DIAIJIC.THS im)()-i;iroi'Ki;ns
les autres langues sont toutes ou fausses ou incertaines. 11 est vrai que -0"/.- donne -t/- en grec [T,j.Q-/iù de *-::aOr/.w), mais c'est un cas tout spécial, et qui n'autorise pas à poser une loi générale; on explique gr. à'cj/a-oç par *eghs-qo-\ mais rien ne prouve que à| repose sur * eghs : la forme locr. èyOor et les formes analogues représentent le traitement phonétique --/O- de *-hsten grec, et ïv-bz doit son-: à l'analogie de vr.iz ; si ëaya-roç est à tirer àeïz. — ce qui n'est pas évident — . il suffît de poser *eks-ko- donnant * àcry.c-. Quant ;i alcrysç en face de got. aiwiski. si le rapprochement est exact, on en rendra compte soit par * cïib^'hskos donnant yJ.7'/c: (type de zâcyo)), soit tout simplement par * aiks'^^'kos donnant y.hyo; (type de sjya-o;). Le grec n'offre donc aucune trace de la loi de Bartholomae ; les autres langues n'en présentent pas davantage.
i" Tous les thèmes terminés par une voyelle : -a, -â. -/. -//, ont le génitif pluriel en-n-âin. Pareille introduction de -»- ne se rencontre par ailleurs que dans certains dialectes germaniques, et là même pour certains types de thèmes seulement.
.)" Les thèmes en -^7- ont, à côté des formes en -â-. des formes du type degén.-abl. skr. -âyâb, v. perse -nyâ, zd -ayâ; on retrouve, au moins en arménien et en celtique, trace de -(i)y-, à certains cas des thèmes en -â-, mais nulle part le type -àyà-.
6° Les 3"'" personnes de l'impératif ont un -u final ainsi skr. bhâratîi = zd haratii = v. perse baratiiv.
7** Le parallélisme de certaines formations est absolu ; le pronom personnel de 1 '"^ personne en donne une idée :
skr. zd V. perse
Singulier
Nom.
ahàm
a^^m adam
Ace. ton.
mam
ma m ma m
Ace. atone
nul
ma
Gén. dal. atone
me
me maiy
(ién. lonicpic
ma ma
mana mnnâ
Diit. ton.
mûhxiH m i
maihyà lg;dh. i
Abl.
mal
;//(// ma
l.'lNT)0-m AMKN 27
Pluriel
Nom. vayâiii vaêm{\.vayim)vayam
Acc.-gén.-dat. at. nah nô
Ace. ton. asmàn ahma
Gén. ton. asmiikani ahmàhm amUxam
etc.
Aucune langue indo-européenne ne présente, à beaucoup près, l'équivalent de coïncidences aussi complètes, et poursuivies dans un si menu détail, avec lune des langues du groupe indo-iranien.
S'il existe de pareilles coïncidences de détail, il va de soi que les sytèmes des deux groupes doivent être tout semblables dans leur ensemble ; et en effet on a construit, sur les fragments de textes subsistants, la grammaire de l'iranien ancien à l'aide de celle du sanskrit. Et, comme on l'a souvent répété, la simple application de quelques l'ègles de correspondances phonétiques ou morphologiques permet de transformer tel passage de l'Avesta en un morceau védique presque correct, ou inversement. Les vocabulaires des deux groupes se recouvrent à peu près entièrement. Ainsi, en regard de *k^ initial de toutes les autres langues pour le nom du « cœur » (arm. sirt^ v. si. sriidice, lit. szjrdis^ gr. xapBiâ et x^^p, lat. cor, v, irl. cride, got. hairto), le sanskrit et l'iranien ont les représentants d'une sonore aspirée : skr. hrd- et hrdayani, v.à ~.v3d- et ^JrPcacni, pers. dil.
Ceci n'empêche pas que l'indien et l'iranien proviennent sans doute de parlers indo-européens différents, et dont la période de développement commun n'a pas suffi à déterminer la fusion totale. Les isoglosses de la chute de *.' intérieur (v. chap. viu) et du traitement de * luy (v. chap. ix) passent entre l'indien et l'iranien ; et l'on constate certaines coïncidences de vocabulaire entre l'iranien et le slave, qui ne s'étendent pas au sanskrit. Les deux groupes, tout en se développant parallèlement, sont donc demeurés légèromenl distincts.
Il n'apparaît pas qu'il y ait de rapports paiticuliers entre
28 DiALiccTKS iMj(t-i:riioi'r:i:Ns
tel dialecte iranien et tel dialecte de llnde. Au premier abord on pourrait attacher à cet éj2^ard quelque importance à la coïncidence du traitement -à de *-as final en sanskrit et dans les prâkrits occidentaux, d'une part, et dans TAvesta, qui est de l'iranien oriental, de l'autre. Mais il sullit d'examiner les faits de près pour reconnaître que le traitement zend et le traitement sanskrit sont indépendants l'un de l'autre.
En effet, le traitement -o (c.-k-d. -à) du sanskrit est propre aux cas oîi -s se trouve devant une sonore suivante. Or, la loi générale du traitement des finales à l'intérieur de la phrase indo-iranienne est : sourde devant sourde, sonore devant toute sonore (occlusive, sonante ou vovelle proprement dite); ce traitement des finales se distingue de celui de l'intérieur du mot par ceci que, à l'intérieur du mot, les sourdes deviennent sonores devant occlusive sonore, mais demeurent sourdes devant sonante (voyelle ou consonne) ou voyelle, soit donc :
intérieur final
-asla-
-n~da~
-asna-
-asya-
-asa-
ou, dans les cas où v devient s en indo-ii-anien
-iÈta- -i^da- -isna- -iiya- -isa-
C'est *-a\^ final devant un élément consonantique (consonne proprement dite ou sonante consonne) (pii donne au sanskrit -0 lin;il ; ii rintériciir du mol, indo-iran. *a~da aboutit à skr, cda \ devant consonne, -(i~ siibsisle toujours en iranien à l'in-
-as
ta-
da-
na-
-ai
ya-
-is
ta-
da-
na-
l'lndo-ikamen 29
térieur et à la iinale ; on a ainsi, à la tin d'un premier terme décomposé, c'est-à-dire dans une position où sont appliquées les règles de la lin de mot, skr. ojo-dàh « qui donne la force », mais zd aogax-dast?ma- « qui donne le plus la force ». Le traitement tinal skr. -o de indo-iran. *-«;( est donc parallèle au traitement de -a:^d- intérieur donnant skr. -t'rf-, et l'on conçoit que dans les pràkrits orientaux [Mâgadhî), -e se trouve à la finale aussi bien qu'à l'intérieur du mot.
L'-ô final avestique s'est réalisé dans de tout autres conditions et par un tout autre procès. Ce n'est pas un traitement particulier ; c'est le traitement de tout *-as final, à la pause comme à l'intérieur de la phrase. Le zend n'a pas, comme le sanskrit, des règles de sandhi compliquées ; sauf les mots étroitement liés dans la prononciation, il n'a qu'un traitement pour tous les cas ; or. ce traitement n'est pas le traitement sonore ; dans les cas où s a passé à 5, on a partout -is, -iis^ -xs, -fs, etc. ; de même que *-ts est représenté par -s : bas, stavas, pourutâs, gaoôtûs, etc. Ce n'est donc pas *-fl^ (traitement ancien devant sonores) qui a donné -ô. En réalité *-as final a passé à -ah, -h étant le traitement universel de s en iranien partout où une consonne ne suit pas immédiatement (cas de -as ca, -as te) ; et en etVet le vieux perse a -a, c'est-à-dire -ah, comme représentant de indo-iran. * -as. La fermeture de a devant /; terminant la syllabe se produit dans les gathas même à l'intérieur du mot : * asiiii donnant gâth. jbiiii, * iiiasniadi donnant gâth. mdhmaidî\ cette même voyelle -j est celle qui, dans les gâthris, représente *-rt/; final issu de *-rt5, constamment dans les monosyllabes (/;,?, y,', nd, etc.), et partiellement dans les polysyllabes : vacd par exemple. Un à a été parallèlement altéré en -àd (résolution de la ligature qu'on transcrit par à) devant -/; final, de sorte que zd -à (c.-à-d. -ùJ) répond à skr. -âh final ; ici le traitement -ât'iha- de -àsa- est exactement conforme au traitement de *-âh final (ancien *-às) ; et, comme *-âsi-, *-âsu- aboutissent k-âbi-, -âbu-, on voit que c'est la nasale développée après a qui a provoqué la fermeture de cet a ; ceci concorde avec un fait connu de phonétique gêné-
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raie : les voyelles nasalisées tendent souvent à se fermer ; en zend même, *-<?/;/ donne -dm. On est amené ainsi à supposer que *-as a passé à *-ah, *-aûh, d'où *-ô{nh). Le développement de cette nasale tient k ce que a se prononce généralement avec le voile du palais peu ou pas relevé ; k l'intérieur du mot, le relèvement n est pas maintenu devant un / ou un // suivant, si bien que *asn donne ai'iha, mais *rt5/ et * nsu deviennent respectivement abi et ahu ; en fin de mot, aucune influence n'entravait le développement de la nasale, de sorte que le passage k -ô{nh) a eu lieu dans tous les cas. La seule difficulté que présente cette explication, c'est que, k l'intérieur du mot, la vocalisation du texte ne porte pas trace de fermeture de 1'^? devant la nasale de -anha- ; mais on sait que la vocalisation de l'Avesta est bien postérieure k la composition et k la fixation du texte par écrit ; d'ailleurs on conçoit que la nasale ait exercé une tout autre action là où elle est restée distincte de la voyelle que là où, en fin de mot, elle s'est fondue avec la voyelle en en faisant une voyelle nasale et en la fermant : on a d'une part -anha- et de l'autre *-<//;, aboutissant k *-ôh, puis -ô.
Le traitement *-() de -as final devant consonne sonore en sanskrit et le traitement -jde tout *-as final dans l'Avesta sont donc deux phénomènes radicalement indépendants l'un de l'autre.