‹ Les Difficultés du Traitement des Teignes TondantesChapitre 27 sur 37 · CALE · texte numérisé non relu

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truction, sans avoir égard à la variété des maladies dont ils sont atteints; ceci n'est pas non plus inutile à dire, car M. Béclère a également observé que, sur dix-sept entants entrés pour cause de pelade à l’école de Saint-Louis, sept, soit environ quarante pour cent, avaient contracté la {ondante à l’école même (1). On ne doit pas trop s'étonner de ces résultats. Tant qu’on ne sera pas parvenu à isoler dans des quartiers spéciaux de l’école les porteurs de pelade, de favus, de trichophytieet de tondante à petitesspores, ces maladies nes’exeluant nullement les unes les autres, la promiscuité engendrera toujours des cas intérieurs de contagion. Or il n'est guère possible de multiplier suflisamment le nombre des instituteurs pour organiser des classes à tous les degrés pédagogiques pour toutes les variétés de teignes. Peut-être pourrait-on établir au moins des séparations dans laclasse même, chaque espèce de teignese trouvant parquée sur des gradins séparés ; ilserait même à souhaiter que des subdivisions fussent établies entre les enfants, suivant la période du traitement à laquelle ils sont parvenus, car des malades presque guéris peuvent recevoir à nouveau le germe du mal d’un compagnon d'isolement.

Il faut tenir compte aussi de ce fait que si les élèves de l’école des teigneux s’exposent à des contagions réciproques, ce n’est pas toujours par négligence. Certains d’entre eux se trouvent bien dans cet établissement où le travail est moins pénible, la discipline plus douce, la nourriture meilleure

(1) Étant donné le peu de gravité relative de l’immense majorité des pelades,

une pratique nouvelle s'imposera certainement d'ici peu : celle de ne recevoir sous aucun prétexte les enfants peladiques dans les écoles de teigneux. Pour

ne pas leur faire perdre trois mois d’études, on les expose, comme on vient de le voir, à en perdre quinze ou davantage.

TRS que dans les conditions ordinaires de leur existence, et lorsqu'ils se voient sur le point d'être congédiés pour guérison, ils n'hésitent pas à assurer leur séjour à l’école par une réinoculation volontaire.

Cette question des malades contents de leur sort et ne voulant pas guérir est peut-être plus importante qu'elle n'en a l'air, car les parents, de leur côté, ne sont pas toujours peinés d’avoir un enfant traité gratuitement à l’école des teigneux, et l’on peut se demander si, en se généralisant, ce genre d’hospitalisation ne constituerait pas une prime véritable concédée à une maladie dont la cause seconde la plus fréquente est la sordidité. Ne verrait-on pas alors se produire une augmentation du nombre des tondantes, analogue à l’accroissement de la proportion des teignes faveuses, lorsque le favus était une cause d'exemption du service militaire ?

Mais il s’en faut que nous soyons présentement menacés de ce danger. L'école actuelle de Saint-Louis est trop petite pour répondre aux besoins du moment. L’agrandissement projeté, grâce à la Hibéralité du Conseil municipal de Paris, portera le nombre des admissibles à 400, ce qui sera encore insuffisant. Une seule école ne pourra jamais réunir les teigneux de tout Paris, car c'est dans les arrondissements les plus excentriques que la teigne frappe le plus d'enfants. Et nous pe parlons pas de la province. Il faudra donc, pendant longtemps encore, se contenter de l’hospitalisation sans école, offerte dans les quartiers de teigneux résérvés dans des hôpitaux généraux. Là aussi, il v aurait des réformes urgentes à effectuer.

I faut bien Le dire, dans certains établissements hospitaliers

MA GS admettant les teigneux, le service médical n’est pas fait d’une façon régulière. Le médecin des hôpitaux chargé du service, et dont nul ne songe à contester la haute compétence, a, en même temps, la responsabilité de plusieurs autres salles de médecine générale ; le temps matériel lui manque pour se livrer aux longs examens que nécessitent le diagnostic et le traitement des tondantes. Ces questions sont alors abandonnées à une surveillante, qui s'efforce de soigner de son mieux les enfants confiés à sa garde. On doit se féliciter alors quand l'habitude des pansements occlusifs lui a été suggérée par la pratique, car si, dans ces conditions, le traitement curatif est nul, au moins la prophylaxie est-elle un peu assurée.

Tant que les choses demeureront en cet état, il est évident que tous les efforts pour hâter la guérison des teignes resteront Lettre morte. Nous souhaitons que le mouvement provoqué par les récents travaux dont nous avons si souvent parlé rappelle lPattention du public médical sur ce point, et que l'élan nouveau donné à ces études amène promptement les

réformes nécessaires,

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