‹ Les dieux antiques; nouvelle mythologie illustree d'apres George W. Cox et les travaux de la science moderne, a l'usage des lycees, pensionnats, ecoles et des gens du mondeChapitre 39 sur 72 · LE PAYS DE L'IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

LE PAYS DE L'IMMORTALITÉ

PEASÉE, MYTHE GREC ET UTIN.

(Grec: Perseus.}

Persee est le grand héros d'Argos et le fondateur mystique de la dynastie des Perséides ou enfants de Persée. Héraclès appartenait à la famille de Persée : on nous présente sa mère Alcmène comme la petite-fille du héros.

L'histoire d'Héraclès a étéj cependantj racontée avant celle de Persée, parce qu'Héraclès n'est le descendant de Persée que dans la seule mythologie d'Argos. Chaque État ou chaque cité avait son propre fonds de traditions, dont aucune ne s'accordait de tous points avec celles des autres Etats ou des autres cités, et les légendes d'Héraclès se connaissaient au loin plus que celles de Persée ; elles servirent de fondement à l'histoire non seulement de ce dernier, mais de beaucoup d'autres héros. Vous voici donc prévenus que le conte de Persée est véritable-

3yGOOglC

PERSÉE. l65

ment la répétition du conte d' Héraclès (fig. 1 28), quoique le peuple d'ArgoSj jadis, n'ait point eu vent de cela. Des différences dans les noms des personnes et des lieux mentionnés obscurcirent les points de contact suffisamment pour faire paraître ces contes très-différents aux yeux de gens que rien ne portait à les examiner avec minutie ou plutôt avec un esprit critique. Héros particuliers à chaque cité, qui les honorèrent comme leur défenseur, Thésée à Athènes et Œdipe à Thèbes répondaient à Persée d'Argos, Les hommes de Thèbes, d'Argos et d'Athènes regardaient leurs légendes héroïques comme des histoires distinctes véritablement.

Le sont-elles? Point. Mais simplement la répétition du même conte, les nomsdes lieux

et des personnes changés, et ng las. — Heiaciii.

quelques-uns des accidents altérés.

Revenons à Persée, et d'abord à la fable de sa naissance. Acrtsios, roi d'Argos, fut averti, par l'oracle de Delphes, que si sa fille Danaé avait un fils, il serait, lui, tué par cet enfant. Aussi enferma-l-il Danaé dans une tour, mais Zeus y entra sous forme de pluie d'or; et Danaé devînt mère de Persée, Acrisios plaça Danaé et son nouveau-né dans un coffre que les vagues de la mer portèrent à l'île de Sériphos, La jeune femme et l'enfant, sauvés, furent traités avec bonté par Dictys, frère de Polydecte, roi de l'île. Persée grandit, doué d'une beauté et d'une force plus qu'humaines. Ses yeux étincelants et ses cheveux d'or le faisaient pareil à Phoïbos, seigneur

3vGooglc

l66 LES DIEUX ANTIQUES.

de la lumière. La destinée qui échut à Persée fut toutefois un lot de dur labeurj de peine et de danger, terrible enfin; mais que devait suivre une grande récompense. Voici. Le cruel Polydecte chercha à gagner l'amoar de Danaé ; et comme Danaé refusait, ce roi mit à son tour la princesse en prison, disant qu'elle n'en sortirait pas, à

Plg. 129. — T6tB de MJduse.

moins que Persée n'apportât la tête de la gorgone Méduse, l'une des trois filles de Phorcos et de Céto (iig. 1 29). Ses sœurs, Stheino et Euryale, étaient immortelles: mats, elle, était mortelle. La légende est belle : on dit que Méduse vivaitj avec ses sœurs, dans l'Ouest lointain, bien audelà des jardins des Hespérides, où le soleil ne brillait jamais: rien de vivant ne s'y faisait voir. Altérée d'amour humain et de sympathie, elle visita ses parentes les Grées, qui ne voulurent l'aider. Aussi quand Athéné vint du

3vGooglc

PEBSEE. 167

pays libyeDj implora-l-elle son aide; mais la déesse la lui refusa, alléguant que les hommes reculeraient devant la sombre mine de la Gorgone. Méduse avait dit qu'à la lumière du soleil sa face pouvait être aussi belle que celle d'Athéné; et la déesse, dans sa colérej répliqua que tout mortel qui regarderait ce visage serait changé en pierre. C'est ainsi que l'aspect de la malheureuse devint autre, et que ses cheveux furent des serpents qui s'enroulèrent et s'enlacèrent autour de ses tempes. Persée parvint à trouver le refuge de Méduse et plus tard à la tuer : pour cela les dieux l'aidèrent.

Mais n'anticipons point, Persée dormait encore sur le sol argien qu'Athéné se tint devant lui et lui donna un miroir dans lequel il vit, réfléchie, la face de Méduse; ainsi il était possible au héros de la reconnaître, car. Méduse elle-même, il ne pouvait la contempler et vivre. Quand il s'éveilla, il trouva le miroir à son côté, et sut que ce n'était pas un songe. Il voyagea vers l'Ouest avec bon espoir et, la nuit suivante, reconnut, dans son sommeil, Hermès, le messager céleste, qui lui donna l'épée tuant tout mortel qu'elle frappe: le dieu lui ordonna en outre d'obtenir le secours des Grées dans sa recherche ultérieure. Quand il s'éveilla, il prit avec lui l'épée et alla à la terre des Grées, oti Atlas supporte les piliers des hauts cieux : là, dans une caverne, il trouva les trois sœurs qui avaient un œil à elles trois, qu'elles se passaient l'une à l'autre. Cet œil, Persée le saisit; et par ce feit obligea les Grées à le guider vers la demeure de Méduse. Sur leur avis, il alla jusqu'au bord du fleuve océan coulantautour de la terre entière : où les nymphes lui donnèrent le casque d'Hadès, qui accorde à qui le porte le pouvoir

3vGooglc

l68 LES DIEUX ANTIQUES.

d'aller invisible, et un sac où mettre la tête de Méduse; puis les sandales d'or d'Hermès qui l'emporteraient plus prompt qu'un rêve sur la trace des sœurs Gorgones. Armé de la sorte, Persée s'approcha de la demeure de la Gorgone; et pendant le sommeil des trois sœurs, l'épée infaillible frappa et acheva la funeste vie de Méduse. Quand les immortelles Gorgones s'éveillèrent et virent l'une d'elles assassinée, elles s'élancèrent, dans une poursuite folle, après Persée; maisavecla coiffured'Hadès, il voyagea invisible ; et les sandales d'or le portèrent comme un oiseau par les airs. Il alla devant lui jusqu'à ce qu'il entendît une voix lui demander s'il avait apporté la tête de Méduse. C'était la voix du vieillard Atlas, supportant de ses épaules les piliers des cieus, à qui il tardait d'être soulagé de son terrible labeur. A sa prière, Persée lui montra la face de la Gorgone; et les membres rudes du vieillard se raidirent aussitôt, comme les arêtes aux flancs d'une colline; sa chevelure éparse ressembla à la neige qui couvre un sommet de montagne. Persée se dirigea vers la terre des Hyperboréens, qui 'ne connaissent ni jour ni nuit, ni orage, ni sécheresse, ni la mort; mais vivent joyeusement parmi de i>eaux jardins, oti les fleurs ne se fanent et ne disparaissent jamais. Le héros ne séjourna pas longtemps dans cette terre heureuse; il se rappela sa mère Danaé, en prison à Sériphos, et, une fois de plus, avec ses sandales ailées, fuit aux bords libyens. Sur un roc, il vit une belle jeune fille enchaînée, un grand dragon s'approchant pour la dévorer. Mais avant que le monstre saisît sa proie, l'infaillible épée l'abattit; et, ôtant sa coiffure, Persée se tint devant Andromède (fig. 'i3o). On célébra bientôt après

3vGooglc

Page 1