PROPOS POLITIQUES
Fontaine lui-même le traite de belle façon".
— La Fontaine?!? (Ahurissement frénétique et prolongé.)
- — Mais oui, voyons. Tu dois te souvenir de ce qu'a dit le fabuliste: k%Ce "bloke" enfariné ne me dit rien qui vaille!!!!"
Vfc)
Variations
Les cordes chantent sons les doigts qui les caressent; leur voix mystérieuse murmure une mélodie douce comme l'amour, pure comme un baiser de vierge. Les sons ne semblent pas se détacher les uns des autres, ils ne s'égrènent pas un-à-un chacun ayant son entité propre, mais ils s'enchaînent sans fin, fondus et pénétrés, modalités différentes, nuances diverses d'une seule idée, plutôt que succession d'impressions musicales.
L'Ame s'émeut puis se grise de cet air qui ralentit quelquefois et côtoie la mélopée, mais qui reprend tout de suite sa cadence imperceptible et continue, humble et tendre, priant, suppliant, et riant soudain. Une gerbe sonore jaillit, qui s'épanouit sur le clavier, frémissant et montant toujours, pour retomber plus vite encore en une cascade perlée, rire limpide de la jeunesse et de la vie.
Puis, devant l'instrument qui vibre encore, le pianiste se redresse; il semble grandir; la tête droite, les yeux perdus au loin, il plaque des deux mains un accord magnifique, prélude lent et solennel.
Le thème se déroule, religieux d'abord.
C'est un chant de reconnaissance que tout un peuple clame, et l'on entend dans la basse les voix des grandes orgues qui grondent un hymne majestueux. Mais, le peuple se lève. il se presse de tous côtés; on se heurte, on se bouscule, on crie, on chante, on vocifère: voici le triomphateur. Les fanfares rugissent, les hommes d'armes se font un chemin à travers la foule, les cavaliers, sur leurs chevaux fumants, passent lances au poing, et soudain debout sur son char, apparaît le vainqueur.
Il est couronné de lauriers, et sa cuirasse d'airain disparaît sous les fleurs, mais sa main tient le redoutable glaive, et il s'avance, rigide et fier. Les trompettes sonnent toujours et le peuple règle son pas sur l'air guerrier qu'elles reprennent sans fin. Les chants s'amplifient, grandissent, et finissent par éclater en tonnerre, clameur immense de triomphe, de gloire d'un peuple qui a vaincu ses ennemis.
Les derniers grondements s'en vont, faiblissent, meurent. Celui qui nous fait vivre ce spectacle, lentement, courbe la tête; les yeux clos, il laisse errer ses doigts sur le clavier. La soirée, s'achève; dans la demi-obscurité de la pièce, nul bruit. Dans l'intimité qui nous réunit, nous n'avons nul besoin d'exprimer nos sentiments; celui qui est là, devant les touches d'ivoire, parle pour nous tous, et nos âmes n'en font plus qu'une.
Elle pleure maintenant, notre âme. Les