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INSTRUMENTS ET PRODUITS

Le matériel pour le montage des Diatomées en préparation n’est ni compliqué ni dispendieux.

L’appareil le plus important est un petit support métallique, formé d’une tige de fer verticale sur laquelle glissent un ou deux bras terminés par un anneau. On peut fixer ces bras à une hauteur voulue, à l’aide d’une vis de pression, de manière à rapprocher ou éloigner l’anneau de la flamme d’une lampe à alcool ou à gaz qu’on place par-dessous. C’est, en somme, un instrument qu’on trouve dans tous les laboratoires, mais on doit le choisir de petite taille pour qu’il soit moins encombrant, et l’anneau doit être assez mince, pour ne pas absorber trop de chaleur, et de faible diamètre.

Sur l’un de ces anneaux on pose une plaque de fer assez épaisse pour qu’elle ne se gondole pas en se dilatant par la chaleur, 5 millimètres par exemple. On se munit aussi d’une petite lame de platine dont on replie les angles par dessous. Cette lame pourra être posée aussi sur un anneau du support.

Quelques pinces fines, parmi lesquelles on peut en avoir une munie d’un anneau de serrage qui permet de chauffer directement la lame de platine en la tenant à la main avec la pince ; tels sont, avec quelques aiguilles tous les instruments nécessaires.

On se servira, d’autre part, de lames et de lamelles très propres, et l’on choisira les lamelles ou covers aussi minces que possible afin de pouvoir étudier les préparations avec des objectifs à court foyer.

Les lamelles minces rondes sont plus commodes que les lamelles carrées, parce qu’on peut faire les cellules avec la tournette, ce qui est plus commode et plus expéditif.

On préparera, en effet, d’avance un certain nombre de lames de verre sur lesquelles on aura tracé avec du bitume de Judée, du vernis au blanc de zinc, à la gomme laque ou autre, un cercle de

MONTAGE DES DIATOMEES

même diamètre, ou un peu plus grand que le cover qu’on veut employer. — Tout le monde sait comment on trace ces cellules à l’aide de la tournette et la vue de l’instrument suffit à apprendre comment on s’en sert. Ajoutons seulement que les tournettes à centrage automatique, c’est à dire dans lesquelles la lame de verre se place de manière à ce que son centre coïncide toujours avec le centre du plateau tournant, sont préférables aux autres ; en effet, la même lame y reprend toujours exactement la même position, de sorte que les différentes couches que l’on veut donner à une cellule tombent toujours exactement les unes sur les autres (fig. 71).

On doit faire les cellules, avec le vernis qu’on aura choisi, vernis au bitume, au blanc de zinc ou autre, plusieurs jours ou même plusieurs semaines d’avance et laisser sécher les lames de verre ainsi préparées à l’abri de la poussière. Ces cellules serviront pour monter les Diatomées à sec et dans un liquide conservateur.

Vernis au bitume de Judée

On le prépare en réduisant en poudre du bitume de Judée de bonne qualité et en versant par dessus de la benzine ou de l’essence de térébenthine. On agite avec une baguette de verre et on ajoute le liquide peu à peu jusqu’à ce que la solution ait la consistance d’un sirop un peu épais. On peut y mettre un peu de cire pour l’empêcher de se fendiller par la dessication.

Vernis au cojpal.

On dissout de la résine copal dans de l’essence de lavande, en ajoutant de la résine et de l’essence jusqu’à consistance convenable.

Baume du Canada.

Le Baume du Canada est la résine de YAbies canadensis. On l’emploie souvent tel qu’il se trouve dans le commerce. Il ne faut pas qu’il soit trop fluide ni trop filant.

On peut aussi s’en servir à l’état de dissolution dans l’essence de térébenthine ou dans le chloroforme.

Pour la préparation des Diatomées, le baume est préférable sans essence.

La solution de baume du Canada dans la benzine remplace avantageusement le vernis noir au bitume pour la confection des cellules.

Résine Damar.

On dissout la résine broyée dans l’essence de térébenthine ou le chloroforme, en donnant au mélange la consistance du baume du Canada.

Térébenthine de Venise.

Elle s’employe comme le baume, c’est la résine de YAbies pectinata.

Vernis à la gomme laque.

On dissout la gomme laque dans l’alcool absolu.

Mixtion des doreurs ou gold-size.

On trouve ce produit chez les marchands de couleurs. Il s’emploie comme le vernis au bitume. Il est long à sécher.

Vernis au blanc de zinc .

Le blanc de zinc est d’abord lavé dans la benzine. On fdtre, et avant que la matière soit complètement sèche, on la broie dans une solution épaisse de résine Damar dans la benzine.

Styrax , Liquidambar

Le Dr H. van Heurck a introduit, depuis quelques années, dans la technique le styrax (1) qui est la résine du Styrax orientalis , et le liquidambar, résine du Liquidambar styraciflua , pour, remplacer le baume du Canada.

Le styrax du commerce est étendu , d’abord en couche mince sur des assiettes et exposé à l’air et à la lumière jusqu’à ce qu’il soit devenu assez dur et qu’il ait perdu l’eau qu’il contient; après quoi, on le dissout dans un mélange à parties égales d’alcool et de benzine ou d’éther sulfurique et d’alcool absolu. Et l’on filtre au papier. On peut aussi le dissoudre dans le chloroforme (1). Son indice de réfraction est 1,64 (Raie D) (2).

Le liquidambar, difficile à trouver dans le commerce ordinaire, se prépare de la même manière, et en solution dans la benzine ou le chloroforme.

Nous indiquons plus loin les procédés de montage employés par 31. H. van Heurck avec le styrax et le liquidambar.

Baume de Tolu.

C’est la résine du Balsamodendron toluifera.

Récemment introduit aussi dans la technique, M. J. Brun le

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(1) . H. van Heurck. Syn. des Liât, de Belgique, p. 29.

(2) . J. Brun. Utilisation et valeur réelle des médiums. Journal de Micrographie. T. XI. 1887, p. 182.

VI TECHNIQUE DES DIATOMEES

prépare en le faisant bouillir pendant longtemps dans une grande quantité d’eau et en le dissolvant dans la benzine rectifiée. On filtre et on laisse dessécher complètement la solution. Le résidu est enfin dissous dans l’alcool ou dans le chloroforme. Le liquide doit être limpide et concentré. L’indice de réfraction du baume de Tolu mou est 1,64 (raie D) et 1,72 pour le baume sec. Il est donc supérieur à celui du styrax.

Fig. 73. — Tournette à centrage automatique, de W. Bulloch. Milieux à haut indice

Dans ces dernières années, différents naturalistes ont cherché à produire des liquides, solidifiables ou non par le refroidissement, dont l’indice de réfraction soit supérieur à celui du baume. C’est ainsi qu’on a employé :

La naphtaline monobromée, (voir p. 136).

Les solutions de soufre et de phosphore dans le sulfure de carbone,

Le sulfure d’arsenic sublimé,

L’arsénite d’antimoine dissous dans le chlorure d’arsenic,

L’acide arsénieux dissous jusqu’à saturation dans une gelée formée de bromure d’antimoine dans la glycérine; (indice 1,80 à 2,00),

L’acide arsénieux dissous dans une solution de sulfure d’arsenic (réalgar) dans le bromure d’arsenic; (indice = 2,30 à 2,40).

Toutes ces substances, très désagréables à manier, parfois même dangereuses, n’ont pas grande valeur parce qu'elles ne sont pas stables et toutes celles qui renferment de l’arsenic, notamment, qui sont vitrifiables, (c’est sur cette propriété qu’est fondée leur emploi), éprouvent plus ou moins rapidement une dévitrification avec formation d’un magma de. cristaux dans lequel la préparation est perdue. Ou bien, comme elles sont très avides d’eau, elles absorbent l’humidité de l’air et deviennent opaques.

Nous pensons donc qu’il n’y a pas grand intérêt à se servir de ces diverses substances, à moins que ce ne soit pour quelque recherche extemporanée et qu’on ne tienne aucunement à conserver les préparations.

Liquides conservateurs

Eau camphrée. — L’eau camphrée est un des meilleurs liquides pour conserver les algues, en général, et les Diatomées, en particulier, dans les préparations.

On l’obtient en versant goutte à goutte de l’alcool camphré dans de l’eau distillée. A chaque goutte, il se produit un trouble ; on agite avec une baguette de verre et le léger précipité de camphre se dissout. On opère ainsi jusqu’à ce que l’eau devienne définitivement opaline, la dernière goutte d’alcool camphré ne se dissolvant plus par l’agitation. On filtre alors sur le papier, et l’on conserve pour l’emploi le liquide filtré.

Chlorure de calcium. — On prépare une solution avec 3 grammes de chlorure de calcium pur dans 100 grammes d’eau distillée. — On filtre et l’on ajoute une goutte d’une solution d’acide phénique pour empêcher le développement des moisissures.

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