DÉDALE
captif; et comme on ne laissa point de vaisseaux sur la côte, Dédale se ^çonna une paire d'ailes et en fît une autre pour son iïls Icare, les assemblant avec de la cire. Dédale s'échappa ainsi en Sicile ; mais Icare monta trop près du soleil et, y fondant la cire de ses ailes, tomba dans la mer et se noya. On ne rapporte pas autre chose de Dédale, si ce n'est qu'il exécuta maints grands travaux d'art dans l'Occident. Que signifie son nom ? Simplement l'ouvrier rusé ou sage : et la même idée se retrouve dans l'épithète palamétis, appliquée constamment à Odyssée (l'Ulysse latin), lequel fit aussi de ses mains une belle chambre nuptiale à sa femme Pénélope. La sagesse de Dédale n'ost, de fait, qu'une autre forme de la sagesse de Phoïbos et d'Qidipe. Quant à Icare, voyez en lui un reflet faible de son p^re, comme Phaéton l'est d'Hélios, et Télémaque, d'Odyssée,
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BELLÉROPHON, MYTHE GIIEC ET LITIN.
(Grec: Bellérophôn.)
Le mot Beilérophon veut dire le tueur de Belléros {comme Hermès s'appelle Arguéiphontès, parce qu'il tue Argos); et pareil nom fut donné à HipponoôSj fils de Glaucos (l'éclatant ou le brillant]. Le père de Glaucos c'était Sisyphe, le hautain, dont le châtimentj dans le TartarCj est de rouler vers la cime d'une colline une pierre qui retombe immédiatement : de même que le soleil doit descendre aussitôt qu'il a atteint le plus haut lieu de sa course par les cieux.
La légende de Beilérophon est intéressante. Après avoir tué Belléros, le héros s'enfuit à la cour de Proïtos, dont la femme, Anté, se prit d'amour pour lui: mais il ferma l'oreille à ses insinuations, Anté se plaignit à Proïtos
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BELLEROPHON. 2o5
d'une tentative faite par Bellëropbon pour la corromprCj et Proïtos envoya le jeune homme à lobatÈs, roi de LydiCj avec des lettres chargeant ce prince de mettre le
porteur à mort. Ce qu'Iobatès ne voulut faire; mais il imposa à Bellérophon maints durs travaux. Bellérophon tua en conséquence la Chimère (Chimœra) qui avait la tête d'un lion, le corps d'une chèvre et la queue d'un dragon. L'exploit se fit avec l'aide du cheval ailé Pégase,
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2o6 LES DIEUX ANTIQUES.
que Bellérophon avait pris buvant à la fontaine de Piréne,
Autres liauts faits : il vainquit les Solymes et les Amazones (fig. i5i], et épousa ensuite la fille d'iobatés^ après quoi il essaya de s'élever au ciel sur Pégase; mais Zeus envoya un taon qui piqua le cheval et lui iît jeter bas son cavalier. Bellérophon ne se tua pas sur-le-champ, mais ses forces furent brisées,- et il mourut après- avoir erré seul, pendant quelque temps, dans la plaine aléienne. Voyons I se souvient-on de quelque autre histoire à laquelle ressemble celle-ci ? Les tâches imposées à BellérO' phon répondent exactement aux travaux d'Héraclès, de Persée, de Thésée, et à ceux d'autres héros. L'amour d'Anté qu'il repousse, c'est le délaissement de Brunehilde par Sigurd, ou d'Œnone par Paris. Après avoir tué la Chimère, il gagne son épouse, comme Œdipe gagne Jocaste après avoir conquis le Sphinx, et Persée se marie â Andromède après avoir tué le dragon libyen. La tentative de voler au ciel est la tentative faite par Phaéton de conduire le char d'Hélios, et celle faite par Ixion de posséder Héré. Le taon qui pique Pégase reparaît dans l'histoire d'Io. La chute de Bellérophon est la descente rapide du soleil vers le soir ; et la plaine aléienne représente cette vaste diffusion de lumière sombre à travers laquelle on voit quelquefois voyager le soleil, taciturne et solitaire, à son coucher,
Les détails abondent en la mémoire du lecteur et se relient tous en son esprit, au point où nous en sommes de notre étude générale; cela, on le voit, à propos du moindre cas, le présent, par exemple.
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SCYLLB, MYTHE GREC ET UTIN.
(Grec : Skulla.)
passe pour fille de Nîsos, Mégare. Ce qu'on raconte le voici. Elle s'éprit d'alour Minos, alorè qu'il vint ance de la mort de son fils Minos échoua dans tous pour prendre la cité; et pa sur la tête de Nisos les nneilles de cheveux, d'où a sécurité de la cité, Aus- \ sitôt que Minos eut les boucles en sa possession, Mégare fut prise; mais loin de payer de retour l'amour de la jeune femme, Minos la noya dans la mer; selon une autre histoire, elle fut changée en un poisson, que Nisos, changé en aigle, poursuivit aussitôt. Parlons de Minos : c'est un fils d'Europe et de Zeus, qui, dit-on, a été roi de Crète. Après sa mort, il devint avec Éaque et Radamanthe l'un des juges des morts. Le même que le Manu indien, fils de Brahma
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lo8 LES DIEUX ANTIQUES.
Pour la boucle magique de Nisos ou Nisus, elte représente les rayons d'or de PhœbuSj le dieu-soleil, qu'on appelle AkersékcoméSj ou l'être dont la tête n'a pas été touchée par le rasoir.
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lAM.
(Grec: lamos.)
in fils de Phoïbos et d'Elequel vit le jour sUr les e l'Alphée,
:e d' lam, Evadné, craignant
le son père ^pyptosj chef
i'enfuil; et Phoïbos envoya
s qui le gardèrent et le
i miel. jEpyptos trouva,
îues recherches, ce nour-
sur un lit de violettes; et
l'entant se montra bientôt possesseur
d'une merveilleuse sagesse : car, Phoïbos lui touchant les
oreilles, il put comprendre le chant des oiseaux. Sous
les eaux de l'Alphée, lam avait acquis le savoir de choses
cachées à l'esprit de l'homme. Sa descendance, les lami-
des, furent les voyants ou prophètes fameux à Olympie.
Cette légende ressemble à d'autres par plus d'un trait,
n'est-ce pas? L'exposition d'Iam^ petit, est la même que
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celle d'Œdipej de Persée, de Télèphe, et d'autres héros. Les serpents sont ici, tout comme autre part, les serpents de la nuit ; mais, dans .les phrases anciennes, la nuit apparaissait tantôt obscure et assombrie, tantôt aimable et charmante : et c'est ainsi que les reptiles, qui cherchent à piquer Héraclès, sont représentés nourrissant lam. La signification du nom d'Iam a été parfaitement conservée dans l'histoire du personnage; comme lole, Jocaste et d'autres, ce mot indique les teintes violettes du matin. Quant à la sagesse du héros, c'est la sagesse de Phoïbos, dont ce dieu ût don à son âls Asclépios et, d'une fajon restreinte, à Hermès; Médée en a sa part également.
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