LE PUR DON
cesse de Lui. Les doctrines des hommes sont perverses, elles sont méchantes et destructives, elles dessèchent l'âme et font de l'esprit un "désert aride et sans eau."
Depuis l'origine des siècles que le monde cherche la sagesse et il ne l'a point trouvée. Philosophie, amour de la sagesse, dit le monde, et il bâtit des systèmes et il prêche des doctrines qui triomphent un jour pour s'écrouler le lendemain. Et la tâche est toujours à recommencer.
Elle tient en peu de chose, la vraie sagesse; elle tient en ces deux préceptes du Christ: Aime Dieu par-dessus toutes choses et ton prochain comme toi-même pour l'amour de Dieu.
Les hommes ne pourront jamais trouver mieux que cela et tant qu'ils ne voudront pas croire à cela ils seront plongés dans les ténèbres de l'erreur.
Aimez Dieu, petits enfants, jeunes hommes, et s'il vous demande le sacrifice de tout votre être, faites-le tout entier, en pur don.
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Apaisement
L'ouragan a fui. Comme un bolide qui renverse tout en sa formidable ruée, il a passé sur la nature. Les arbres ont gémi sourdement et se sont cramponnés au sol de toutes les forces de leurs racines. Le firmament est devenu noirâtre, jaunâtre, sale, hideux. De fulgurantes déchirures ont sabré l'horizon; la foudre a déchaîné son fracas de mort; la pluie s'est jetée lourdement sur la terre.
Mais l'ouragan a passé, l'ouragan a fui. Là-bas, bien loin, la poussière tourbillonne, des masses livides semblent prêtes à tomber du ciel et le tonnerre gronde sa menace. Mais le calme est revenu au-dessus de notre demeure. Quelques nuées passent encore làhaut, follement échevelées. Le soleil couchant, en sa lumineuse gloire, les embrase de ses derniers flamboiements.
Les arbres, en un relâchement complet, laissent pendre leurs branches. Les feuilles luisent, bien lavées. On les diraient toutes neuves et toutes fîères de leur belle apparence.
Le toit s'égoutte tranquillement, et rien n'est gai comme la chanson claire de l'eau qui tombe sur les menus galets. Il y a sur
les vitres une légère buée qui s'évapore petità-petit, et la diaphane vapeur monte en volutes capricieuses qui se dissipent tout-à-coup au jeu de la brise. Des moineaux effrontés pataugent dans la mare d'eau, à mes pieds, et piaillent à qui-mieux-mieux, en échangeant coups de pattes et coups de bec. Effarouchés soudain, ils s'envolent au peuplier voisin, qui sommeille déjà, dans la grisaille du jour qui finit.
Puis, tout est calme. Le soleil est disparu derrière le vaste rideau de la forêt, et l'étoile du soir clignote là-haut, toute seule. Nul bruit que le crissement inlassable des grillons. Le bleu sombre du ciel est sans tache. Sur la nature flottent les voiles de l'apaisement. Verlaine disait:
Un vaste et tendre Apaisement Semble descendre Du firmament.
Mon âme aussi s'est apaisée. L'ouragan a passé en elle et l'a ébranlée dans ses assises. Des abîmes sans fond sont montées d'effroyables flammes, qui font leur proie de tout. Les eaux limpides se sont troublées; elles ont été souillées d'une vase infecte, et des vagues écumantes ont secoué jusqu'à la frénésie le calme de la transparente surface. Tout l'être a été cinglé de sifflantes lanières, et des plaies béantes ont jailli des flots de