‹ Les diagnostics biologiques en clientèleChapitre 8 sur 53 · Autre coloration des cils microbiens (Edgar Lancereaux · texte numérisé non relu

Autre coloration des cils microbiens (Edgar Lancereaux

Ce qu'il faut : 1" Gomme mordant :

Chlorure d'antimoine. . . . 1 gramme.

Tanin 5 —

Formol 10 centimètres cubes.

Eau distillée 100 grammes.

2" Du NITRATE d'argent AMMONIACAL :

Nitrate d'argent. ... 1 gramme.

Eau distillée 20 centimètres cubes.

Ajouter goutte à goutte de l'ammoniaque avec une pipette. Il se forme

Comment colorer les spores microbiennes

Les spores microbiennes apparaissent le plus souvent en négatif sur les préparations colorées aux couleurs d'aniline. Il peut être nécessaire de les colorer. La technique est facile et se rapproche de la technique employée pour la coloration du bacille tuberculeux.

Ce (ïu'a faut :

I** Une solution de mordançage ; nous préférons à l'acide chromique classique, le tanin sous la forme :

Tanin 4 grammes.

Eau distillée 100 centimètres cubes»

2® De la fuchsine phéniquée :

Fuchsine 1 gramme.

Acide phénique neigeux ... 5 —

Alcool absolu 10 centimètres cubes.

Kau distillée 100 —

Triturer dans un mortier la fuchsine et Talcool ; ajouter l'acide phénique, broyer ; ajouter petit à petit les 2/3 d'eau ;

un précipité brun qui fonce progressivement. Continuer à verser lentement. Dès que la solution est opalescente, s'arrêter.

3» Comme réducteur :

Hydroquinone . 1 gramme.

Métol 2 —

Sulfite de soude cristallisé . . 23 - —

Carbonate de soude 15 —

Eau 1.200 —

Ce qu'il faut faire :

Btaler la culture comme pour le Tribondeau.

1' Mettre le mordant sur la préparation èi colorer, chauffer fortement au Bunsen, vers 60° j laisser refroidir 10 minutes.

Laver à Teau courante, puis à l'eau distillée.

2* Faire agir le nitrate d'argent ammoniacal. On peut obtenir un noircissement de la préparation immédiatement. On chauffe légèrement sur

56 DIAGfODSTlCS BIOLOGIQUES EN CLIENTÈLE

verser dans un flacon, rincer le mortier avec le dernier tiers. Attendre a4 heures, filtrer, conserver en flacon bouché i rémerî. 3^ Du bleu de méthylène phéniqué :

Bleu de méthylène t grammes*

Acide phéniqué neigeux ... 2 —

Alcool absolu ...... 10 ceittimèfres cubes.

Eau distillée 100 — —

Préparer comme plus haut.

Conserver en flacon bouché :

4^ Du chlorhydrate d'aniline :

Chlorhydrate d'aniline. ... 2 grammes. , ^^

Eau 100 centimètres cubes.

5* De l*alcool à 90^

Ce qu'il faut faire :

I® Faire des frottis que Ton fixe par flambage à l'alcool absolu ;

2^ Les couvrir de la solution aqueuse de tanin et porter sur la flamme jusqu'à dégagement de vapeurs, maintenir ainsi uneminute. Laver à l'eau courante ;

3® Colorer à la fuchsine phéniquée à chaud et maintenir 5 à lo minutes avec dégagement de vapeurs et laver à l'eau ;

4* Passer rapidement quelques secondes le chlorhydrate d'aniline, puis l'alcool que Ton maintient jusqu'à persistance d'une coloration rose ; laver à l'eau ;

6* Colorer au bleu phéniqué i/4 àe minute, lavage à l'eau, sécher, examiner à l'immersion. .

la flamme du Bunsen, jusqu'à ce qu'on obtienne une teinte métallique, laver largement à l'eau ordinaire ou à l'eau distillée.

3" Faire agir le réducteur p« ndant une minute.

Laver à Teau ordinaire, sécher et examiner à Timmersion.

Ce qu'U faut voir :

Les cils apparaissent colorés en brun et souvent très grossis, comme s'ils étaient habiUés par la laque argentique.

Ce qu'il faut voir :

Les spores sont colorées en rouge et les éléments bactériens en bleu.

Comment rechercher des bacilles de Koch dans les crachais 7

Ce qu'il faut :

I* Des crachats frais, recueillis dans un récipient propre et flambé.

n faut que le crachat recueilli soit un crachat de poitrine. On doit les recueillir dans un crachoir ou une boîte de Pétri. Le nettoyage en sera fait après chaque examen avec la solution de Tribondeau :

Savon noir 100 grammes.

Lessive de soude 150 —

Formol à 40 p. 100 du commerce. . 400 centimètres cubes.

Eau ordinaire . 9» p. 10 litres.

Si on doit expédier le crachat, il faut expédier dans un flacon bien bouché dans un étui de bois ou de métal.

a° Un fil de platine monté sur un agitateur. Pour le monter, chauffer dans la flamme bleue du bec Bunsen l'extrémité de

Fig. 23. — Platine chauffante improvisée.

Une lame métallique supportée par une boite métallique de cacao Ou de conserve. . Cette platine supporte deux lames ti-aitées par la méthode de Ziehl et une capsule de porcelaine où fond de la paraffine. Pendant un an de guerre ce fût notre seule étuve à paraffine, noua maintenions une température constante en conservant la paraffine à moitié fondue. Il fallait surveiller chaque heure cette fusion ; à cette coodition. nous avons préparé dos inclusions de pièces qui n'étaient pas brûlées ni altérées.

Tagilateur jusqu'à ramollissement du verre, chauffer de même l'extrémité du fil de platine que l'on enfonce ensuite dans l'extrémité ramollie de l'agitateur, refroidir à l'air en maintenant la rectitude du fil jusqu'à solidification complète du verre ;

3** Un bec Bunsen et des lames ;

4° Du colorant de Ziehl, dont voici la formule :

Fuchsine basique 1 gramme.'

Alcool absolu 10 centimètres cubes.

Eau phéniquée à 5 p. 100 . . . 100 — —

On le prépare en broyant tout d'abord au mortier la fuchsine dans l'alcool. Ajouter ensuite lentement, en remuant, l'eau phéniquée. Conserver la solution dans une bouteille fermée par un entonnoir surmonté d'un filtre de papier-filtre ordinaire. Filtrer toujours avant l'emploi ;

5® Du bleu de méthylène phéniqué ou du bleu de Gabbet :

Acide sulfurique 1 parUe.

Solution de bleu de méthylène à 2 p. 100. 3 —

6** De l'acide nitrique au tiers dans l'eau distillée^ ; 7* Une petite platine chauffante.

Ce qu'U faut faire :

1° Recueillir à l'aide du fil de platine flambé une parcelle purulente de crachats, la déposer au centre d'une lame et l'étaler soigneusement, de façon à réduire la couche déposée à une très mince épaisseur ;

2* Sécher en agitant la lame et fixer en la passant lentement, trois ou quatre fois, dans la flamme bleue du bec Bunsen ;

3® Déposer sur la lame quelques gouttes de Ziehl filtré. La lame, maintenue avec précaution, de façon à éviter l'écoulement» du colorant sur les doigts, sera portée sur la platine chauffante. Cette platine doit être chauffée lentement par une lampe à alcool

1. Pour la technique au chlorhydrate d'aniline voir « Gomment colorer les spores microbiennes », p. 55.

fi

Pus de blennorragie uréthrale. On voit dans quelques polynucléaires des diplocoques en grains de café. Ce sont des gonocoques.

Aspect du pneumocoque c de souris. Le pneumocoqi entre les hématies comme que lancéolé et encapsulé, à droite un polynucléaire.

Aspect des bacilles de Koch dans un crachat tuberculeux. Les b apparaissent en rose sous la forme de minces bâtonnets, entre dei nucléaires, des coccis en groupements divers, des grandes cellul crophagiques plus ou moins dégénérées.

A. Maloine et fils, Edit.

OU une lampe veilleuse. On peut se passer de platine chauffante, mais il faut alors chauffer le Ziehl avec précaution, directement sur la flamme, en maintenant la lame avec une pince spéciale. On chauffe pendant lo minutes, en évitant Téhullition et la dessiccation du colorant et jusqu'à dégagement des» vapeurs ;

4° Verser le Ziehl qui recouvre la lame, laver à Teau ;

5° Laver la lame avec Tacide nitrique au tiers pendant i à a minutes, jusqu'à décoloration incomplète de la préparation ;

6® Laver à Teau ; le frottis prend une nuance violacée pâle sur laquelle les parties empâtées tranchent . en rouge vif. Verser sur ce frottis de Talcool absolu à deux reprises. Nouveau lavage à l'eau ;

7® Colorer à l'aide du bleu phéniqué 2 minutes ou au bleu de Gabbet. Ce dernier peut être employé sans décoloration de la préparation à l'acide nitrique au tiers. Nous l'employons souvent pour doubler la décoloration nitrique faible et cette double décoloration nous donne de bonnes colorations, à la condition de surcolorer au Ziehl ;

8® Laver à l'eau. Sécher en agitant. Déposer une goutte d'huile de cèdre directement sur la lame sans recouvrir d'une lamelle, et examiner à l'objectif à immersion i/ia.

Ce qu'il faut voir : •

Les bacilles de Koch, fins et très ténus, sont colorés en rose ou rouge vif, et leur abondance varie suivant les cas.

Le fond de la préparation est coloré par le bleu, de même les leucocytes, les cellules épithéliales et les nombreux microbes d'infection secondaire. Si l'étalement du produit est imparfait, des blocs plus ou moins épais conservent une coloration rouge ; il faut rechercher le bacille dans les parties minces de la préparation.

Ce qu'il faut dire :

Tuberculose pulmonaire en évolution si les bacilles de Koch sont retrouvés dans l'expectoration. Généralement, mais pas d'une

manière constante, l'évolution est rapide quand les bacilles sont abondants. Si les bacilles font défaut, recommencer un ou deux examens après l'administration pendant 2 jours au malade de I à a grammes d'iodiire de potassium, afin d'activer rémission bacillaire en comparant avec des crachats de tuberculeux avérés, de façon à être certain de la perfection de la technique. Ce n'est qu'après plusieurs examens négatifs que l'on sera en droit de conclure : il n'existe pas de tuberculose ouverte. Il faut savoir cependant que les bacilles manquent souvent "dans l'expectoration des tuberculeux au début et des tuberculeux scléreux. Si l'examen des crachats permet d'affirmer la tuberculose quand il est positif, il est sans signification aucune quand il est négatif.

Homogénéisation des oraohats pour la reoherohe du baoiiie de Kooh

Quand les crachats contiennent peu de bacilles, il peut être nécessaire de les centrifuger après une homogénéisation chimique* La technique la plus employée est actuellement celle de Bezançon et Philibert*.

Ce qu'il faut : •

I® Une éprouvette graduée, une capsule de porcelaine ; 2** Un densimètre ;

3* Un centrifugeur à main Jouan, à turbine ou un centrifugeur électrique ;

4® De la lessive de soude.

1. La technique préconisée par Bierry (1916) est notablement différente :

1' Mesurer 1© volume des crachats, ajouter 2 vol. d'eau distiUée s'il s'agit de crachats muqueux baignés dans la salive, ajouter 5 vol. d*eau distillée s'il s'agit de crachats nummulaires épais ; additionner d'hypoclilorite et de soude, à raison d'une goutte d'eau de Javel et de XX à XL gouttes NOH à 1 p. 100 pour 5 centimètres cubes de crachats.

2' Chauffer doucement le mélange à 35'. Ajouter goutte à goutte la souda jusqu'à homogénéisation. ' '

3* Verser dans un tube 1 vol. de liquejir homogène et 1 vol. d'eau distillée. Mélanger. Ajouter goutte à goutte de l'acide acétique au 1/50*

BACTÉR10U)G1E Oi

Ce qu'il faut faire :

I* Mesurer dans l^éprouvetle graduée la, quantité des crachats :

2° Ajouter cinq fois la même quantité d'eau et verser le tout dans la capsule de porcelaine ;

3** Verser autant de gouttes de lessive de soude qu'il y -a de centimètres cubes de crachats ;

4^ Chauffer doucement pendant lo minutes la capsule sur un bec Bunsen ou une lampe à alcool, en ajoutant peu à peu encore autant d'eau que la première fois, de façon à verser en tout dix fois le volume primitif des crachats. Laisser refroidir un peu.

5** Prendre la densité du mélange ; si elle dépasse ioo4, ajouter quelques gouttes d'alcool à 5o^ de façon à ramener la densité à ggo-ioôo ;

6® A^erser le liquide homogénéisé dans deut: o;u quatre tubes et centrifuger pendant lo minutes ;

7** Décanter ensuite avec précaution et étaler le culot recueilli dans une pipette sur une ou deux lames, sécher, fixer en passant trois fois dans la flamme du bec Bunsen ;

8® Colorer les lames suivant la méthode de Ziehl (voir p. 57) en utilisant de préférence la technique de Bezançon : Ziehl, lo minutes.

Acide nitrique au tiers, a minutes.

Alcool, 5 minutes.

Le fond peut être coloré au bleu.

jusqu'à réaotion faiblement acide au tournesol. Il a produit un précipité. Après chaque addition d'acide on agite doucement.

4* Verser dans des tubes & cenfrifuger. Centrifuger 10 minutes. Etaler le culot.

5« Ajouter au liquide décanté de Tacide acétique h 4/10* jusqu'à formation d'un précipité. Centrifuger à nouveau et préparer les lames avec le second dépôt

"B* Fixer ces lames et colorer au Ziehl* alcool-acide comme plus haut

La technique suivante donne aussi d'excellents résultats : môler 10 centimètres cubes de crachat à 4 centimètres cubes de solution de carbonate de soude à 0,6 p. 100, mettre à l'étuveii 37* pendant 24 heures ; décanter ; ajouter par volume de crachat 4 fois plus de lessive de soude à 0,25 p. 100, chauffer à rébuUition 10 minutes. Centrifuger.

Ce qu'il faut voir : - ' *^ .

Les bacilles de Koch sont colores en rouge et se montrent très nombreux dans des crachats où leur extrême dilution ne permettait pas de les dépister. Par ce fait cette méthode peut rendre d'importants services au praticien, mais elle a l'inconvénient de nécessiter un centrifugeur mécanique.

Examen bactériologique d'une angine pseudo-membraneuse

Pour dépister avec certitude la nature diphtérique d une angine pseudo-membraneuse, il est nécessaire de recourir à la culture et à Fexàmen bactériologique.

Ce qu'il faut :

I® Un fil de platine ou d'acier monté, dont l'extrémité sera aplatie en spatule, ou des petits . écouvillons formés d'un peu de coton cardé à l'extrémité d'un fort fil de fer stérilisé et conservé dans un tube bu dans du papier-fillre ;

2^ Une lampe à alcool ;

3" Des tubes inclinés de sérum de hœuf coagulé. Deux tubes pour un ensemencement^ ;

i° Une étuve à 87° ;

1. On peut se procurer dans certaines pharmacitis des trousses contenant :

a) Un tube stérile, où on peut conserver des parcelles d'exsudat membraneux ; . b) Des tubes de sérum coagulé ;

e) Des tampons montés stérilisés.

M. Marlan conseille la technique simplifiée suivante :

Stériliser un tube à essai en le chauffant sur une lampe à alcool ;

Redresser une épingle à cheveux, la stériliser par flambage ;

Gratter Texsudat avec Textrémîté de cette épingle ;

La mettre dans le tube, boucher celui-ci avec de la ouate stérilisée et envoyer le tout h un laboratoire.

5^ Des lames et du violet phéniqué. La formule suivante est excellente :

Violet de cristal 1 gramme.

Alcool absolu. ........ 10 —

Ajouter ensuite :

Ëau phéniquée à 2 p. 100 100 grammes.

Ce qu'il faut iaire :

i^ Gratter la muqueuse pharyngée au niveau des faysses membranes avec le 01 de platine flambé au préalable ou avec de petits écouvillons stériles ;

2** Faire un frottis de Texsudat pharyngé sur lame, fixer à la chaleur, colorer au violet, laver à Teau, sécher ;

Fig. 24. — Symbiose fuso-spirillaire de l'angine de Vincent. Grands spirilles à spires irrégulières/bacilles fusiformes. Cette symbiose se voit facilement sur les frottis obtenus avec les exsudais de l'ulcération.

3® En évitant tout contact, ensemencer une nouvelle prise en strie (même technique que pour les ensemencements de pus sur gélose inclinée) un tube de sérum coagulé, puis un second sans recharger l'écouvillon ou la spatule. L'ensemencement doit être

DIAGNOSTICS BloiOGlQUES EN CLIENTÈLE

fait en promenant l'écouvillon ou la spatule à plat Bur la surface du sérum à partir du fond' du tube et sans appuyer. Boucher ensuite en flambant Touverture du tube ;

4** Porter les tubes à Tétuve à 87* ;

5® Après t8 à 20 heures de culture, recueillir sur le plan incliné de sérum une ou deux colonies, les porter sur une lame,, oi^ on les dilue dans une gouttelette d'eau distillée. Sécher, fixer en passant trois fois dans la flamme bleue, verser sur la préparation pendant a minutes du violet filtré. Laver à Teau. Sécher. Examiner à l'immersion homogène.

Ce ({u'il faut voir et dire :

I** Examen du frottis.

On recherché sur le frottis la présence des fuso-spirilles :

Bacilles fusiformes.

Spirilles de Vincent.

Cette symbiose fuso-spirîllaire prouve qu'il s'agit d'une angine ulcéro-membraneuse de Vincent.

Fig. 25. — Bacille diphtérique long.

Aspect d'aiguiïles jetées sur une table.

Il est inutile de rechercher sur frottis des bacilles diphtériques. On les trouTerait bien sous la forme de bacilles pïenant le Gram, mais les causes d'erreur sont trop nombreuses pour autoriser

tff

Fig, 26 — Bacille diphtérique moyen.

Fréquence des dispositioTTs en X, Y, V.

Fig. 27. — Bacille diphtérique court.

Fréquence des aspects en navettes, dispositions parallèles ou en palissade.

une opinion. Il faut, pour dépister la diphtérie, avoir recours aux cultures sur sérum coagulé.

2® Sar la culture après i8 heures.

Des points un peu saillant^, d'un blanc gris, plus opaques et plus élevés au centre qu'à la périphérie = bacille diphtérique»

Sur le sérum coagulé, en moins de 20 heures, il n'est pas de bacille qui puisse donner des colonies aussi visibles et aussi nombreuses que le bacille diphtérique. Seuls, certains microcoques peuvent le simuler, mais leurs cultures sont moins grises, moins opaques et moins saillantes.

Le diagnostic est d'ailleurs tranché par l'examen des frottis.

3° Sur le' frottis des colonies.

Bacilles longs en paquets d'épingles jetées au hasard, bacilles moyens entrecroisés en V et en X, bacilles courts souvent parallèles = presque certainement bacilles diphtériques. Pratiquement, on distingue le bacille court diphtérique du pseudo-diphtérique en ce que le premier pousse en profondeur dans la gélose glucosée et fait fennenter le glucose.

Les coccis ont un aspect tout différent.

S'il s'agit de bacille diphtérique, faire les ensemencements des mucus pharyngés des personnes entourant le diphtérique ," ne pas attendre les résultats de l'examen bactériologique pour faire au petit malade une injection de sérum ; dès le diagnostic confirmé^ faire une injection préventive^ aux enfants ayant été en contact avec le petit malade.

Recherche des porteurs de germes diphtériques

Pour enrayer l'extension de la diphtérie, il est nécessaire de dépister . dans le voisinage du malade les porteurs de germes diphtériques. Cette recherche n'est pas facile, parce qu'il existe souvent dans la gorge des éléments non pathogènes, les bacilles pseudo-diphtériques.

Ce qu'il faut :

I** Des écouvillons préparés avec des liges de fer garnies à leur extrémité d'un tampon de coton roulé. On roule ces écouvillons dans du papier- filtre que Ton plie aux deux bouts. On stérilise ensuite au four Pasteur ;

2** Un grand nombre de tubes de sérum coagulé, un tube par malade ;

3® Quelques tubes de gélose glucosée profonde toumesolée en épaisseur de lo centimètres de haut ;

4® Préparer les colorants suivants :

Bleu de méthylène 1 gramme.

Alcool à 95° . 20 centimètres cubes.

Eau distillée 950 — — *

Acide 'acétique cristallîsable. .50 — —

Dissoudre le bleu dans l'alcool, puis ajouter l'eau et l'acide.

Vésiivine gr. 50.

Eau distillée bouillante . . . 250 centimètres cubes. Filtrer bouillant.

Gé qu'il faut faire :

I® On prélève des mucosités dans le fond de la gorge avec un tampon stérile et on ensemence ensuite sur les tubes de sérum coagulé ;

2® Après 1 8 à 24 heures à 87°, on examine à la loupe les colonies. La colonie diphtérique est d'un blanc grisâtre, sèche à la surface, très régulièrement arrondie et à bords très nets. Le frottis de ces colonies y décèle des bacilles longs de 4 à 6 jx plus gros h leurs extrémités. Si les bacilles sont courts, plus épais au centre^^ on peut penser à des bacilles non diphtériques. Il faut faire pour ce diagnostic : une coloration et une culture ;

3^ La coloration consiste à rechercher des granulations polaires :

Fixer la lame à la chaleur ;

Recouvrir le frottis avec la solution de bleu acétique et chauffer à dégagement de vapeur ; renouveler ce chauffage

une deuxième fois et laisser en contact 5 minutes ; laver rapidement à Tçau distillée ; Recouvrir avec la solution de vésuvine lo à 12 secondes ; Laver rapidement à Teau distillée ; 4** La culture doit partir d'une culture pure ; on la fait suivant la technique de L. Martin, en gélose profonde glucosée tournesolée que Ton porte a/* heures à l'étuve^.

Ce qu'il faut voir :

i^ Les cultures de bacilles 'longs prenant le Qram sont certainement diphtériques ;

2^ Les, bacilles courts diphtériques par le bleu acétique-vésuvine sont brun clair «t portent aux extrémités des granulations rondes et noires (granuls^tions polaires). Les bacilles pseudo-diphtériques n'ont pas de granulations polaires, sauf le hacterîum cutU conù^ munis, mais la présence de ce microbe est exceptionnelle au niveau du pharynx (Debré) ;

3" Sur la gélose profonde glucosée tournesolée, le bacille diphtérique pousse sur toute la hauteur du tube, produit de Tacide au dépens du glucose qui fait virer au rouge la teinture de tournesol. Au contraire, les bacilles pseudo-diphtériques ne poussent pas en profondeur et donnent à la surface du tube une culture qui prend l'aspect d'un enduit crémeux sans rougir le milieu. Seul le B. cutis communis pousse en profondeur et attaque le glucose, mais nous avons vu qu'il est exceptionnel dans la gorge.

1. Costa, Jean Troisier et Dauvergne proposent d'ensemencer le mucus pharyngé ou amygdalien, sur un milieu ainsi composé : sérum de cheval : 100 ce. ; — solution de glucose : 30 0/0, 10 ce. ; — teinture de tournesol concentrée et stérilisée : 30 gouttes; — solution d'acide sulfurique à 10 1/000, stérilisée : 3 ce. Le mélange est réparti en boites de Pétri, coagulé dans une étuve quelconque à 75% maintenu 1 heure 1/4 h 80% et purgé de son veau de condensation en inclinant la boîte auprès d'une flamme de lampe à alcool. 11 doit être légèrement bleu&tre.

Les colonies de bacilles diphtériques vrais sont rouges dès la 24* heure. Celles des faux ou des autres microbes sont blanch&tres ou grises. A la loupe, elles ont l'aspect de travées sous forme de petites croix.

Rooherohe du tréponème do Sohaudinn dans lo8 frottis

Deux procédés peuvent être employés :

Le premier, examen à rultra-microscope des éléments vivants ;

Le second, examen des frottis fixés et colorés.

i^ Examen a l'ultra-microsgqpb.

Ce qu'il faut :

i^ Un objectif à immersion au 1/12,. et un éclairage Abbe préparés pour Tultra-microscope. Cette préparation peut être effectuée, sur tout objectif et tout éclairage, par une maison d'opticjue. Ces deux objets seront dès lors réservés à l'ultra-microscope ;

a^ Un bon éclairage,^ de préférence une lampe ^Nerst, et une lentille convergente*.

i^ Nettoyer la surface de la lésion à examiner avec un tampon de coton stérile imbibé d'eaù bouillie ; '

2* Presser la lésion entre deux doigts de façon à en faire sourdre une goutte de sérosité ;

3® Recueillir ce liquide sur une plume vaccinostyle 'flambée et le mélanger sur une lame bien [iropre dans une goutte de sérum physiologique ;

4* Recouvrir d'une lamelle bien propre en évitant les bulles d'air, et porter la lame, enduite d'une goutte d'huile sur la lamelle en haut et sur la lame en bas, sous le microscope ;

5® Mettre au point avec précaution, manœuvre souvent délicate réalisée facilement avec un peu d'habitude.

1. Toute l'installation, lampe et lentille comprises, revient à 200 franes environ.

Ce qu'il faut voir :

Des points brillants éclairés et mobiles sur un fond noir. Les objets sont blancs sur noir. Les globules rouges sont reconnus à leur contour brillant, les globules blancs ont leurs granulations fortement éclairées.

On découvre souvent diverses catégories de spirilles :

i** Des spirilles de Vincent et spironema refringens. Gros spirilles, à mouvements très vifs, déformant leurs spires durant la marche et devenant rectilignes, s'ils s'arrêtent ; leur longueur est de la à i6 I^ avec 3 à 5 spires ;

2® Treponema minùturrif petit tréponème de 7 à lo jx de long ; les spires sont' régulières, petites, de 0,9 à i jx ; il possède 7 à 10 spires ;

3** Treponema calligyrum, plus grand de 9 à la p. de long ; les spires sont plus irrégulières de i,5 jx ; il possède 5 à 8 spires ;

4® Du tréponème pâle de Schaudinn sous l'aspect d'un filament n^ince et brillant, régulièrement ondulé, à très fines spires, toujours égales et toujours semblables. Les mouvements sont de petite amplitude et la marche régulière.

Ce qu'il faut dire :

Si le tréponème est retrouvé dans les sérosités de toute lésion suintante suspecte, dans le suc ganglionnaire, etc., il s'agit incontestablement de syphilis, le diagnostic est rapidement fait par un examen de quelques minutes.

Page 1