute quelques gouttes d'alcool si la coloration est trop intensive, puis dans l'eau simple ;

7® Déposer la préparation sur une lame recouverte d'une goutte de glycérine pure, on recouvre d'une lamelle et on examine avec ou sans lutage à la paraffine ou à la bougie.

Ce qu'il faut voir et dire :

Le compte rendu- complet de l'examen nous entraînerait trop loin, on consultera sur ce sujet les traités classiques d'histologie et surtout les figures. Il ne s*agit plus alors de technique, mais de connaissances théoriques.

t Technique simplifiée pour l'examen histologique d'une pièce anatomique ou d'une biopsie

I** La fixation et l'inclusion a la paraffine.

Pour pratiquer l'examen histologique d'une pièce ou d'une biopsie, il faut en pratiquer des coupes très fines et pour cela, il est nécessaire de faire une inclusion dans la paraffine.

CYTOLOGIE* - HISTOLOGIE 191

Ce qu'il faut :

I* Une pièce anatomique ou une biopsie. On utilisera surtout le» pièces fraîches et non cadavérisées ; on enlève soigneusement une mince tranche, épaisse de i à a millimètres au plus, large de a à 3 centimètres sur autant de long.

Pour obtenir cette tranche, îl faut se servir d'un rasoir fraîchement aiguisé pour éviter toutes déchirures des tissus ;

2^ Un fixateur ; nous recommandons plus spécialement la fixation dans le liquide suivant :

Formol du commerce & 40 p. 100. . 20 grammes. Sérum chloruré sotlique à 6 p. 1000. 100 —

3* De l'alcool dénaturé à go"* ;

4" De l'alcool absolu chimiquement pur ;

5* Du xylol ;

6« De la paraffine à 54* ;

7® Une étuve à paraffine réglée à 56* ; faute d'étuve on peut utiliser la platine chauffante sur veilleuse en surveillant la capsule de façon à maintenir toujours une partie de paraffine en fusion ;

8® Un moule à couler la paraffine, en plomb et une plaque de verre épais.

I^'atcool et le xylol sont déposés dans des flacons è col court, bouchés à l'émeri et séchés soigneusement avant le remplissage. En pratique, pour éviter Tencombrement par des flacons inutiles, nous ne recommandons pas l'emploi des solutions d'alcool-xylol, et de xylol-paraffine.

Ce qu'U faut faire :

I* Dans un flacon à large embouchure, on verse environ lo centimètres cubes du fixateur formolé, et on y dépose la pièce sans l'écraser entre les mors de la pince.

Le séjour dans le fixateur ne dépassera pas ai heures. Le formol risque d'abîmer les pièces qui y séjournent plus longtemps ;

a® Après a4 heures de fixation, on verse le formol et on lave la pièce à l'eau courante. Pour ce faire, recouvrir le flacon d'une

couche de gaze que Ton tend et que Ton fixe, en passant et en liant un fil autour du col du flacon et déposer sous un robinet qui laisse couler un filet d'eau. La gaze empêche la pièce de s'écouler avec l'eau de lavage. Continuer le lavage de 5 à lo heures ;

3° La pièce fixée est déposée dans Talcool à 90® dénaturé, où elle peut séjourner auBsi longtemps qu'il est nécessaire avant les autres manipulations.

Si le praticien ne peut pratiquer l'inclusion, c'est à ce temps qu'il arrête sa technique, et la pièce doit arriver au laboratoire dans lalcool à 90* après fixation formol ce et lavage ;

4° Quand on continue l'inclusion, la pièce qui a séjourné au moins 12 heures dans Talcool à 90**, est portée dans le flacon d'alcool absolu.. Comme nous avons supprimé les flacons intermédiaires, il est nécessaire de né pas porter trop l'alcool à 90® dans l'alcool absolu, pour maintenir ce titre le plus longtemps possible. Voici comme je conseille de procéder : à la sortie de l'alcool à 90", porter délicatement la pièce quelques secondes sur un papier buvard, le temps de faire (disparaître l'alcool en trop qui entoure la pièce, et ceci pour chacune des deux grandes faces de la pièce. Essuyer les mors de la pince. Porter la pièce dans l'alcool absolu. Cet alcool absolu peut rester à peu près à ce titre pour une durée d'un à deux mois et pour une trentaine d'inclusions, quand on a soin d'employer notre technique. Séjour dans l'alcool absolu : 2 à 3 heures ;

5° Retirer la pièce, même dépôt sur le buvard et la porter dans le xylol. Si le xylol se trouble, c'est que l'àlGool n'est pas absolu. Alors, verser l'alcool désabsolu dans un récipient, qui servira pour les alcools de lavage, sécher le flacon sur le fourneau, l'essuyer avec soin, remettre de l'alcool absolu, y porter la pièce qui a attendu dans le xylol après l'avoir déposée sur le buvard. Si le xylol ne se trouble pas, y laisser la pièce ï à 2 heures, elle doit devenir noire et transparente si la pénétration du, xylol se fait. bien. En cas d'aspect opaque, remettre dans l'alcool absolu ;

CYTOLOGIE. - HISTOLOGIE 193

6® La pièce, rapidement séchée au buvard, est portée ensuite dans un récipient qui, dans Tétuve à 56**, contient de la paraffine pure fondue. La température de l'étuve est surveillée, elle ne doit pas dépasser 67° pendant les 2 heures d'inclusion ;

7*^ Les deux pièces du moule à paraffine, soigneusement en contact et couchées sur la lame de verre, nous donnent la cavité à mouler. On la remplit d'une paraffine fondue contenue dans l'étuve, ce ne sera jamais la paraffine qui contient la pièce, et immédiatement, avant d'attendre le refroidissement, avec une pince dont les mors ont été chauffés sur un bec de gaz, on saisit la pièce dans l'étuve et on la porte dans la paraffine liquide du moule, on l'oriente ensuite de façon à faciliter les coupes ; 8** Il est nécessaire de refroidir la paraffine pour éviter la cristallisation. On porte le moule dans un endroit frais, dans un récipient qui contient de l'eau, mais en évitant que l'eau ne vienne submerger la paraffine. Il se fait bientôt à la surface de la paraffine un voile blanchâtre. ; il faut alors . refroidir plus vite en portant toute la pièce que l'on submerge dans un verre d'eau sous un robinet qui coule. Après 20 minutes, la paraffine e3t solidifiée, on peut facilement détacher le moule et la J)laque de verre. Le bloc de paraffine peut être conservé indéfiniment et peut être envoyé, où l'on veut faire pratiquer les coupes. Il ne doit pas contenir de bulles d'air, quand la technique est soigneusement surveillée. Toute cette opération nous a demandé à peine quelques heures ainsi disposées.

1*' jour, à 9 heures par exemple : fixation.

2* — — lavage à leau jusqu'à 3 heures.

A 3 heures, alcool à 90^.

3* jour, à 9 heures, alcool absolu.

A II heures, xylol ;

A I heure, paraffine ;

A 4 heures, inclusion.

Chaque opération demande à peine quelques secondes^ et entre 9 heures et 11 heures, et entre i heure et 4 heures, on peut facilement vaquer à ses occupations.

194 DIAGNOSTICS B]OiX>G]QUES EN CLIENTÈLE

a® La coups.

Nous avons vu comment on obtenait une inclusion dans la paraffine. Reste à couper et à colorer.

Ce qu'il faut :

I** Un microtome à bascule ou un mîcrotome Minot ; a® Un rasoir à microtome, bien aiguisé, à grosse lame ; 3® Des aiguilles à dissocier montées ou des bistouris ; 4^ Des lames ;

5® Une solution de gélatine dans l'eau bouillie à i p. 200, obtenue à chaud ;

6® Une solution de bichromate de potasse à 2 p. 100 ; 7* Une platine chauffante.

Ce qu'il faut faire :

I® Monter le bloc de paraffine sur le porte-objet du microtome. Le bloc de paraffine bien équarri est déposé sur le porteobjet chauffé au bec Bunsen, et refroidi sur un courant d'eau froide. Le porte-objet est alors fixé sur le microtome au-dessus du rasoir, de façon qu'une des faces du bloc de paraffine soit bien parallèle au rasoir ;

2* Le microtome est réglé de façon à débiter des coupes au i/ioo de millimètre. Ces coupes sont exécutées' jusqu'à ce que la pièce soit entamée ;

3® Alors, avec une aiguille à dissocier, soulever l'extrémité inférieure du ruban de paraffine formé par le débit du microtôme en l'éloignant de l'appareil à mesure que l'appareil fonctionne. Quand le ruban atteint 10 centimètres de long, le déposer sur une feuille de papier ;

4® Préparer de la gélatine bichromatée : verser dans un godet quelques centimètres cubes de la solution de gélatine et y ajouter deux gouttes de bichromate de potasse ;

5" Etaler avec un pinceau cinq à six gouttes de gélatine bichromatée sur ces lames préparées pour recevoir la coupé ;

6® Avec un scalpel, couper le ruban de paraffine en petits

CYTOLOGIE. . HISTOLOGIE 195

segmenU de 3 à 4 centimètres de long, que l'on porte ensuite avec les aiguilles à dissocier sur les lames recouvertes de gélatine bichromatée ;

7® Porter ces lames sur la platine chauffante, dont la température doit être aux environs de 5o®, et attendre quelques minutes, que le ruban de parafûne chauffé se déplisse de lui-même sur le niveau de la gélatine. Eviter la fusion du ruban de. paraffine ;

8® Quand le ruban est bien déplissé, faire couler par capillarité sur un linge fin porté au coin de la lame la gélatine bichromatée en maintenant en place, si nécessaire, la paraffine avec une aiguille ;

9® Quand la solution gélatineuse est écoulée, déposer les lames à la lumière, la paraffine en bas, en les appuyant à un bout sur un agitateur en verre. Attendre 20 heures. Après ce temps, la préparation est fixée sur la lame et peut être colorée.

3° La coloration et le montage.

Les préparations obtenues après la coupe et le collage sont fixées sur la lame mais se trouvent encore enrobées de paraffine.

Ce qu'il faut :

I® Du xylol dans un flacon compte-gouttes ;

2* De l'alcool absolu ;

3*^ De l'alcool dénaturé ;

4** Une pissette d'eau ordinaire ;

5® De l'hématéine ou de Thématoxyline.

On peut à ce sujet se contenter de l'hématéine en solution préparée dans le commerce, ou bien faire soi-même une solution dliématéine ainsi :

Dissoudre à chaud i gramme d'hématéine dans 5o centimètres cubes d'alcool à 90® ;

Et ajouter cette solution à i.ooo centimètres cubes d'une solution d'alun de potasse à 5 p. 100 dans l'eau distillée.

Filtrer et attendre 8 à 10 jours avant l'emploi ;

6® De l'éosine à l'eau, solution à i p. 100 ;

7' Des lames, des lamelles ; 8^ Du baume du Canada.

Ce ^u'il iaut faire : .

I® Laver la préparation en versant du xylol, qui va dissoudre la paraffine ;

2^ Faire partir le xylol avec quelques gouttes d'alcool absolu, puis d'alcool à 90** ;

3" Laver à leau en attendant l'imbibition parfaite de la préparation. S'il reste de la paraffine, cette imbibition ne se fait pas, on repasse par des alcools et le xylol ;

4" Déposer sur la préparation quelques gouttes dliématéine. Colorer 5 à jo minutes suivant la force du colorant ;

5** Lavage à Teau. Séjour dans de l'eau pendant 10 minutes ;

6® Déposer sur la préparation quelques gouttes de solution éosinée, colorer 3 minutes ;

7® Laver à l'eau. Puis abondamment et rapidement à l'alcool à 90**. Essuyer les bords de la préparation. Dernier lavage à l'alcool absolu. Puis xylol. Le xylol doit éclaircîr toute l'étendue de la préparation, s! elle est bien déshydratée ;

8® Déposer une goutte de baume du Canada sur la préparation, recouvrir d'une lamelle, chasser les bulles d'air par la pression sur la lamelle avec un stylet ;

9® Attendre 24 heures avant un examen à l'immersion. Pour les examens à sec, il n'est pas nécessaire d'attendre la solidification du baume.

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