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III. STRUCTURE MICROSCOPIQUE DES DIATOMEES

voyons toujours. A côté de ces espèces, il y en a une série d’autres, voisines, présentant une structure semblable, mais de plus en plus fine ; ce n’est que dans les derniers spécimens de cette série, où les détails deviennent extrêmement fins, que l’on pourrait avoir des doutes sur la réalité des images et supposer qu’elles ne sont, peut-être, que des effets de diffraction. Mais, comme entre ces dernières espèces et les premières on trouve tout une suite de formes intermédiaires, dont la structure est certaine et analogue, on est conduit à admettre par analogie, et avec une raison qui paraît suffisante, que la même structure existe bien aussi, quoique de plus en plus fine, sur les derniers termes de la série, et telle que les objectifs actuels nous la montrent en effet.

D’ailleurs, même sur ces tests difficiles, la structure se montre toujours la même, pour une même espèce, quel que soit l’objectif que l’on emploie, dès qu’il présente des conditions optiques suffisantes pour la résoudre. — Avec des objectifs d’ouverture numérique et de grossissements différents, on voit la structure ou on ne la voit pas : si on la voit, elle est plus ou moins distincte, mais elle est la même, dans les mêmes conditions d’éclairage et de milieu.

Nous croyons donc que la structure des Diatomées, telle que nous la voyons sur les espèces aujourd’hui connues, est une structure réelle, bien que nous pensions, avec M. J. Deby, qu’il est toujours utile de se rappeler les phénomènes mis en lumière par le professeur Abbé à propos des effets de la diffraction et des images illusoires, surtout quand il s’agit d’interpréter des faits nouveaux.

Nombre et constance des stries. — Une question se présente maintenant à laquelle il nous paraît qu’il n’est pas encore possible de répondre d’une manière complète et certaine.

Le nombre des stries sur tous les individus d’une même espèce est-il c onstant?

Si tous les individus d’une même espèce avaient la même taille, on pourrait jusqu’à un certain point préjuger la question et admettre que le nombre de stries ne doit pas changer, ou sans doute, fort peu, sur leurs valves ; — bien que, cependant, les Diatomées se présentent comme des organismes très sujets aux variations, et peut-être serait-ce non pas les individus d’une même espèce que l’on devrait comparer, mais ceux d’une même variété.

Mais les individus d’une même espèce et d’une même variété, ceux qui descendent d’un même frustule par des divisions successives, peuvent avoir des tailles très différentes, comme on le sait, et varier du simple au double.

Un frustule strié, double d’un autre, présente-t-il sur ses valves un nombre double de stries, celles-ci ayant le même écartement sur les deux

frustules ? — Ou bien présente-t-il le même nombre de slries, celles-ci étant deux fois plus écartées que sur le petit frustule ?

La réponse à cette question n’est pas, disons-nous, complètement certaine, car les différents auteurs ne sont pas d’accord sur le nombre des stries qu’ils indiquent pour une espèce donnée. Nous-mêmes, nous avons, il y a quelques années, compté les stries sur les valves de quelques Diatomées tests et si les chiffres auxquels nous sommes arrivé s’accordent a peu près avec ceux que donne M. H. Yan Heurck, ils ne ressemblent pas du tout à ceux qu’a trouvés M. Castracane, de Rome, qui a fait tout un long travail sur ce sujet.

Nous n’élevons aucune prétention sur la valeur de nos chiffres, ayant tout simplement fait le comptage, à l’œil, dans le microscope, à l’aide d’un micromètre objectif comparé avec un oculaire divisé, par un procédé bien connu et tout-à-fait classique. Noms pensons, néanmoins, qu’il y a dans le nombre des stries des différences individuelles, particulièrement dans le groupe si éminemment variable des Naviculées dans lequel un si grand nombre d’espèces s’accompagnent de tant de variétés.

Toutefois, d’après l’accord des diatomistes à indiquer le nombre des stries dans une longueur donnée comme un caractère pouvant servir à différencier certaines espèces — ou variétés — voisines, il est évident que la plupart de ces auteurs voient dans ce nombre un élément d’une certaine fixité.

Ainsi, une partie de la question que nous posions tout-à-l’heure se trouve résolue, c’est-à-dire que le nombre des stries serait très variable sur les différents individus d’une même espèce, suivant leur taille, et qu’un frustule de grandeur double présenterait sur ses valves un nombre total double, ou à peu près, de stries, tandis que le frustule deux fois plus petit en présenterait à peu près deux fois moins dans sa totalité. — Ce qui serait fixe, ou à très peu de choses près, c’est le nombre de stries dans une longueur donnée, et l’on emploie ordinairement le centième de millimètre comme mesure.

Nous disons « à peu près, » parce que tout en reconnaissant la constance du nombre des slries dans une longueur égale prise sur les valves d’individus de la même espèce, nous admettons néanmoins une certaine variation due aux différences individuelles.

C’est ainsi que M. H. van Heurck indique 34 à 35 stries dans 1/100 de millim. sur le Frustulia saxonica , il en Irouve environ 28 sur e Navicula rhomboïdes , alors que M. Castracane en indique 24 ; il en compte 23 1/2 à 26 sur le Nitzschia sigmoïdea , alors que M. Castracane n’en trouve que 10 1/2.

Nous n’insisterons pas davantage sur celte question; comme nous le disions plus haut, la solution en est encore un peu douteuse, et nous ne pouvons la formuler qu’en disant que le nombre des slries sur un espace donné est considéré comme fixe dans une même espèce, avec des varia-

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