‹ Les Dilatations Bronchiques et la Tuberculose PulmonaireChapitre 45 sur 50 · UN CAS DE BRONCHECTASIES CONSÉCUTIVES A UNE TUBERCULOSE FIBRO-CASÉEUSE · texte numérisé non relu

UN CAS DE BRONCHECTASIES CONSÉCUTIVES A UNE TUBERCULOSE FIBRO-CASÉEUSE

A toutes les observations publiées on peut ajouter celle que M. P. Jacor a prise dans son service de la

Salpêtrière : elle est complète et instructive à plus d’un titre. La voici.

Mme Marie-Louise F.., âgée de 29 ans, blanchisseuse,.

entre dans le service de la Salpêtrière, le 23 novembre 1933. Son père est mort de tuberculose pulmonaire ; sa mère, ses

deux sœurs, son frère sont bien portants ; l'enfant qu'elle,

eut en mai 1929 a recu du vaccin de Calmette et Guérin et s’élève normalement, éloigné de la mère.

Le début de la maladie actuelle remonte à 1923. Le 20 août, justement inquiétée par une toux fréquente avec crachats numo-purulents, un point de côté dans la région précordiale, une asthénie et une aménorrhée vieilles de

quatre mois elle consulte à Laënneo. Le Pr Léon BerNarD

trouve des bacilles de Koch dans les crachats et observe sur la radiographie un aspect en mie de pain avec plusieurs petites cavernes sous la clavicule droite : il porte le

diagnostic de tuberculose pulmonaire unilatérale droite

excavée à évolution torpide. Le 29 septembre, elle gagne Brévannes où, sous la surveillance du D' Saromon, elle suit une cure de repos d’un an. À sa sortie de Brévannes, le 2 novembre 1924, elle se rend au Dispensaire Léon Bour-

Ve)

GEois : on constate alors une nette amélioration de l’état général, la disparition des crachats, une diminution de la toux et un embonpoint de quatorze kilogrammes ; la radiographie indique, du côté de l’hémithorax droit, une forte densification du tiers supérieur avec limite, inférieure à caractère interlobaire et avec quelques plages claires, ainsi que quelques taches et marbrures au niveau du tiers moyen.

La malade n’écoute pas les conseils de prudence et “pie

le travail.

Tout va bien jusqu’au 19 mai 1929, date à laquelle la malade devient mère. L'accouchement a été normal et pourtant la femme ne se rétablit pas : elle est fatiguée et elle maigrit. Le 17 février 1930, elle est brusquement secouée de frissons. Suit un épisode aigu fébrile qui se calme en une dizaine de jours. Cependant, les crachats deviennent nombreux et chargés de bacilles de Koch tandis que Pamaigrissement s ‘accentue et qu’une température vespérale s’installe. À la salle Pierre Carron où elle est entrée le 5 avril 1930 on pratique une radiographie qui indique : dans l’hémithorax gauche, quelques marbrures ; dans l’hémithorax droit, une rétractian considérable du poumon avec attraction médiastinale, deux images d’excavation sous la clavicule et une opacité très prononcée de la moitié inférieure

avec quelques marbrures sus-jacentes. On la garde durant

quelque temps dans le service où son état de santé s’améliore.

Le 27 mai 1930, elle se rend à are où elle suit une.

‘cure de treize mois. Le 12 juillet 1931, l’état général est

satisfaisant, la température et la toux ont disparu, l’'embon-

point est de sept kilogrammes ; elle rentre chez elle.

Le 22 juillet 1931, elle fait un épisode fébrile en tout point |

semblable à celui a 4er février 1930. Ees crachats étant

bacillifères et l’image radiologique du poumon droit ressem-.

blant absolument à celle du 5 avril 1930, on décide de créer un pneumothorax que la malade refuse. Un traitement au-

Ye

rique à la crisalbine est alors institué. Elle quitte le service

Je 19 septembre 1931.

Jusqu'au 12 avril 1932 l’état de santé est à peu près

atisfaisant . La malade vient régulièrement recevoir sons

injection de crisalbine ; ses crachats sont assez abondants ; à deux reprises, le bréille de Koch a été vainement récherché après homogénéisation de l’expectoration.

Le 12 avril 1932, la malade entre dans le service, car elle se sent fatiguée, elle tousse et elle crache. La température

est normale et l’expectoration ne révèle pas de bauille de

Koch, même après homogénéisation. La radiographie du 13 avril montre une attraction considérable de l’hémithorax

droit avec attraction médiastinale, une opacité de la base

et de nombreuses marbrures couvrant tout le champ pulmonaire ; le poumon gauche est normal.

Le 19 avril 1932, il se produit une pétite hémoptysie. Le 22 avril, nee reprend et se prolonge jusqu’au 25 avril. Il est à remarquer que cette manifestation ne s'accompagne d'aucun signe indiquant une poussée évolu-

tive. Le 2 iuin 1932, elle a repris 2 kg. 600, elle ne tousse pas,

. Son expectoration n’est pas bacillifère ; elle rentre chez elle.

Le 2 juillet 1932, une nouvelle hémoptysie survient et nécessite son’ entrée d'urgence à Lariboisière d’où on l’envoie, le 2 septembre, à Laënnec : la température est nor-

male ; les crachats sont abondants, muco-purulents et san-.

gœuimolents par intermittences ; le cliché [a été pratiqué

à ce moment et montre une constitution d’un véritable fibro-

thorax droit ; il y a une augmentation de l'attraction du

médiastin et dé la rétraction du poumon ; lascension dia-

phragmatique est très importante ; le champ pulmonaire

ainsi rétréei est parsemé de marbrures très importantes

confluentes, au milieu ‘desquels il est diflicille de distinguer

une cavité, si ce n’est, peut-être, au-dessus de la clavicule, en regard de la partie moyenne de la première cote. Les 1er et 10 octobre 1932, il v a apparition de petites

Le.

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