‹ Les dialectes indo-européensChapitre 6 sur 38 · L'INDO-IRANIEN · texte numérisé non relu

L'INDO-IRANIEN

De tous les groupes dialectaux qui reposent sur une période de communauté postérieure à la période indo-européenne, le seul dont la réalité soit attestée par un témoignag-e direct est lin do-iranien.

Ce témoignage est le nom, identique, par lequel se désignent les peuples qui ont apporté l'indien d'une part, l'iranien de l'autre. On a en eifet :

zd airya- (opposé à tûirya- et k anairya-), v. perse ariyadans Dàrayavàu's ariyaci^ra « Darius de famille aryenne » ; ce nom est connu des Grecs ("Apic) et des Arméniens [Arikh), et il subsiste encore ; Erân (prononcé maintenant îrâii), le nom que porte aujourd'hui le pays des Aryas occidentaux, i^eprésente un génitif pluriel *arxânâiii.

skr. tir[i)yah désigne le peuple dont la langue est le védique; peut-être a-t-on aussi ^rya- ; le mot ar[i)yah est identique au mot iranien, à la vrddhi près.

L'étymologie du nom n'est pas connue ; on peut, si l'on veut, rapprocher skr. âryah « favorable »; rien ne prouve d'ailleurs qu'on doive le faire ; et le rapprochement est dénué d'intérêt (cf. Bartholomae, I. F. xix, Beiheft, p. lOtS et suiv.). On n'a aucun droit de rapprocher arm. ari « brave », qui ne doit sans doute j)as être isolé àe aru « mâle » et de ^^r** homme (uir) ». (Kiant au rapprochement avec irl. aire (gén. airech) gl. primas, il est évidemment faux; irl. aire ne peut être séparé de irl. ar « devant », cf. irl. airchinnech « princej^s )i. gall. arhcnnig;

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c'est un mot de la famille de gr. r.ip'., r.pz, etc., de lat. prunus. etc. ; le *nryo- sur lequel repose irl. aire se trouve aussi dans gaul. Ario-{mamis). composé dont le premier terme n"a par suite rien à faire avec le nom propre *Ar\a- du peuple qui parlait lindoiranien.

* Arya- est un nom propre, dont il n'y a pas lieu de rechercher le sens, mais dont l'existence atteste l'unité d'une population dlndo-lraniens, qui s'est divisée par la suite.

On peut donc déterminer sur ce cas bien établi à quel type de faits se reconnaît une comnninauté de ce "^enre postérieure à la séparation d'avec l'ensemble indo-européen : lindo-iranien présente toute une série de particularités de détail qui ne se retrouvent nulle part ailleurs, et qui proviennent de la période de vie commune particulière au g-roupe. En voici quelques-unes qui ne sauraient être fortuites :

1° Les voyelles de timbre e et o, demeurées distinctes dans toutes les autres langues sans exception, se sont fondues dans le timbre unique a '. en entraînant la perte des alternances morphologiques de e et de o, cette confusion a modifié g-ravement tout le système des formes, elle a eu pour conséquence un développement important des alternances quantitatives qui se présentent sous la forme a : â. Cet ensemble de faits caractérise éminemment 1 indo-iranien par rapport aux autres lang'ues de la famille.

2" Le*<' indo-européen, au lieu de se confondre ■A\ec*a comme partout ailleurs (sauf partiellement en grec où il ne donne du reste jamais m, aboutit à /'. Après et avant v. le même*.' donne cependant ^7. même en indo-iranien.

3° Les jj^roupes de la forme : sonore aspirée -j- sourde, aboutissent à : sonore -|- sonore aspirée (loi de Bartholomae) : -bb-\- l- donne -bd h-. -bh-{-s- donne -/;;(/;-, etc. Les autres langues ont toutes dune manière normale un traitement conforme aux règles ordinaires de l'indo-européen : la sonore aspirée s'assourdit devant sourde, comme toute autre sonore. Les traces — très rares — d'un traitement pareil à celui (pie délînit la loi de Bartholomae et ([u on a essayé de retrouver dans

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