OBSERVATION I
De Messieurs E. Risr et P. Ameuizre, à la séance de la Société Médicale des Hônitaux de Paris, le 17 février 1922).
C’est une femme qui, du 14 février au 25 avril 1912, a été soignée pour une broncho-pneumonie à l'Hôpital de Lorient. En mai 1913, elle vient à Paris et devient couturière en chambre. Son état de santé est bon, mais elle tousse ; elle consulte et apprend avec stupeur qu’elle est
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atteinte d’une «tuberculose pulmonaire bilatérale avancée » ; ce diagnostic a été établi à cause de l’ampleur des signes d’auscultation et d'examen radiologique, malgré l'absence absolue des bacilles de Koch dans les crachats. C’est donc sous l'étiquette de la catégorie « C » qu’elle fait quatre séjours à Brévannes entre novembre 1913 et novembre 1919.
Etablissement du diagnostic de bronchectasies
La malade s’est présentée à la consultation pour la première fois le 23 janvier 1920, avec un peu de fièvre, de la toux fréquente, une expectoration purulente abondante, de la cyanose, un peu de dyspnée, des râles humides à timbre gargouillant du haut en bas de chaque côté de la poitrine, et des marbrures occupant les deux tiers supérieurs de l’hémithorax gauche et la moitié interne de l’hémithorax droite. Le diagnostic de tuberculose pulmonaire très avancée est provisoirement accepté. Mais la recherche des bacilles de Koch dans les crachats, pratiquée tous les quinze Jours pendant cinq mois, demeure négative ; l’inoculation de crachats à deux cobaye reste sans résultat, deux réactions de l’antigène selon BEsREDKA sont négatives. La malade n’est donc pas tuberculeuse. La réaction de Bordet-Wassermann est négative même après réactivation ; la syphihs n’est donc pas en jeu. L'hypothèse de
mycose pulmonaire tombe devant les résultats négatifs de lensemencement.
Alors on pose le diagnostic de dilatation généralisée des bronches consécutive à la broncho-pneumonie soignée en 1912 à Lorient.
Le 27 juin 1920, elle quitte spontanément l’Hôpital pour mener une vie très active.
Evolution tuberculeuse vraie.
Son état général est satisfaisant et la malade engraisse de trois kilogrammes entre sa sortie de l'Hôpital et le 23 novembre, date à laquelle elle vient à la consultation en
disant qu’elle ne s’est jamais sentie malade de cette façon. A ce moment les signes cliniques et radiclogiques sont les mêmes que précédemment. Mais on trouve des. baailles de Koch à l’examen direct des crachats et à chaque examen. De plus la réaction à l’antigène est faiblement positive. La malade sort du service le 22 mars 1921 ; son état de santé misérable. Le 8 août elle meurt à l'Hôpital avec des crachats toujours bacillifères et des signes d’insuflisance cardiaque.
L’autopste.
Elle indique une vieille sclérose pulmonaire diffuse avec dilatation bronchique généralisée sans aucun rapport étiologique avec la tuberculose ; mais sur une partie de ces bronchectasies 1l s’est greffé secondairement des lésions tuberculeuses ; le point de greffe est facile à reconnaître macroscopiquement et microséopiquement.
La tuberculose, chez cette malade, est restée très limutée et la malade est morte simplement comme une cardiaque, avec cette réserve toutefois, que son extraordinaire dégénérescence amyloïde, développée hors de proportion avec l’étendue du foyer tuberculeux suppurant, a dû hâter la terminaison fatale.