LE CHIEN, LE RENARD
à-dire qu'il estsusceptible d'agir d’après de simples instructions verbales ; il peut arriver à saisir la signification de mots articulés, même en dehors de l'intonation, de la mimique (V. Dictionnaire de physiol. de Ch. Richet, p. 820)j. Si, mieux que tout autre animal supérieur, il est capable de comprendre les intonations, les gestes et le langage de l’homme, mieux que tout autre aussi, il est à même d’exprimer à ce dernier ses idées simples, en faisant usage d’intonations et de gestes conventionnels (V. Romanes, l'Évolution mentale chez l'homme, origine des facultés humaines, p. 128).
La finesse du renard est proverbiale et son intelligence uniquement native, puisqu'elle n’est pas éveillée et encouragée par l’homme. On peut lire dans le journal Wature du 27 mars 1873, à la page 410, le fait suivant suffisamment caractéristique:
Un fermier regardant par sa fenêtre un matin d'été, vers trois heures, vit un renard traversant un champ devant lui, emportant un gros canard qu’il avait capturé. En arrivant à un mur de pierre d’environ 4 pieds de haut, le renard fit un effort pour le franchir en emportant sa proie ; mais il ne put y réussir et retomba dans le champ. Après trois tentatives sans résultat, il s’assit et considéra le mur pendant quelques minutes ; ayant apparemment pris son parti, il saisit le canard par la tête, et se dressant contre le mur avec ses pattes de devant aussi haut qu’il pouvait atteindre, il enfonça le bec du canard dans une crevasse du mur ; sautant alors sur le sommet, il se pencha et, saisissant sa proie, il la souleva et la rejeta de l’autre côté. Il n'eut plus alors qu’à sauter après son canard, et l'ayant ramassé il continua son chemin. |
Intéressés par les gros cerveaux, riches en circonvolutions, du marsouin et du dauphin, des naturalistes ont essayé d'assembler quelques faits les concernant ; mais le milieu dans lequel ils vivent les soustrait à tout examen minutieux et prolongé ; toutefois on a pu observer que la curiosité qui manque aux oiseaux, existe à un degré très marqué chez les marsouins, ce qui n’est pas sans importance, si l’on s’accorde à considérer la curiosité comme un signe d'intelligence d’un ordre relativement élevé.