CHAPITRE V LES CONVALESCENTS
Nous en arrivons maintenant au 3° groupe de malades auxquels il importe de ne pas laisser faire un trop long séjour dans les hôpitaux : les convalescents. Nous n’envisagerons pas seulement dans ce chapitre le cas des sujets qui ont besoin de 15 jours- 3 semaines de repos pour se remettre définitivement d’une affection aiguë; mais aussi le cas de ceux qui ont besoin d’un repos de quelques mois pour se remettre d’une affection subaiguë, ou de l’épisode aigu d’une affection à tendance chronique. Il est certes utile de ménager une convalescence à un malade qui vient de faire une broncho-pneumonie par exemple. Lorsque sa température s’est stabilisée et qu’il ne fait plus de poussée aiguë, si ce malade retournait dans son foyer sans qu'on s’occupa de lui, il risquerait, encore faible, en état de moindre résistance, de se remettre mal, de n’être plus capable de vaincre dans la lutte pour la vie. È me
Mais d’autre part, un malade qui vient de faire une pleurésie a absolument besoin d’un repos de plusieurs mois. De même une femme atteinte de salpin-
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gite a besoin d’un long repos partiel après la période durant laquelle elle est restée alitée avec de la glace sur le ventre. Une épidydimite tuberculeuse isolée, primitive, unilatérale, peut n'être pas opérée si le malade peut se reposer quelques mois. À côté des convalescences d’une quinzaine de jours, il faut envisager pour un certain nombre de cas des convalescences plus longues, de quelques mois.
Enfin, dans cette thèse de médecine sociale, nous n’entendrons pas par convalescence seulement le repos surveillé de malades apparemment guéris, mais aussi le traitement à longue durée d’affections évoluant lentement vers la guérison. Par exemple : un enfant plâtré pour coxalgie peut ne pas rester des années dans un centre hospitalier à condition qu’un médecin le voit de temps en temps et puisse être appelé au besoin au chevet de cet enfant dont les parents sont indigents.
Nous parlerons d’abord des convalescents qui ont souffert d’une affection aiguë, et nous séparerons parce que les problèmes sociaux sont un peu différents, les adultes des enfants.
Il est bien clair qu’il faut s’efforcer de ne pas laisser faire aux malades leur convalescence à lhôpital. Ils occupent un lit pendant quinze jours durant lesquels ils n’ont pas besoin de soins constants. Le médecin chef de service et ses élèves le regrettent, eux qui aimeraient soigner un nouveau malade dans ce lit. L'assistance publique le regrette, parce qu’un malade à l’hôpital coute 40 francs par jour, et dans un éta-
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blissement de convalescence 20 francs environ. D’autre part lemaladese rétablira moins vite sur un brancard, dans l’atmosphère de l’hôpital, que dans un lit, dans un rétablissement de convalescence de grande banlieue.
Pour les adultes, l'A. P. tient à la disposition des convalescents, le Vésinet pour les femmes, St-Maurice pour lei hommes. De plus, pendant lété les jeunes filles peuvent aller à Pontourny. Il existe un certain nombre de lits dans des institutions privées pour une vingtaine de francs par jour environ. De tels établissements semblent bien suffisants pour beaucoup de malades médicaux. L’inconvénient c’est qu’on est obligé d'envoyer dans ces établissements toutes les catégories de malades. On y envoie des cardiaques qui ne peuvent pas suivre leur régime ni appliquer les règles d'hygiène qui leur seraient utiles. On y envoie des convalescents de néphrite et ces malades non plus ne peuvent pas suivre de régime.
Mais surtout des difficultés se présentent lorsqu'il s’agit d'envoyer des malades chirurgicaux en convalescence. Il y a Chantilly, fondation privée qui compte bien peu de lits. Broca en temps qu’établissement de convalescence chirurgicale vient de s’ouvrir. Mais l'inconvénient reste le même. L’A. P. administration ayant un budget autonome a tendance à faire le moins de dépenses possible, Pour elle les établissements de convalescents sont des lieux où l’on place d’anciens malades qui ne peuvent pas encore travailler. Pour l’administration, le principal intérêt de