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VII. MOYENS D’ÉTUDE

l’image se forme, à la distance de la vision distincte, avec des rayons visuels divergents. Le premier acte répond simplement à la fonction d’une lentille grossissante ordinaire, tandis que le second répond à la fonction d’un télescope (avec un objectif de petite ouverture) auquel sert d’objet l’image virtuelle, à distance infinie, formée par le premier processus. »

C’est ainsi que se produit, autrement qu’on l’exposait, mais toujours par les lois de la réfraction, l’image générale donnant la forme et les contours de l’objet. Mais pour la production, dans l’image, des fins détails de structure de l’objet, interviennent des phénomènes de diffraction, analogues à ceux qui se produisent dans les réseaux .

On appelle réseau une surface présentant des bandes ou des stries extrêmement serrées, alternativement opaques et transparentes, telles qu’on les produit, par exemple, en traçant sur une lame de verre, avec un diamant, une série de raies très rapprochées, comme cela se fait dans la fabrication des micromètres ; les raies dépolies sont opaques, tandis que les espaces entre les raies sont transparents. Si l’on regarde un point lumineux, comme la flamme d’une bougie, à travers ce réseau, on ne voit pas seulement une flamme, mais une série d’images de la flamme, de chaque coté de celle-ci, sur une ligne perpendiculaire à la direction des stries du réseau. Et ces images sont étalées, colorées des couleurs du spectre, d’autant plus étalées et d’autant plus éloignées les unes des autres que les stries du réseau sont plus rapprochées. Ce sont des spectres de diffraction.

Fig-. 82. - Images de diffraction d'une flamme de bougie vue à travers

un réseau.

Or, pour qu’un objectif fournisse l’image des fins détails d’un objet, stries, ponctuations, — telles qu’il s’en trouve, par exemple, sur les Diatomées — il faut qu’il ait une ouverture suffisante pour recevoir, et faire concourir à la formation de l’image, le plus grand nombre de ces pinceaux diffractés par les détails de la fine structure. Et il faut admettre que plus l’objectif utilise de ces pinceaux diffractés, plus l’image qu’il fournit est conforme à l’objet, plus, par conséquent, l’objectif définit et résout.

Le prof. Abbé, à l’aide d’un objet ou test préparé artificiellement, une petite lame d’argent portant des lignes gravées à la machine à

diviser, test dont la structure est ainsi connue, a démontré que quand on arrête, avec des diaphragmes convenablement établis, tels ou tels des spectres de diffraction produits par le test, on obtient des images absolument différentes et dont aucune ne représente la réalité. Quant au pinceau central qui donne une image par réfraction, il ne fournit que la représentation de la forme générale, des contours du test.

Il en résulte que le même objet, à fine structure, peut fournir des images différentes selon l’objectif avec lequel on l’examine et des images qui peuvent ne pas représenter la réalité. De même, des objets différents peuvent, suivant l’objectif, donner des images semblables.

Et, en définitive, on n’est pas certain que l’image d’un objet vu avec le microscope représente cet objet tel qu’il est réellement (1).

Maintenant, peut-on espérer qu’en créant des objectifs à ouverture de plus en plus grande, admettant le plus grand nombre possible des spectres de diffraction fournis par un objet à structure très fine, on pourra arriver à distinguer, à résoudre , comme on dit, des détails de plus en plus fins de cette structure? — Non : il y a une limite à la visibilité. Ainsi, deux stries d’une Diatomée qui seraient à une distance l’une de l’autre plus petite que de millimètre ne pourraient plus être résolues et l’œil ne les séparerait plus. Cette limite de la visibilité a été calculée par Helmholtz qui a trouvé qu’elle est donnée par la formule.

2 sin jc

C’est-à-dire que s, la plus petite distance résoluble avec le microscope, est égale au quotient de la longueur d'onde X de la lumière dans laquelle on opère, divisée par le double du sinus de l’angle a que font les rayons incidents avec l’axe optique.

Ainsi, si l’on prend la partie la plus lumineuse du spectre, le jaune dans le voisinage du vert, la longueur d’onde a est 0mm, 00055 ;

(1) Consultez pour plus de détails, outre les ouvrages précédemment cités : Dippel. Bas Mikroskop und seine Anvoendung , 2 Ed. Braunschweig, 1882. Fr. Crisp. On the influence ofthe diffraction in Microscopie vision [Journ . Quekett Micr. Club , 1878).

E. Abbé. Ueber die Grenzen der geometrischen Optick ( Jen . Zeitsch. f. Natürwiss. T. XIV, sup. H. i, jena, 1881).

Fr. Crisp. Notes on Apetture, microscopie vision , etc. ( Journ . de Micro = graphie VI, 1882.

J. Pellétan. Théorie du Microscope, in-8°, 1888.

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