‹ Les difformes et les malades dans l'artChapitre 37 sur 49 · EXPOSITION DU MORT. PEINTURE SUR UN LKGYTHB R L A N C · texte numérisé non relu

EXPOSITION DU MORT. PEINTURE SUR UN LKGYTHB R L A N C

Huscc du Louvro.

musée (Ju Louvre, se termine à la partie supérieure en une sorte de divan sur lequel deux personnages, deux époux, sont couchés, le buste à demi relevé, prenant point d'appui sur le coude gauche. Les têtes plus finies que les autres parties, dont certaines ne sont qu'à l'état d'ébauche, représentent évidemment deux portraits. Il y a dans ce

déposition au tombeau, Caron et la barque infernale. Dans Cerposition du mort seule, ainsi que nous l'avons dit, ridée de la mort apparait dans toute sa réalité, et le défunt est bien un cadavre. Mais dans les autres scènes le mort est transfiguré et vit déjà de la vie future.

Ainsi dans la scène de la toilette funèbre, nous voyons la morte, par exemple, y présider elle-même et y aider comme elle l'eût fait de son vivant. Même dans la scène qu'on désigne comme étant la déposition au tombeau, le mort n'est pas un cadavre. < Ce n'est plus, dit M. Collignon, l'image de ce que voyaient les survivants et des rites qui frappaient les yeux de tous... c'est une interprétation de l'idée de la Mort dépouillée de ce qu'elle a de sombre et traduite avec le goût le plus pur. » c En effet, ajoute M. Pottier, le contraste est frappant entre le sujet de la déposition et celui de l'exposition. Aussi l'auteur d'une récente étude sur Thanatos, M. C. Robert, a-t-il pensé que la peinture de la déposition était uniquement inspirée par des légendes poétiques qui étaient en honneur chez les Attiques. »

Au sujet des bas-reliefs représentés sur les stèles, nous ferons remarquer que l'artiste s'est surtout plu à représenter le mort avec ce qu'il aimait durant sa vie. On le voit, comme en son vivant, se livrant aux actions qui lui étaient familières : un homme joue avec son chien, une femme se livre aux soins de sa toilette, etc.. ou bien déjà transfiguré, vivant déjà do la vie future, il est entraîné par le conducteur des âmes, assis au banquet funèbre, etc..

mausolée une influence manifeste de l'art étrusque dont nous devons dire quelques mots*.

C'est par centaines que se comptent les couvercles de sarcophages étrusque en terre cuite, représentant des personnages à demi couchés sur un lit. Le sarcophage de Caeré, au musée du Louvre, en est un magnifique exemple se rattachant à l'époque archaïque. 11 nous montre le mari et sa femme à demi couchés comme pour un festin. Pour citer un autre spécimen également fort remarquable et appartenant à la belle période de Fart étrusque hellénisé, nous rappellerons le Sarcophage de Chiusi, au musée de Florence; l'artiste nous y montre la défunte fort richement vêtue se livrant aux soins de sa toilette.

Le trait saillant que présentent ces œuvres de sculpture céramique étrusque, est le souci de la vérité individuelle. Ce sont des portraits que les artistes ont voulu représenter. « Ils n'ont qu'un dessein, dit M. J. Martha, ils veulent qu'on reconnaisse sûrement la personne dont ils font l'image, et n'omettent aucun des traits auxquels on pourra la reconnaître. Ils lui donnent ses vêtements et ses bijoux, mais s'ingénient surtout à reproduire les détails de sa physionomie. Les têtes sont toujours modelées avec un très grand soin et l'expression en est souvent vivante. En revanche, tout ce qui ne contribue pas directement au portrait est négligé. Le buste, par exemple, et les jambes sont traités tant bien que mal, sans le moindre souci de la vérité anatomique. La plupart des figures couchées sur les sarcophages sont ridiculement disproportionnées et plus ou moins péhanchées ^. » Nous ajouterons qu'elles ne représentent pas le personnage mort. Il y a cependant quelques exceptions ; on peut voir, au Louvre, un certain nombre de petits sarcophages dont le couvercle représente le mort étendu rigide sur un lit de parade.

Les chambres funéraires des Étrusques étaient ornées de fresques murales. Une peinture de la Grotta del Morto, à Corneto, reproduit un sujet que nous ne pouvons passer sous silence. « On y voit les apprêts d'un ensevelissement. Un homme vient d'expirer : une jeune femme lui ferme les yeux et lui voile le visage, tandis que debout auprès du lit un autre de ses parents ramène sur les jambes du défunt l'extrémité d'une couverture. Plusieurs personnages entourent la couche funèbre et laissent éclater leur douleur, les bras levés en signe de désolation. » (J. Martha.) Cette peinture n'est pas sans ofl'rir des analogies avec l'exposition du mort des lécythes grecs.

La sculpture romaine nous ofl're quelques exemples de statues tombales, dans le goût étrusque '.

Mais le plus souvent, le portrait du défunt est un buste qui se détache du fond d'un médaillon porté en l'air par deux génies volants, deux victoires, deux centaures ou deux tritons. Un grand nombre de statues représentant des personnages romains qui ornent

1. Nous poarrioas citer également le sarcophage d^Alexandre Sévère et de Mammée, au musée du Capitole, et celui de Batbylle, affranchi d'Auguste, au même musée.

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