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tement d'entretien le plus souvent discontinu et souvent un régime et un rythme de vie modéré.
Le type de ces malades demi-chroniques est le cardiaque. Mais on peut ranger dans cette catégorie les rénaux, les paludéens, les tuberculeux stabilisés et beaucoup d’autres. La situation de ces malades soulève des problèmes angoissants. Si Pon ne s’occupe pas d’eux, ils risquent de devenir des infirmes définitifs : le cardiaque rapidement deviendra asystolique, et occupera pendant des mois un lit d'hôpital, le tuberculeux apparemment guéri fera une rechute, sera hospitalisé à nouveau, deviendra un {uberculeux évolutif, plus difficile à soigner souvent que lors de son premier épisode. Si au contraire on surveille ces malades, si on leur fournit des moyens d'existence adaptés à leur capacité de travail diminuée, ils peuvent continuer à vivre pendant des dizaines d’années, et à vivre non pas aux dépens de la société mais en gagnant leur vie.
Lorsque, par exemple, le cardiaque sort de lhôpital, il s’agit bien souvent de lui éviter les gros travaux, de lui trouver un emploi adapté à sa force de travail. M. le Docteur VAQUEZ, et après lui les différents médecins cardiologues des hôpitaux de Paris, ont envisagé ce problème. C’est ainsi qu’ils ont créé « l’Aïde aux cardiaques », « l’Amicale des cardiaques ». Etant donné le manque de moyens financiers dont ces associations disposent, il leur fut impossible de solutionner le problème complètement, et elles furent obligées d’accorder des secours (argent,
ATOS
charbon, etc.) à des cardiaques ne travaillant pas parce qu’incapables de travailler ou incapables de trouver du travail.
Eviter aux cardiaques les gros efforts : c’est l’envoi d’une femme de ménage au domicile du cardiaque pour frotter les parquets, faire la lessive; leur trouver un logement situé à l’entresol ou au rez-de-chaussée, de telle sorte qu’ils n’aient pas plusieurs étages à monter pour se rendre chez eux.
Trouver un travail adapté aux cardiaques : En réalité ce ne sont pas les métiers qui manquent. Tricotage, couture, horlogerie, menuiserie, travail de bureau, etc. Mais il est souvent nécessaire de leur apprendre un nouveau métier. La réadaptation professionnelle apparaît comme une des conditions de l’organisation du travail des demi-chroniques.
La rémunération du travail des cardiaques est à l’origine de nombre de difficultés. On tend à payer moins cher le travail des gens affaiblis que le travail des gens entièrement sains. L’argument des employeurs est que leur rendement est moindre. Ce qui n’est pas toujours exact. D’autre part l’expérience montre que plus le travail est payé à un taux bas plus le rendement est faible. Enfin les malades ne veulent pas qu’on se serve d’eux pour abaisser le niveau des salaires. Il nous semble clair que tant que l’on ne paiïera pas le travail de ces affaiblis au même taux que le travail des gens sains, il sera difficile de trouver une solution ailleurs que sur le papier.
En liaison avec ce deuxième problème soulevé par le travail des cardiaques se pose le problème de la vente des objets manufacturés par les cardiaques. Vente sans bénéfice par des coopératives de cardiaques, vente favorisée par certaines dispositions de l'Etat: détaxation, primes, etc. Les difficultés sont grandes mais non insurmontables. Le résultat serait : diminution des dépenses d’assistance des collectivités, augmentation de la puissance de notre pays par la rentrée de dizaines de milliers de personnes dans l’économie nationale.
Baucoup de cardiaques seraient susceptibles aussi de remplir certains emplois dans les administrations. Ces emplois leur sont interdits par la nécessité de passer une visite médicale pour être admis. Ces problèmes complexes sortent évidemment du cadre de cette thèse. Mais le fait qu’on ne leur a pas trouvé de solution joue un rôle dans l’encombrement des hôpitaux parisiens.
Pour les Paludéens, la nécessité d’un traitement d'entretien ne fait aucun doute. Mais la question se pose rarement à Paris et n’a pas une grande importance pour le désencombrement de nos hôpitaux parisiens.
Certaines catégories de tuberculeux sont encore assimilables à des demi-chroniques. Il s’agit de sujets qu’un séjour au sanatorium a apparemment guéris. « On ne saurait trop dire combien est puissante l’influence du milieu, de l'hygiène, du travail et du genre de vie sur la conservation de la santé récupérée par
la cure. C’est de ce qui suivra le sanatorium que dépendent surtout la valeur et la prennité du résultat de sortie. » A la suite de la malheureuse expérience du village de Clairvivre, qui fut malheureuse pour toute une série de raisons extra-mnédicales, on na pas fait grand chose en France pour les tuberculeux stabilisés et l’on voit des tuberculeux retourner dans les hôpitaux et y rester des mois uniquement parcequ'ils ont fait une rechute à la suite d’un séjour dans un sanatorium.
Dans tout ce chapitre traitant des demi-chroniques, nous n'avons pu qu’envisager d’une façon très rapide et très insuffisante les problèmes qui se posent au sujet des conditions de travail et d’existence de ees malades. Si néanmoins il nous a semblé nécessaire d'évoquer ce problème, c’est parce que nous pensons que pour faire un travail productif, on ne peut pas se contenter d'envisager tel ou tel aspect particulier de la question, il faut envisager la question dans son ensemble.