OBSERVATION V
-(de MM. Armand Dezizre, Robert Lévy et Julien Marie, dans le Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux du
13'mars 1925).
« Ron. Louise, 11 ans, entre le 25 février 1924 à Delbrousse avec le diagnostic de tuberculose pulmonaire à forme fibreuse.
En 1920, comme le révèle l’anamnèse, une congestion pulmonaire s’installe ; mais la toux persiste et l’enfant maigrit. À son entrée, en 1924, on constate du côté gauche une matité presque absolue de tout l’hémithorax, un syndrome cavitaire et, à l'écran, une opacité totale. Le poumon droit est indemne. Ca
Il existe de nombreux bacilles dans les crachats.
Devant l’unilatéralité des lésions un pneumothorax artificiel est pratiqué. Le décolléèment presque complet est obtenu, mais, comme le montrent les insufflations suivantes, le collapsus est impossible en raison de la densification du bloc spléno-pneumonique ; et le pneumothorax est abandonné.
Nous+avons l’occasion de revoir l’enfant en avril 1924. malgré une notable amélioration de poids et la conservaüon d’un bon état général, les constatations stéthacoustiques, radiologiques et bactériologiques sont les mêmes qu’à l’entrée. À droite, auscultation et image radiologique normales, À gauche, matité sur toute l'étendue du poumon, souffle rude avec broncho-égophonie, signes cavitaires avec
gargouillement dans les fossés sus et sous-épineuses ; l'examen radiologique montre l’opacité de l’hémithorax gauche dans toute sa hauteur ; l’expectoration est encore bacilhifère.
Or, après l’injection intra-trachéale de lipiodol, on constate, au sein du parenchyme densifié, une déformation de l’arbre bronchique avec ectasies moniliformes juxtaposées, se terminant en culs-de-sac arrondis (doigt de gant) ; le lhipiodol ne pénètre pas, en effet, dans les bronchioles et dans les alvéoles comme cela se produit dans un poumon sain. »