‹ Les dialectes indo-européensChapitre 5 sur 38 · LI-: VdCAin LAiHi; ul: nuud-ui;i;si · texte numérisé non relu

LI-: VdCAin LAiHi; ul: nuud-ui;i;si

Un mot désignant un aliment extrait des céréales : lat. far (farris) et farina, ombr. farsio fasiu « farrea », v. isl. barr « céréales », g"ot. bari~eins « d'org-e », v. si. brasuw « nourritm'e, ^pfî^H-^'^î "pcoaî, ï-'.^i-\Q\>.bq, 'éltij\j.% », s. brùsno « farine », r. bôrosno « farine de seigle ». 11 n'y a aucune raison de rapprocher skr. bhàrvati « il mâche », ni par suite zd -baoïtrva-.

« sillon » : lat. lira {etdt'-lîrus, clêllrô, dêlêrô), v. h. a. [ivagan]leisa, m. h. a. leis " trace de voiture >;, v. si, léxa « ~pa<jii » (r. lexâ, s. lijêha, tch. licha ; sans doute ancien mot oxyton) ; lit. lysè « carré, planche de culture ».

« pomme » : v. si. ablûho (r. jâbloko, pol. j a biko)^ lit. obti las, lette âbols, v. pruss. woble, v. h. a.apfiiL v. angl. a'ppel, v. irl. d'Art//, m. gall. aMfl/; le nom de ville malifcra Abclla, en Campanie, fournit une trace de l'existence du mot en italique ; mais l'introduction d'une sorte méditerranéenne avec son nom grec dor. [j.aAcv, d'oîi lat iiiâliini [ou gr. comm. ;r?;A:v, d'où ital. melo) a entraîné la disparition du vieux mot en Italie.

« porc » : lat. porcus, ombr. porca, purka « porcas », v. irl, orc, V. h, a. farah, v. angl. fcarh, lit. pafs:{as, v. si. prase (r. porosjâ, s. prâsc, pol. prosie). Le prétendu g-r. -ipy.cç. dont parle Vairon, ne se trouve dans aucun texte grec et n'est sans doute qu'un emprunt fait par des Grecs d'Italie ou de Sicile à une langue italique. Le mot du nord-ouest * porh^os ne désigne que le c porc » domestique, tandis que le mot indoeuropéen commun * 5/Z- (lat. sus, etc.) s'applique également au « porc » et au « sanglier ».

« fève » : lat. faba, v. pruss. babo, v. si. bobu ; le rapport avec le mot germanique v. isl. baitn, v. angl. bêan, v. h. a. bôna n'est pas déterminé. L'alb, ba^)e est très éloigné pour la forme,

« moisissure » ; lat. miiscus, v. h. a. iiios, lit. m usai. v. si. mûxû.

(( creuser » : lat. fodiô, gall. bedd « fosse », lit. bedii « je creuse » et badan « je pique », lette bedre « fosse », v. si. boda « je pique », peut-èlri- got. badi « lit » (d'abord creusé dans la

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terre?, v. Meringer, /. F, xix, 488 etsuiv.). Le ^'i initial écarte gr. ^oBpoc, 32OUVCÇ.

Le « seig'le », qu'on n'a j3as jusqu'à présent rencontré dans les fonds d'époque néolithique, a un nom qui ne s'étend pas au delà du slave, du baltique et du germanique : v. si. ril^ï, lit. rugys, v. pruss. rugis, v. isl. rygr, v. angL rygc, v. h. a. rokko. Et il y a un nom de 1' « avoine » dont l'orig-inal ne se laisse pas restituer avec certitude, mais qui est visiblement commun au slave : ovîsn, au baltique : lit. avi~à, lette au~as, V. pruss. wysc, et au latin : aiièna.

On peut ajouter quelques noms d'oiseaux et d'insectes :

« grive » : lat. tiirdiis, v. isl. frostr, lit. strà~das, v. si. Liro~dii (avec une assimilation de l'initiale] et dro^gii. Le gr. a~pz'j()oç ne peut être rapproché à cause du eu. et aussi du 6, qui ne se concilie ni avec g-erm. /, ni avec lat. d (on aurait /'après r s'il s'agissait de *db).

« guêpe » : lat. iicspa, v, bret. ffiwhi, v. h. a. ivafsa, lit. vapsà, V. si. osa ; le he\uc[ gvab:( « abeille, guêpe » est à écarter à cause de son isolement en indo-iranien ; la sonore h~ fait du reste difficulté ; le rapprochement avec la racine *iuebh- «■ tisser » n'explique rien, car on ne voit pas comment le sens de cette racine s'appliquerait à la « guêpe ».

« frelon » : lat. crâhrô, gall. creyryn, v. h. a. hornii:^, lit. S7;irs:(fi (ace. s:(irs':(eni)., v. si. srfiscin (s. srsljên).

Le mot * m~do- spécialisé au sens de « nid » dans: lat. nïdus, V. irl. net, y. h. ix.nest, et, avec des altérations, lit. h^das et v. si. giic^do', au contraire arm. iiist ne signifie que c( siège » et sert de nom verbal au verbe primaire nstini « je suis assis » (aor. nsUiy), et skr. nïdâh a gardé le sens de « siège, lieu où l'on est établi », à côté de celui de « nid ».

Noms d'arbres :

(faune » : lat. aluns, \. h. a. dira, lit. clksnis, v. si. jclixa.

'< orme » : lai. 11 lui lis, irl. Iciii, v. isl. l'ilnir, si. * jiliiiii) et jilhiia.

" il' - ; iil. eo, gall. jîc, v. isl. yr, v. angl. hv et êow, v. h. a. Jwa, lit. (■vil, V. si. jiva.

Mots techniques :

(' frapper » (en particulier sur une enclume pour forger) lat. ciuiô et iiicûs [incûdis], irl. ciiad et coach ( v. Wh. Stokes, dans Fick, Et. zvôrt.., H's 881, v. h. a. boiiwan, lit, kâujii, kâiiti « battre, frapper, combattre n, kngis <' marteau », kavà « combat », V. si. kii/a « je forge », kyjî « marteau >i.

« couper » ; lat. secô, v. si. scka: lat. secfiris, v. si. sehyra, « hache »; v. h. a. seh « couteau », 5^!,^^ <( scie », sahs « couteau » (sur le celtique, v. A\'. Stokes, K. Z., XL, 249).

'< tresser » : lat. plcctô. v. h. a. flehfaii et a'. si. plcta représentent une même forme, dont gr. TrXr/.o) et le substantif skr. praçnah " objet tressé » s'éloignent davantage. Le traitement de *-kt- qu'on a dans v. si. pJeta, est le traitement régulier devant voyelle postpalatale iv. si. nostî est un exemple classique du traitement de *-kt- devant voyelle prépalatale).

"• roue » : lat. rota. irl. roth^ gall. rhôd, v. h. a. rad, lit. ratas ; le mot correspondant de l'indo-iranien, skr. rathah, zd raôô, signifie « char ».

(' timon » : lat. tèmC\ v. h. a. dïhsala, v. angl. ^7a7, v. isl. f>lsl, V. pruss. teansis.

« bouclier m : lat. scûtiiuu irl. sclath. v. pruss. staitan (lire scaitan']), v. si. stitn ; si lit. skxdas et gr. àa-iz (às-'oiç) sont parents, ils diffèrent du moins par le d en face du t des autres langues.

0 anse <> : lat. ansa, lit. asà, et v. isl. rt% « trou fpour passer un lacet) ».

Mots relatifs aux relations sociales :

« peuple » : osq. lotito, ombr. totani (ace), x. irl. tilatb, go t. i^iuda, lit. tant a.

« étranger, hôte » : lat. hostis. got. gasts. v. si. gosti \ si le gr. çÉvp:; est parent, il aune forme entièrement différente.

« dette » : v. si. dlngiï (s. ^m^''), got. dulgs. v. irl. ^//V^^ [dligim « je dois ») ; la diphtongue radicale du slave étant intonée douce, le mot slave n'est sans doute pas emprunté au germanique; et il n'y a pas de raison positive de croire que le mot germanique soit emprunté au celti((ue, comme l'a supposé M. d'Arbois de Jubainville.

22 DIALECTES INDO-EmOl'ÉKNS

lat. uas {nadis) « gag-e », got. ivadi, \. isl, veâ, v. h. a. u'etti; lit. vadûti K dégager, délivrer ».

« dominer » : v. si. vlada^ lit. valdafi et -veldii, got. ivaJdan; cf. irl. ^fltîV/; « souveraineté » (certaines formes Scandinaves ont également/), et aussi Lit. uahv.

Mots divers :

<( homme ». désigné par l'expression de « terrestre » : lat. homô, goi. guma, lit. ipiù {^mariés) ; en indo-iranien, en arménien eteng-rec, on rencontre plutôt l'expression de <( mortel » : hom. ^po-bç, arm^ mard, /d inar.Va et masyô^ v. perse iiiariiya, skr. mârtyah, màrtah.

« barbe » : lat. barba, v. h. a. Aar/, lit. bar^dà, v. si. /^r^af^rtf ; de là l'adjectif : lat. barbàtits, lit. bai\dâtas, v. si. bradatn.

(( poli, glabre » : lat. glaber. \. angl. glaed, v. h. a. glaL lit. glodùs, V. si. gladûkû.

(( glace, froidure « : lat. o^f/n et glaciês, v. h. a. /i'a'// eikuoli, lit. gélmenis « froid vif », v. s\. golotl c< glace » et ^Jëdica <• verglas, givre ». On lit YîXavopiv "'l/jypov chez Hesychius, mais cette glose est à rapprocher du sicilien yé'Kx, qui doit être un emprunt à l'italique. Les parlers siciliens semblent avoir été un peu moins rebelles aux emprunts que les autres parlers grecs ; on a vu plus haut zipy.sç ; M. W. Schulze, K. Z., XXXIII, 223 et suiv., a reconnu dans '/d-px un autre emprunt sicilien. — On a de même lat. calère en face de lit. s:(îlti « devenir chaud».

« parole » : lat. nerbum, got. waurd, v. pruss. iuirds,,\ii. vardas (la racine est indo-européenne commune ; v. le dictionnaire de M. Walde, sous uerbum).

« pousser » : lat. trûdô, got. ^riiitan, v. si. trudu.

(' vent du nord » : lat. caums, got. skilra-, v. h. a. skiir, lit. s^iàurè « nord » et « vent du nord », v. si. sèverû « nord ».

« vrai » : lat. uèrtis, v. irl. fir, v, h. a. luâr; v. si. vcra « foi ».

« abondant » : irl. meriicc, got. nianags^x. si. mnuogn.

« mei " : lat. nuire, irl. inuir, gaul. {arc-)inorica, got. marri et )nari-[.uikvs j, lit. màrès, v. si. ///o/yV' ; ce nom de la « mer » n'est usuel que dans les langues du nord-ouest; toutefois il

semble que le sanskrit en ait trace dans le mot ol)sciir marycidâ. Inversement, la négation prohibitive ""mè nest attestée qu en indo-n'amen (;mt), grec (i^rj, arménien (mi), et manque totalement par ailleurs. Une disparition indépendante en slave, en baltique, en g-ermanique, en celtique et en italique est peu vraisemblable; car, dans les langues où*m? a existé, ses représentants sont encore aujourd'hui en usage, et le grec moderne, l'arménien moderne, le persan ne ditîèrent pas àcet égard du grec ancien, de l'arménien ancien et du vieux perse. Le tait est du reste trop isolé pour prouver beaucoup.

Telle ou telle de ces coïncidences peut être fortuite, et 1 on ne saurait rien affirmer d'aucune en particulier ; mais l'ensemble ne saurait l'être, surtout si l'on tient compte des groupements de sens. Il v a donc une certaine communauté de vocabulaire entre les langues du nord et de l'ouest, et cette communauté paraît provenir d'un développement de civilisation commun.

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