XIV. DESCRIPTION
placée sous une des valves, et l’on a, réalisée, la disposition de l’endochrôme dans les Surirellées.
Ajoutons que chez ces dernières, il y a deux carènes ou ailes sur chaque valve, carènes qui longent les bords de la valve et peuvent faire fortement saillie, comme dans la plupart des 8 urirella, ou n’être guère représentées que par une rangée de grosses perles marginales, comme dans les Cymatopleura. Il n’y a ni raphé proprement dit, ni nodules, mais ordinairement une ligne plus ou moins distincte, un pseudo-raphé, qui coupe les valves suivant leur axe longitudinal. Il y a, le plus souvent aussi, des côtes saillantes qui divisent les valves transversalement de chaque côté du pseudoraphé.
Les frustules sont ordinairement libres, minces sur leur face connective, souvent plats, mais parfois courbés en selle de cheval, comme dans les Campylodiscus , ou tordus en spirale autour de leur axe longitudinal, comme chez le Surirella spiralis.
M. P. Petit établit parmi les Surirellées quatre genres : Cymatopleura, Campylodiscus , Surirella et Podocystis.
Cette tribu des Surirellées comprend des espèces qui comptent parmi les plus élégantes et les plus admirables de la famille des Diatomées. Les quatre genres qui la composent se relient entre eux de la manière la plus naturelle, et les espèces, qui présentent dans chaque genre les affinités les plus proches, ont en même temps des caractères qui ne permettent jamais de les méconnaître. Est-il, en effet, dans la création microscopique, rien de plus joli que les Surirella, dont le type domine tout le groupe, rien de plus charmant à étudier? Ce sont des valves à peu près elliptiques, relevées sur leurs bords par une série d’ondulations que le mot scientifique de « côtes » n’exprime pas suffisamment. On dirait les plis d’un col ou d’une fraise relevés et tuyautés au fer. Ce tuyautage, formé de plis arrondis, plus ou moins hauts et plus ou moins longs, semble fait sur une étoffe rayée elle-même de lignes perlées d’une infinie délicatesse. La surface de cette étoffe, la valve, peut présenter de larges ondulations transversales ou bien être deux fois repliée en selle de cheval, ou même tordue en spirale sur elle-même.
Et, la structure restant foncièrement la même, la variété de ces dispositions suffit pour établir des genres et des espèces parfaitement définis, sans compter un grand nombre de ravissantes variétés, La surface présentant de larges ondulations transversales, avec un tuyautage très fin qui ne forme sur les bords qu’une série d’élevures à peine allongées transversalement et séparées par une série de creux, indiquera toutdesuite un Cymatopleura. La valve, arrondie, non plus ondulée, mais côtelée sur les bords, et recourbée en selle, indiquera un Campylodiscus . Allongée, non plus recourbée en
selle, tuyautée sur ses bords et plus ou moins près de la ligne médiane, c’est un Surirella. En forme de coin, plane, rayée transversalement de nervures perlées, c’est un Podocystis.
Tels sont, en quelques mots, les caractères immédiatement reconnaissables qui permettront de distinguer à première vue les genres de la tribu des Surirellées, caractères que nous avons à examiner maintenant de plus près et, comme on dit, plus scientifiquement.
8 2. — Cymatopleura
Les Cymatopleura ont pour caractères distinctifs, outre ceux qui appartiennent à la tribu tout entière, de présenter des valves elliptiques plus ou moins allongées, et ondulées sur leur surface,
Fig1. 287. — Cymatopleura solea, W. Sm.
1, face valvaire; 2, face connective.
non plus longitudinalement comme les Tryblionella , mais transversalement. Ces ondulations sont d’ailleurs très fortes, et l’on en voit nettement le profil quand on examine les frustules par la face frontale ou connective. Dans certaines espèces ces ondulations, plus ou moins nombreuses, peuvent être opposées les unes aux autres, de sorte que le frustule, vu par la face connective, présente une série de renflements alternant avec une série d’étranglements ; mais elles peuvent aussi être alternées, les parties saillantes sur une valve correspondant à des parties rentrantes sur l’autre valve, de sorte que la face connective présente un aspect serpentant.