II Reg., XXII
ae à
avec une précision très-exacte. Toutes n'étaient pas comptées au nombre des dieux proprement dits, et on regardait beaucoup d'étoiles comme animées seulement, sous les ordres des grands dieux, par des êtres surnaturels, des sortes d’esprits ou de génies (musedu), continuant toujours plus bas la chaîne des émanations, participant encore de l'essence divine, mais se rapprochant de l’humanité, par suite Se mêlant davantage à elle et à ses destinées.
Dans cette nouvelle sphère on rangeait les quatre classes principales de génies protecteurs : le Sed ou Kiroub (en accadien Alad), taureau à face humaine, le Lamas (en accadien Lamma), lion à tête d'homme, l'Oustour, d'apparence entièrement humaine, et le Naitig, a tête d’aigle ou de vautour perchoptère, dont le prophète Ézéchiel a adopté les types comme ceux des quatre êtres symboliques qui, dans ses visions, supportent le trône de Jéhovah et qui, de là, sont passés dans l'art chrétien, par l'intermédiaire de l’Apocalypse, comme les emblèmes des quatre évangélistes. Au-dessus étaient les archanges ou esprits supérieurs, divisés en deux groupes : les Igigi (nom d’origine accadienne) ou archanges célestes, nommés aussi « les Dieux cinq et deux », veillant sur les grands corps planélaires comme les Cabires de la Phénicie; les Anounna-irtsiti (en accadien Announa-ge) ou archanges terrestres, qui résident à l’intérieur de la terre. Une tablette de la bibliothèque de Ninive compte sept dieux magnifiques et suprêmes (sans doute ceux des deux plus hautes triades avec Belit), cinquante grands dieux du ciel et de la terre, trois cents esprits - des cieux et six cents esprits de la terre. L’admission de ces chœurs d’anges et de génies au-dessous des dieux avait permis de faire une place à la démonologie des vieux livres d’Accad et d’accepter au nombre des sciences sacerdotales la magie des âges antiques, qui ne connaissait pas les dieux devenus désormais les premiers.
Il suffit de lire l’exposé du système savant et habilement coordonné de la hiérarchie des dieux dans la religion chaldéo-babylonienne, tel que nous l’avons fait d’après les indications précises des textes et sans donner aucune place à la conjecture et à l'imagination, pour acquérir la conviction qu’il ne saurait être primitif et qu'il résume un puissant effort de pensée religieuse et philosophique,
Hs eu 7 a
lequel a dû demander plusieurs siècles de travail successif dans des
écoles sacerdotales. Et en effet, malgré ce qu'ont encore de bien incomplet, faute de documents assez nombreux, nos connaissances sur l’histoire antique de la Chaldéé avant le développement de la puissance assyrienne, elles sont suffisantes pour nous permettre d’affirmer que le système définitif de la religion chaldéo-babylonienne, avec sa hiérarchie divine et sa série d’émanations successives, est le résultat d’une grande évolution sacerdotale. Ce fut presque une révolution religieuse, qui offre plus d’un trait d’analogie avec la transformation que la vieille religion védique subit dans l'Inde sous l'action des colléges de Brahmanes. Elle fut de même l’œuvre d’un sacerdoce fortement constitué, rompu aux spéculations. les plus abstraites de la pensée et à la méditation des grands problèmes religieux tels qu'ils pouvaient se présenter à des esprits imbus d'une préoccupation
toute panthéiste, sacerdoce dont nous aurons à rechercher l’origine
et qui acheva de fonder par là sa suprématie religieuse. Et nous pouvons même fixer, dès à présent, la date approximative de 2,000 ans avani l’ère chrétienne, date de l’avénement de la dynastie d’Aganê, dans la Babylonie propre, dont Sargon I° fut le chef, comme celle où l’évolution religieuse que nous indiquons, ayant formé presque complétement son système, l’emporta d’une manière définitive et étendit son empire sur tout le pays. L'établissement d’une domination unique sur les provinces du sud et du nord, sur la Chaldée et la Babylonie, d’abord avec la dynastie d’Aganê, puis avec la nouvelle famille, intronisée par la conquête, que vint fonder Hammouragas (ou Hammourabi, il y a encore un doute sur la lecture de son nom), dut singulièrement en faciliter le triomphe et l’établissement. APR En effet, nous avons des monuments positifs de l’état antérieur de la religion. Dans les inscriptions assez nombreuses de l’ancien empire de Chaldée, qui sont parvenues jusqu’à nous, on n’entrevoit encore aucune trace de la systématisation savante de l'Olympe, qui se montre déjà dans les livres dont la rédaction est formellement attribuée à l’époque du premier Sargon. Les noms des dieux sont ce qu'ils resteront plus tard, mais ces personnages divins ne sont pas encore rattachés les uns aux autres par les liens du système théogonique que nous venons de développer, groupés et subordonnés dans les degrés d'importance et d’émanation d’une hiérarchie régulière. Leurs attributions sont beaucoup moins tranchées et moins distinctes