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ces établissements est que la journée de malade y est moins chère qu’à l'hôpital. H s’agit donc de mettre dans ces établissements de convalescence le moins possible de personnel infirmier et de personnel médical. On n’accepte donc pas les malades qui ont besoin de pansements renouvelés chaque jour ou tous les 2 ou 3 jours. Conclusion : certains malades resteront des mois dans des services de chirurgie générale simplement parce que ce sont des suppurants chroniques ayant besoin d’un petit pansement tous les deux jours. Evidemment ils coutent très cher à l’hôpital, mais l’administration considère que les Etablissements de convalescence devant rester très bon marché, on ne peut y recevoir de suppurants.
Même situation en ce qui concerne les malades ayant besoin uniquement d’un traitement électrique. Ces malades restent des mois dans les hôpitaux parce que on ne peut pas faire les frais de l’installation nécessaire dans les établissements de convalescents, et qu’on ne veut pas leur donner les 10 ou 12 francs par jour qui leur permettraient de rentrer chez eux pour venir seulement aux soins gratuits.
Pour les mêmes raisons, on n’accepte pas dans les « convalescences » de l’A. P. les malades qui viennent de faire un épiside aigu de dilatation des bronches. Qu'ils restent des mois à l’hôpital ! mais dans les établissements de convalescence on ne prend pas de suppurants.
Les maisons de convalescence privées pour des raisons à peu près analogues à celles qui poussent
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l’Assistance Publique ne prennent pas de suppurants. Bien rares sont les exceptions.
La situation faite au cancéreux peut soulever des problèmes qui nous mènent loin hors du cadre de cette thèse. C’est une situation de fait que dans nombre d’hôpitaux des salles de malades aiguës sont transformés en salles de cancéreux inopérables. Il est très délicat de créer des centres de tels cancéreux, hospices qui auraient très rapidement une réputation par trop fâcheuse. Si des convalescences chirurgicales étaient organisées on pourraient diriger ces cancéreux vers de telles formations; seulement ils risqueraient d'occuper la place de malades qui eux bénéficieraient de la convalescence. La question se pose surtout pour les cancéreux entre deux interventions. Ces malades dont l’état ne nécessite pas une surveillance médicale quotidienne, restent, s’ils n’ont pas assez d'économies pour rentrer chez eux, des mois dans un service de chirurgie générale, encombrant les salles et coutant fort cher à l'A. P., alors qu’ils seraient beaucoup. mieux dans un établissement de banlieue sous une surveillance médicale moins étroite qu’à l'hôpital.
Il semble donc que l’on peut opposer à l’ancienne conception d'établissements de convalescence où l’on envoie des malades très différents les uns des autres et où chacun d’eux est peu surveillé, des établissements où entrent seulement telle ou telle catégorie de malades. Dans le 1* cas, nos convalescents ne peuvent recevoir aucun soin; ils suivent mal leur régime. La convalescence est essentiellement un lieu
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où les sujets vivent quelques semaines sans travailler. Dans le second cas, le malade est médicalement surveillé; il peut suivre son régime; il peut recevoir des soins assez simples : pansements du suppurant chronique, traitement électrique de longue durée, piqûre d'insuline s’il s’agit d’un diabétique qui a fait une petite infection, cacodylate pour un malade encore fatigué, auto-vaccination pour certaines dilatations des bronches, traitements variés qui n’ont pas besoin d’être suivi quotidiennement par un médecin. On pourrait envoyer rapidement les malades des hôpitaux dans ces établissements de convalescence; il serait possible de surveiller le régime et le genre de vié des convalescents, et de leur apprendre à suivre les conseils de leur médecin. Les convalescences aiguës pourraient être ainsi des endroits où les malades apprendraïent à se soigner.
D'une façon beaucoup plus accessoire, il est certain que l’on pourrait diminuer souvent la durée du séjour des malades à l’hôpital, surtout des malades chirurgicaux en faisant faire avant leur entrée dans le service des examens qu’on sait nécessaire. Par exemple quand certains chefs de service voient à leurs consultations une malade qui vient pour fibrome, comme avant l’opération on fera de toutes façons une prise de sang pour rechercher le taux de l’urée sanguine, ils font faire cet examen avant d'admettre la malade dans leur service. La durée du séjour à l'hôpital est ainsi diminuée parfois d’une semaine.
Pour les enfants l’organisation de convalescence
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spécialisée présente le même intérêt que pour les adultes. De plus les enfants qui font un long séjour à l’hôpital risquent de contracter une maladie contagieuse; à un moment où l’enfant est convalescent d’un épisode aigu, donc en état de moindre résistance, il est regrettable qu’il soit exposé à contracter : rougeole, coqueluche, etc...
D'autre part, pour les enfants et les nourrissons un problème se pose avec plus d’acuité que pour les adultes, c’est le sort des grands plâtrés. Un enfant plâtré pour luxation congénitale double, par exemple, va occuper pendant des mois un lit dans une salle de médecine générale. Il sera mal, matériellement (modification du régime alimentaire, changement des habitudes de vie) et moralement. En général, l’enfant loin de sa famille est beaucoup plus malheureux que dans sa famille, près de sa maman. Les parents risquent de prendre l’habitude de vivre sans lui, et lui risque de prendre de mauvaises habitudes. Il ne nous semble guère nécessaire de donner de tristes exemples à l'appui de remarques si évidentes. Pour les petits plâtrés plus que pour n’importe qui il faut envisager un secours à domicile. On devrait pouvoir donner une certaine somme aux parents, somme qui permettrait à la mère de ne plus travailler momentanément pour soigner son enfant ou bien de prendre une garde, somme qui lui permettrait de subvenir aux frais supplémentaires qu’entraîne la maladie: et il faudrait en même temps organiser une surveillance médicale gratuite à domicile avec une bonne