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CAFÉ

Le café est l’antidote de l’opium. Si l’on peut donner le sommeil au moyen de l’opium, on peut provoquer l’insomnie avec le café.

Ce poison procure une excitation intellectuelle (dont certaines personnes arrivent à ne point pouvoir se passer), lorsqu'il est pris à dose raisonnable. L'énergie d’une dose de café, comme celle d’une dose d’opium, n’est pas proportionnelle à la quantité; elle dépend du degré d’accoutumance et du tempérament.

Pris à dose un peu forte, le café amène une extrême agitation et une anxiété des plus pénibles, une sorte de fièvre d’activité, différente de l’activité paresseuse de l’opium dans laquelle le mot semble assister paisiblement aux ébats de l’imagination.

Avec le café, cette imagination est à peine excitée; en revanche, on veut aller vite dans tout ce qu’on fait: on ne tient pas en place. De plus, il y a comme un effort continu de l’attention et de la mémoire, tandis qu'avec l'alcool, le hachisch, Popium, on éprouve un assoupissement de l'attention.

Le café a une propriété toute spéciale qui est de ralentir les combustions organiques ; c’est un aliment d'épargne, un aliment modérateur de la nutrition. Avec lui, la quantité d’acide carbonique expiré, qui est en quelque sorte l'expression de notre activité nutritive, diminue. Si l’on doit fournir une quantité de travail supérieure à celle à laquelle on est habitué, on n’a pas

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