‹ Les difformes et les malades dans l'artChapitre 38 sur 49 · L'Archéologie étrusque et romaine, p · texte numérisé non relu

L'Archéologie étrusque et romaine, p

3. Le musée du Louvre en possède un spécimdn fort beau portant le n® 341 du catalogue de M. W« Frôhner.

nos musées étaient des statues funéraires. Elles ont été trouvées dans les tombeaux ou dans les mausolées.

L'art chrétien n'a pas usé vis-à-vis de la représentation du cadavre de la même réserve que l'art antique, et l'étude à laquelle nous allons nous livrer maintenant va faire naître un contraste saisissant.

Toutefois, à ses débuts, l'art chrétien qui prit naissance dans les catacombes, ne représente pas la mort. La peinture chrétienne revêt des formes symboliques ou allégoriques. Les sujets sont tirés du Nouveau et de l'Ancien Testament, et l'artiste y cherche surtout un enseignement moral qui, par les yeux, s'adresse h l'âme. « Si l'on rappelle sans cesse l'intervention salutaire du Christ, dit M. Bayet, on ne retrace jamais sa Passion, non plus que les souffrances des martyrs *. y>

Les sarcophages chrétiens du iv« et du V siècle, dont le musée de Latran, à Rome, et le musée d'Arles, en France, offrent de si nombreux spécimens, sont décorés de basreliefs figurant également des scènes tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament. C'est beaucoup plus tard que l'on reproduisit les traits du défunt sur les tombeaux.

C'est dans ce dernier ordre de spécimens artistiques, dans les images tombales, que nous trouverons les documents les plus intéressants relatifs à la représentation du cadavre. Mais l'art chrétien devait trouver, dans l'histoire du Christ et des martyrs, bien d'autres occasions de représenter la mort. Sur la croix, les artistes nous ont montré le Christ, tantôt mourant, jetant au ciel son grand cri « consommatum est >>, tantôt la tête pendante ayant exhalé le dernier soupir. Mais dans la « descente de croix », dans « la Vierge pleurant sur le corps de son fils d, dans a la mise au tombeau », sujets qui ont défrayé la peinture religieuse de plusieurs siècles, la représentation du mort tient le premier rang. Nous ne saurions nous étendre longuement sur un sujet où l'abondance des documents devient un embarras et qui, par une voie détournée, ne nous conduirait à rien moins qu'à récrire l'histoire de l'art chrétien. Mais, sans sortir du domaine spécial où nous nous enfermons, il nous a paru utile de donner une rapide esquisse sur la façon dont le Christ mort a été représenté.

Aux temps de la primitive Église, on voit la croix, mais sans le Christ. Au dire de Émeric David, c'est Jean VII, Grec de naissance, élu pape en l'an 705, qui paraît avoir le premier consacré le crucifix dans l'église de Saint-Pierre.

Il fit représenter ce sujet dans une chapelle dédiée à la Vierge. On y voyait Jésus vêtu d'une tunique qui descendait jusqu'aux talons; au pied de la croix étaient deux bourreaux, dont l'un perçait le corps du Sauveur d'un coup de lance, et l'autre lui présentait une éponge imbibée de vinaigre; à sa droite était saint Jean, à sa gauche la Vierge,

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