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II. HISTOIRE NATURELLE

L’appareil est alors consolidé au moyen d’un support à pince et placé à une vive lumière. Il n’est pas utile de l’exposer à la lumière solaire directe : le phénomène est plus rapide, il est vrai, mais l’eau, en s’échauffant, perd une certaine quantité de l’air qu’elle dissolvait, air qui vient s’accumuler au sommet du tube et trouble les résultats. En plaçant l’appareil à la lumière vive, près d’un objet éclairé par le soleil, on voit peu à peu de la masse des Diatomées se dégager de fines bulles de gaz qui se rassemblent au sommet du tube. En quelques heures, on obtient ainsi un volume de gaz occupant un centimètre cube, si les Diatomées sont bien vivantes, la lumière solaire active et l’eau employée bien fraîche.

Ce gaz est de l’oxygène, avec une petite quantité d’air en nature rendu par l’eau. Il est facile d’en faire la preuve. On retourne le tube, en le tenant fermé avec le pouce, et, au moment où l’on soulève le pouce, on insinue dans la petite atmosphère gazeuse une allumette éteinte et présentant un point en ignition. Celle-ci se rallume aussitôt. Ou bien, on fait passer la bulle de gaz dans un eudiométre et, après y avoir ajouté un volume double d’hydrogène pur, on fait jaillir dans le mélange une étincelle électrique. Le mélange brûle grâce à l’oxygène, et il ne reste plus au sommet de l’éprouvette qu’une toute petite bulle formée d’azote et de l’un ou l’autre des gaz, hydrogène ou oxygène, en excès.

Il n’y a, du reste, rien d’étonnant à voir cette chlorophylle brune des Diatomées, ou ce mélange de produits dérivés de la chlorophylle, se comporter avec l’air, sous l’influence de la lumière, comme la chlorophylle ordinaire des plantes vertes. Nous connaissons, en effet, un grand nombre de végétaux, dits à feuillage coloré, chez lesquels la chlorophylle a subi des modifications diverses, souvent très analogues à la matière colorante jaune ou brune des Diatomées. Tout le groupe des Algues marines appartenant aux Fucacées est coloré par une chlorophylle d’un brun verdâtre très foncé et tout le groupe des Floridées est coloré en un rouge parfois très vif. Les Phanérogames présentent aussi des espèces dont les feuilles sont colorées en toutes les nuances du vert ; un grand nombre, comme les Colens , les Bégonia , les Alternanthera , les Caladium et mille autres, ont toutes les nuances du vert, du rouge et du blanc ; tout le monde connaît les Hêtres et les Noisetiers au feuillage pourpre, les plantes à feuilles panachées de blanc ou de jaune, le Perilla nankinensis à feuilles presque noires, etc. Tous ces mélanges de produits dérivés de la chlorophylle verte agissent comme elle sur l’atmosphère en décomposant l’acide carbonique de l’air, fixant le carbone et rejetant l’oxygène.

Enfin, ces modifications se produisent souvent sur une même plante : par exemple, quand les feuilles deviennent jaunes ou brunes en automne, ou même d’un rouge de sang, comme dans la Vigne vierge.

Les Diatomées, se nourrissant comme les plantes vertes et exclusive-

mercure et en faisant passer les Diatomées et l’eau dans une éprouvette pleine de mercure et renversée sur la cuve.

ment comme elles, appartiennent donc évidemment au règne végétal; il reste à déterminer le groupe de végétaux dans lequel on doit les ranger.

Incontestablement, elles appartiennent à la classe des micro-organismes et doivent être placées à côté des Algues unicellulaires.

Ce sont, en effet, des organismes unicellulaires. Leur corps entier n’est, au point de vue histologique, qu’une cellule. Et quand M. J. Deby dit, dans r Introduction de ce livre, qu’il regarde les Diatomées comme des êtres pluricellulaires, il veut exprimer que l’organisme qu’on a appelé frustnle , et que l’on considère ordinairement comme formant à lui tout seul toute la Diatomée, n’en est, au contraire, qu’un des éléments, la Diatomëe se composant d’une agrégation de ces frustules unicellulaires, comme le Yolvoce se compose d’une agrégation de monades formées d’une seule cellule. C’est à dire que les Diatomées sont plurifrustulaires, mais le frustule n’est qu’une cellule. Il présente une enveloppe cellulaire ou cuticule, un protoplasma, un noyau et un nucléole. De plus, il est muni de chromatophores diversement constitués.

C’est là la composition d’une simple cellule. Néanmoins, on a contesté que le frustule même des Diatomées puisse être une cellule simple. Certains auteurs se sont fondés, dans cette discussion, sur la complexité de ces organismes, dans lesquels on trouve des différenciations trop considérables, selon eux, pour qu’on puisse les attribuer à un simple élément cellulaire. D’autres se sont appuyés surtout sur l’existence de deux protoplasmas, le premier, protoplasma ordinaire ou incolore, et le second, protoplasma coloré.

Nous pensons qu’au jourd’hui cette thèse n’est plus soutenable: le protoplasma coloré, l’endochrôme, n’est formé que par les chromatophores dont on constate l’existence, non seulement chez les Diatomées, mais encore chez un grand nombre d’autres cellules, d’abord dans toutes les cellules vertes des plantes, puis chez beaucoup d’organismes reconnus comme unicellulaires. Tels sont beaucoup d’infusoires flagellés, comme les Dinobryiens, par exemple, qui possèdent de chaque côté de la cellule unique qui constitue leur corps, une plaque colorée en jaune brunâtre, comparable aux plaques d’endochrôme de beaucoup de Diatomées, comme les Navicula.

Quant à la complexité de la cellule qui. forme le corps des Diatomées, elle ne saurait non plus présenter un argument contre l’attribution de ces petites plantes à la classe des organismes unicellulaires. Celte complexité, d’ailleurs, n’est pas si grande qu’on peut le supposer ; elle réside en entier dans la faculté dont est douée la cellule diatomée de sécréter une carapace siliceuse qui double la membrane cellulaire d’une couche minérale indestructible et qui est pourvue de détails de structure, stries, perles, diaphragmes, pores, nodules, etc. fort compliqués, mais constants pour chaque espèce.

Mais, quand on compare ces détails de structure à ceux qui sont réalisés

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