‹ Les dieux en voyageChapitre 111 sur 162 · SCÈNE LXIV DEUXIÈME INTERRUPTEUR (entrouvrant la porte. Air menaçant · texte numérisé non relu

SCÈNE LXIV DEUXIÈME INTERRUPTEUR (entrouvrant la porte. Air menaçant

APOLLON

Entrez.

DEUXIÈME INTERRUPTEUR

Quelle chaleur ! — je suis brisé. Monsieur Apollon, je ne vous ai pas tracassé jusqu'à ce jour — voici la note, elle est forte. En ce moment, vous me voyez à la veille d'une catastrophe : ma femme est malade — j'ai compté sur vous.

Je ne suis pas médecin.

DEUXIÈME INTERRUPTEUR

Malheureusement ! je n'aurais pas besoin de me saigner pour prendre un de ces messieurs. Total, 55 francs 20. Ma femme doit accoucher — nous attendons l'enfant cette nuit.

APOLLON

J'attends la fortune— mais la vie a bien de la peine à s'aliter, mon brave

monsieur Grégoire, (il retourne à sa table. Déclamant)

... 0 cœurs noyés d'oubli qui triomphez du sort... DEUXIÈME INTERRUPTEUR

C'est-à-dire que vous ne pouvez rien me donner ?

APOLLON

Que mes espérances — vous les connaissez.

DEUXIÈME INTERRUPTEUR

Votre oncle — un brouillard.

APOLLON

Dites un égoïste qui me laisse aux mains de mes persécuteurs.

DEUXIÈME INTERRUPTEUR

Pensez à moi — je suis père de famille, monsieur Apollon.

PREMIER INTERRUPTEUR

J'ai cinq enfants tout petits — ça mange comme dix.

Heureux pères qui pouvez suffire à tant de monde, quand votre serviteur ne suffit à rien, (u revient à sa table et lit)... « Vous faites les douleurs et les nuits lumineuses... »

(On frappe à la porte.)

Page 1