XIII. DESCRIPTION
dule médian qui tantôt existe, tantôt fait défaut, elle établit bien évidemment une transition entre les Naviculées et les Amphiprorées, d’une part, et les Surirellées, d’autre part.
Mais, en même temps, c’est peut-être un des groupes des Diatomées qui nous montrent le mieux, ce qui est ressorti d’ailleurs de l’exposé que nous avons fait des précédentes tribus, et ce que le professeur L. Marchand a si bien exposé dans son ouvrage magistral sur la Botanique Cryptogaynique, à savoir qu’il ne faut pas chercher à établir entre les êtres une dérivation en série unique ou linéaire, pour ainsi dire, mais des relations rayonnantes. Parmi les Diatomées pas plus que chez les autres organismes, on ne peut partir d’une forme déterminée pour aboutir, par une série unique de modifications, à une autre forme donnée. Une espèce, un genre, une famille donnent des formes qui .se modifient dans des sens divers, comme en rayonnant autour d’eux, et ces formes constituent des passages à autant d’espèces, de genres ou de familles voisines.
Dans cette tribu, éminemment polymorphe, des Nitzschiées, nous voyons certains groupes tendre naturellement vers les Amphiprorées, tandis que d’autres, sautant pour ainsi dire par dessus cette tribu, semblent s’allier directement aux Naviculées, et même à certains genres de cette dernière tribu, aux Pleurosigma par exemple. D’autres encore vont même chercher des ressemblances, plus lointaines il est vrai, avec d’autres types, Epithemia , Tabellaria , etc., alors que d’autres, enfin, ménagent le passage naturel aux Surirellées.
Dans la tribu elle-même, il n’est pas possible de suivre entre les trois genres qui la composent, une ligne unique de l’un à l’autre. Nous voyons la carène, dont la position constitue un des caractères dominants, parce qu’elle est plus facile à constater que tous les autres, émigrer de la ligne médiane à l’extrême bord, non pas d’une manière graduelle et continue, mais par à-coups , avec des sauts brusques et des retours en arrière. De sorte que dans un même groupe de Nitzschia, certaines espèces tendent vers les Bacillaria , (qui d’ailleurs ne sont, par les caractères tirés des valves, que des Nitzschia) tandis que certaines autres dérivent vers les Tryblionella.
Enfin, parmi ces Tryblionella eux-mêmes, certaines espèces établissent, comme nous l’avons vu, une transition bien nette avec la tribu des Surirellées.
DESCRIPTION DES PRINCIPALES ESPÈCES (Suite)
7e Tribu.
SURIRELLÉES
§ 1. — Caractères.
Les Surirellées constituent une remarquable tribu, qui se rallie aux Nitzschiées, quant à la forme extérieure, par le genre Tryblionella, dont plusieurs espèces présentent des analogies frappantes avec certains Surirella. Mais, pour l’organisation intérieure de la cellule, c’est surtout de ceux des Nitzschia dont la lame endochrômatique présente une longue fente à son milieu, que se rapprochent les Surirellées.
Fig. 286. — Coupe schématique du Surirella ovalis.
Dans cette tribu, en effet, l’endochrôme est disposé en deux lames distinctes qui doublent chacune des valves et qui manquent sous les connectifs. Nous avons vu que, chez beaucoup de Nitzschia , la lame unique qui double un des connectifs et les deux valves adjacentes peut être percée d’une ouverture plus ou moins grande sous ce connectif. On n’a qu’à supposer que cette ouverture s’est étendue dans toute la longueur de la plaque endochrômatique et l’a séparée complètement en deux parties, dont chacune se trouve, naturellement,