MONTAGE A SEC
Le montage des Diatomées à sec, c’est à dire sans l’intermédiaire d’aucun milieu, est le procédé le plus rapide.
Autrefois, on se bornait à déposer sur une lamelle couvre-objet bien propre une petite quantité des Diatomées destinées à être montées bien lavées, d’ailleurs, et conservées dans l’eau ou dans l’alcool. On prenait une gouttelette du dépôt diatomifère, à la
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pointe d’un pinceau ou avec une pipette, et on ladéposait au milieu de la lamelle. On répartissait le mieux possible, avec une aiguille, la matière sur la lamelle, et on laissait sécher à l’abri de la poussière; ou bien, l’on hâtait la dessication en approchant la lamelle de la flamme d’une lampe à esprit-de-vin. Le liquide étant complètement évaporé et la lamelle bien sèche, les Diatomées restaient adhérentes au verre. Il suffisait alors de déposer cette lamelle, la face chargée de Diatomées tournée en dessous, sui; une cellule tracée depuis longtemps à l’avance sur une lame de . verre et bien sèche ; on s’arrangeait de manière que le cercle de bitume ou autre vernis formant la cellule dépassât un peu les bords de la lamelle. Alors, en exerçant sur celle-ci une douce pression avec la pointe d’un canif ou d’une aiguille, on déterminait l’adhérence de la lamelle avec le cercle de vernis. Ou bien, on déposait sur le couvre-objet un petit disque, de plomb agissant de même par son poids. L’adhérence étant obtenue, il ne restait plus qu’à terminer la préparation en recouvrant les bords de la lamelle d’un cercle de vernis les dépassant un peu et se confondant avec celui de la cellule. La préparation se trouvait ainsi fermée.
Actuellement, on préfère employer le procédé de Brébisson, par le brûlage.
Si les Diatomées sont conservées dans l’alcool aqueux, on dépose avec une pipette une goutte du liquide diatomifère sur un couvreobjet bien propre placé sur la plaque de fer ou la lame de platine dont nous avons parlé antérieurement. On chauffe alors avec la lampe à alcool. L’alcool prend feu, et en brûlant répartit les matières sur toute la surface de la lamelle. Quand il a brûlé, on baisse la flamme et on laisse l’eau qui reste s’évaporer lentement.
Si les Diatomées à monter ne sont pas conservées dans l’alcool mais dans l’eau, on dépose une goutte du liquide diatomifère sur une lamelle placée sur la plaque de fer ou la lame de platine, et l’on chauffe doucement jusqu’à siccité, après avoir réparti le mieux possible les Diatomées sur la lamelle.
Dans l’un et l’autre cas, quand la lamelle est bien sèche, on chauffe au rouge la plaque fer et le couvre-objet qui y est placé, ou on le porte sur la lamelle de platine, et l’on chauffe au rouge.
Ce procédé permet de monter des Diatomées qui n’ont été traitées ni par les acides, ni par aucun des procédés employés pour détruire la matière organique, c’est à dire à l’état de ce qu’on appelle de9 matériaux crus. On comprend que la chaleur rouge détruit la matière organique qui noircit d’abord, puis brûle, et les frustuleS siliceux se trouvent parfaitement nettoyés. Toutefois, cette méthode serait insuffisante pour détruire la gangue organique et minérale de certains dépôts, et des guanos, en particulier. On ne peut l’employer
que pour les Diatomées séparées des matériaux étrangers et ne contenant à peu près que la substance organique qui leur est propre.
Cette calcination effectuée, on éteint la lampe, on laisse refroidir lentement et on dépose la lamelle ainsi chargée, les Diatomées en dessous, sur une lame de verre portant une cellule au vernis, tracée d’avance, et l’on opère en tout comme nous l’avons indiqué plus haut.
, Les Diatomées sont ainsi montées dans l’air pour milieu. En raison de la grande différence entre l’indice de réfraction de l’air et l’indice de la silice qui compose les frustules, les détails de ceux-ci seront plus faciles à voir et, par exemple, leurs stries plus faciles à résoudre. Néanmoins, ces avantages sont compensés par une notable perte de lumière par réflexion sur la face inférieure du cover, et une moindre admission de rayons lumineux dans l’objectif.
De plus, ces préparations sont fragiles.
M. H. L. Smith emploie ce procédé du brûlage sur des Diatomées qui n’ont pas été traitées par les acides, et, le plus souvent, la matière organique est ainsi parfaitement brûlée.
Les Diatomées à monter étant dans l’alcool aqueux, il prend avec une pipette un peu du liquide qui les contient et en dépose une goutte au milieu d’un couvre-objet très propre. — Il faut autant que possible employer des lamelles très fines afin de pouvoir se servir pour l’étude des objectifs à court foyer.