STATUE TOMBALE DE CATHERINE DE MÉDICIS» PAR GIROLAMO DELLA ROBDIA
elle est dans la chapelle de l'École des beaux-arts, et nous y reviendrons tout à l'heure.
Nous avons vu, dans l'effigie couchée de Louis XII, la mort représentée dans son efirayante vérité. Ici, Germain Pilon a montré l'intention très arrêtée d'en atténuer l'horreur. Henri II, la tête renversée en arrière, porte sur les traits l'image d'un sommeil calme, exempt de terreur et de souffrance. Néanmoins le corps rigide, avec la main droite crispée, les jambes roidies, et tous les muscles durcis par la rigidité cadavérique, est bien celui d'un cadavre. Il n'en est pas ainsi de la reine, dont la pose cherchée rappelle celle des Vénus antiques. Elle est représentée avec les formes pleines de la jeunesse.
Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que cette œuvre était exécutée du vivant même de Catherine de Médicis, qui se fdhdiil pour traire ainsi quelques vingt-cinq ans avant sa mort.
La statue de Girolamo délia Robbia est conçue dans un esprit tout différent. Aux stigmates réalistes de la mort s'ajoutent ceux de la vieillesse. Cette œuvre est très curieuse à étudier au point de vue delà vérité anatomique. La tête, renversée en arrière, fait saillir le cou dont là maigreur accuse les reliefs du larynx et de la trachée. La cage Iho-
iÀO LES DIFFORMES ET LES MALADES DANS yXKT.
racique se dessine sous la peau ridée et au travers des seins flasques et amaigris. Le ventre, très rétracté, accuse la proéminence de la ceinture osseuse du bassin dessiné avec beaucoup d'exactitude. Néanmoins, son étroitesse relative pourrait faire croire que l'artiste a eu pour modèle un cadavre masculin. Le bras gauche est étendu sur le côté, et le bras droit roidi est ramené en avant. La tête n'est qu'ébauchée. « Telle qu'elle est cependant, dit M. Courajod, la 'figure de Catherine de Médicis est une œuvre qui ne