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I. HISTORIQUE

donna des figures qui permettent de les reconnaître aujourd’hui (Fig. 13).

L’exemple de de Candolle fut suivi par le grand algologue Agardh qui adopta le genre Diatoma, l’étendit et le fit entrer dans sa Synopsis Algarum (1817).

C’est en se plaçant à un tout autre point de vue que Nitzsch se livra à des recherches approfondies, et de tous points excellentes, sur la constitution de ces petites plantes dont il donna réellement les premières figures exactes dans son livre publié en 1817 (1). Il reconnut leurs formes, ob-

Fig. 13. — Diatomées figurées par Dillwyn dans les Bi'itish Confervæ (1809).

1. — Conferva pectinalis, Dill. ( Himantidium pectinale des auteurs modernes). — 2. Conferva flocculosa , Dill., Roth. ( Tabellaria ftocculosa, aut. mod.) — 3. Conferva nummuloides, Dill. (?) — 4. Conf. lineata ( Melosira lineata, aut. mod. — 5. Conf. fasciata, Dill. ( Melosira varians , aut. mod.).

Ces figures sont soigneusement copiées sur celles de Dillwin qui représentent ces Algues sous le « sixième pouvoir x> de son microscope, c’est-à' dire, à ce qu’il semble, 200 diamètres. Les ombres représentent l’endochrome coloré en vert dans les figures originales (2).

(1) D. Ch. Ludw. Kiizsch- B eitrdg e zur Infusorienkunde oder Naturbeschreibung der Zercarien und Bacillarien, avec 6 pl. sur cuivre, en couleurs. Halle, 1817, in-8°.

(2) F. Kitton. Notes sur les genres et les espèces des Diatomées compris dans les « British confervæ » de Dillwyn. ( Journal de Micrographie, T. VIII, 1883, p. 526 et Sctence-Gossip, 1883.)

serva la multiplication des « bâtonnets » par division longitudinale, ce qui lui permit d'expliquer facilement la formation des filaments et des chaînes en zig-zag, et signala la persistance de l’enveloppe après la mort de l’organisme. Mais il en considéra le plus grand nombre comme de véritables animaux, en raison de leurs mouvements, tandis que d’autres étaient réellement des végétaux. Et cependant, parmi les espèces qu’il regardait comme des plantes, plusieurs sont douées de mouvement.

Puis, Lyngbye publia, en 1819, son Tentamen Hydrophytologiæ Da- ?iicæ, livre très important pour l’époque et dans lequel il décrivit beaucoup d’espèces Bacillariées nouvelles, remania et compléta les genres Diatoma , Fragilaria et Echinella. Ce dernier a disparu des classifications et renfermait des organismes qui ont été reconnus plus tard pour des œufs d’insectes.

Pour Lyngbye, toutes ces espèces appartenaient au règne végétal. Ce fut aussi l’opinion de Link et de Bonnemaison. Le premier décrivit en 1820 les deux nouveaux genres üydrolinum et Lysig onium ( Melosira et Schizonemci ), et le second, les genres Vaginaria et Spermogonia [Schizonema).

C’est alors que Bory de Saint-Vincent établit, dans le Dictionnaire classique d\ Histoire Naturelle, sa famille des Arthrodiées qu’il place comme intermédiaire entre les animaux et les végétaux, et dans laquelle il fait entrer les Achnanthes et plusieurs autres genres et espèces de Diatomées. Pais, il créa le genre Navicula qu’il rattacha à la famille des Bacillariées, laquelle, réunie aux Infusoires, forma son groupe des Psy-

CHODÉES.

« Mais, dit Külzing, tandis que Bory de Saint- Vincent fondait surtout ses genres sur les recherches des autres observateurs et que les quelques investigations qui lui sont personnelles portent trop l’empreinte d’une étude superficielle, les travaux de C. A. Agardh sur les mômes groupes sont plus approfondis. Dans son Systema Algarum (1824), cet auteur mentionne les Bacillariées comme un ordre spécial des Algues, sous le nom de Diatomées, et les classe mieux et plus complètement que ses prédécesseurs, dans les genres : Achnanthes , Frustulia, Meridion , Diatoma, Melosira, Schizonema, Gomphonema et Desmidium ». Ce dernier genre a, depuis, été séparé des Diatomées et a formé le type de la famille des Desmidiées.

Dans les années suivantes, le même naturaliste agrandit encore le cadre de la famille des Diatomées qui, en 1830, he comptait pas moins de 21 genres, la plupart conservés aujourd’hui, et contenant environ 116 espèces. Pendant ce temps, d’ailleurs, plusieurs botanistes éminents avaient enrichi cette famille de nouveaux genres et de nouvelles espèces : Gaillon, Link, Leiblein et surtout Greville (1827) et le célèbre botaniste Turpin, l’un des précurseurs de la théorie cellulaire et le créateur du genre Sur ire lia, en 1828 ; puis Gray, en 1832.

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