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L'ÉLÉPHANT

VIIL. — L’éléphant est unanimement regardé comme le plus sagace des quadrupèdes, après le chien. Au nombre de ses facultés sensorielles, il possède un sens tactile très fin et doué de discernement ; des observations nombreuses attestent en outre son jugement et sa mémoire. Swaëinson raconte à son sujet l’histoire qui suit, attestée par les signatures de plusieurs témoins :

Un éléphant, qui avait été domestiqué depuis quelques années, s’échappa durant une nuit d'orage, et retourna à ses jungles natales. Environ quatre ans après, une grande bande ayant été capturée dans la Keddah, le gardien de l'éléphant perdu était, ainsi que d’autres natifs monté sur la barricade de charpente qui formait l'enceinte. Il s’imagina reconnaître son ancien élève au milieu des autres éléphants ; et, bien que ses camarades se moquassent de lui, il l’appela par le nom qu’il portait autrefois. A l'étonnement de tous les assistants, l'animal se dirigea vers lui. L'homme, ravi de l'événement, sauta de dessus la barrière, et, ordonnant à l’éléphant de se coucher, il monta à cheval sur son cou comme au temps jadis, et l’'emmena triomphalement à l'admiration et à la surprise de tous les assistants.

Mais cette intelligence remarquable est encore au-dessous de celle des quadrumanes. En effet, c'ez ceux-ci on rencontre des facultés variées d'apprécier les conditions environnantes et d’y conformer en quelque sorte leurs actions.

Au sujet des caïs ou capucins pleureurs, Reupger, cité par P.-M. Duncan (Cassells Nat. History, p. 184), rapporte les faits suivants :

La première fois qu’il donna des œufs à ces animaux, ils les bris èrent violemment et perdirent ainsi une grande partie de leur contenu ; mais ensuite, ils frappèrent doucement un bout de l’œuf contre quelque corps dur et enlevèrent avec leurs doigts les fragments de coquille. Il leur donnait souvent des morceaux de sucre renfermés dans du papier et s’amusa quelquefois à mettre dans le papier, au lieu de sucre, une guèpe vivante ; la première fois, ils s'étaient laissé

attraper, mais après, ils ne manquèrent plus de porter le paquet à

leur oreille pour tacher d’y découvrir quelque mouvement. Après s'être coupés une fois avec un outil tranchant, ils ne voulaient plus

le toucher ou le maniaient avec le plus grand soin.

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