‹ Les "Dicts" du passantChapitre 16 sur 34 · EMPREINTES · texte numérisé non relu

EMPREINTES

mes la toile que le peintre fait vivre, nous sommes le marbre que le sculpteur anime.

Mais nous sommes aussi plus que cela; nous pouvons résister au fer, à la mer, au ciseau. Nous avons le pouvoir de nous refuser aux impressions malsaines, de nous fermer aux intrusions douteuses. Il est des empreintes qui nous corrodent dès leur apposition sur notre esprit et qui, si nous ne réagissons, nous brûlent et nous transpercent jusqu'à faire de nous des loques sans valeur.

La faculté nous est donnée de maîtriser notre sensiblité et de contrôler nos sensations. Nous avons la volonté. Voilà, le vrai maître. C'est le pondérateur et le régulateur de nos actes, c'est le souverain de l'intelligence qui n'est vraiment grande et forte que si elle reconnaît cette autorité.

Notre corps et notre âme sont les vassaux de notre volonté. La volonté n'existerait pas sans eux puisqu'elle n'aurait rien sur quoi régner, mais sans elle notre chair et notre esprit ne peuvent rien faire de certain ou d'absolu.

Nous sommes la cire molle où le fer chaud grave son empreinte, mais la volonté guide le fer et ne le laisse pas faire de la cire une masse informe et inutilisable.

Autres Pays...

Les allemands grognent. Je sais parfaitement »que vous savez aussi parfaitement que moi qu'ils grognent ; (c'est si beau de savoir que l'on sait au moins une chose!) mais je parierais mon Borsalino flambant neuf d'avant la guerre contre le feutre éreinté de Monsieur Clemenceau, que vous ne savez pas pourquoi ils grognent plus que jamais ces jours-ci.

"Or écoutez petits et grands Le récit de leurs accidents"

comme on dit dans "Le voyage en Chine"..

Autrefois le Danamark possédait une province du nom de Schleswig. Si votre femme tient absolument à ce que vous lui fassiez la lecture à haute et intelligible voix, je vous conseillerais de cracher avec vigueur lorsque vous arriverez sur ce nom. Vous aurez là la véritable prononciation, telle qu'imposée par l'Académie des inscriptions et belles-lettres. La province est toujours là, mais elle appartient aux allemands depuis environ un demisiècle.

Pourquoi et comment ? Je suis un peu rouillé sur le sujet. Tâtez donc là-dessus

104 u;s "DICTS"

mon ami le professeur d'histoire; il va vous débrouiller la question en einq-secs et vous prouver de façon aussi proéminente que béremptoire que les allemands ont pris le Sehl .... pardon, eette province danoise, parce qu'ils étaient plus fort que ces pauvres danois.

Mais, vous vous souvenez, nous avons eu la guerre, et enfin, comme jadis Malherbe, Foch vint, et avec lui la langue rendit au mot restitution son sens antique et véritable.

Les allemands doivent rendre jusqu'à ce Sehl. . . hum!., jusqu'à cette province enlevée aux pauvres petits danois. Seulement, il faut respecter les droits des petites nationalités dit un des quatorze points de M. Wilson : les habitants du . . . de la province conquise décideront eux-mêmes de leur sort.

Us choisiront entre l'Allemagne et l'ancienne mère-patrie.

Donc, il y aura bientôt plébiscite. Or, en Danemark, tout comme ici, les plébiscites,

de même que les élections, ne se gagnent pas avec des prières. Les danois font donc de la corruption électorale sur une grande échelle. Seulement, ils sont originaux, et ils distribuent aux Schleswigeois (tant pis, il est lâché!.) des saucissons, des jambons, des pommes de terre, des vêtements, des bottes et toul le fourniment pour se gagner leurs bonnes sfrâees et les attirer à eux.

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