TRAITEMENT DE
Tous les dialectes indo-européens s'accordent à représenter par à (ou si. o, représentant de *à) le phonème i.-e. *?; seul l'indo-iranien diverge, avec son / (skr. pita, zd pita, en face de gr. r.x-:r,p, lat. pater, v. irl. atbir, got. fadar^ arm. hayr)\ de plus le grec a s ou o dans les cas où d alterne avee g' ou ô : tiOy)[ji.i, Ti6£[j.£v ; vvrjToç, veveTTjp ; SiO(o[j.'., Si5c[xev ; etc., et cette déviation atteste que le timbre de *d était encore mal défini au moment où a été fixé le traitement hellénique.
La débilité de *d, phonème tout particulier dont M. F. de Saussure, dans son Mémoire,, a lumineusement établi la singularité, ressort de diverses circonstances dont les principales sont les suivantes :
1" L'élément *d ne subsiste jamais devant voyelle, et disparaît alors sans laisser de trace : skr. jâ)i-ah, gr. v^v-sç, lat. gen-iis en regard de skr. jani-ta, gr. -(z^z-zr,p, lat. geni-tor. Une forme telle que §i$ôatjt est une innovation proprement hellénique, et c'est le type véd. d-ûh « ils ont donné », dàd-ati « ils donnent » qui représente l'état indo-européen.
2" L'élément *d se combine avec une sonante précédente non précédée elle-même de voyelle, et il en résulte les sonantes dites longues : *a et *f d'une part, *n, *m, *r, */, de l'autre :
skr. pn-tàh^ lat. pn-rus, v. irl. il-nad « purification », en regard de skr. pavi-tram « moyen de purification ».
skr. jâ-lâh, lat. [g'jnâliis, gaul. -gnàlos, en regard de skr. janità, etc.