ÉVACUATION DU CONTENU DE L'ESTOMAC
s'accomplit celle fonction primordiale de restomac. Voici comment, à notre avis, on peut considérer les choses.
L estomac, à l'étal normal, doit être vide deux heures après l'ingestion d'un liquide, et six à sepb heures après l'ingestion d'un repas ordinaire.
S'il met plus longtemps à se vider, on peut admettrequ'il est atteint d'insuffisance motrice, et cela d'autant plus que l'évacuation est plus tardive.
Si l'estomac larde seulement à se vider, mais qu'il y arrive cependant dans un laps de temps d'environdix heures, on le dit atteint d'atonie ou ci insuffisance motrice du premier degré.
Mais si l'estomac n'est pas vide au bout de douzeheures de jeûne, on peut admettre qu'il n'arrive jamais à évacuer complètement son contenu, que les différents repas s'accumulent dans le viscère, que celui-ci, en un mot, n'est vide à aucun moment. On donne à cet état, beaucoup plus grave que le précédent, le nom de stase gastrique, de rétention alimentaire ou d'insuffisance motrice du deuxième degré.
Parmi les nombreux procédés qui ont été proposés pour apprécier la façon dont l'estomac évacue son contenu, il n'y en a guère que deux qui, par leur simplicité et leur précision, nous semblent recommandables aux cliniciens, les autres étant surtout destinés à des études scientifiques.
Le premier consiste à rechercher le bruit de clapotage à divers moments de la journée et plus simplement, d'une part huit heures après le repas, d'autre part le matin à jeun. La présence de ce bruit^
SYMPTOMES COMMUNS
indiquant l'exisLence d'aliments dans l'estomac, permet de juger de la rapidité avec laquelle se l'ail l'évacuation stomacale.
Malheureusement, nous le savons déjà, dans la recherche du clapolage, on est exposé à de nombreuses erreurs d'interprétation. Aussi est-il plus simple de s'assurer de la présence des aliments dans l'estomac par le calhétérisme. Si l'on a aflaire à de.s malades qui ont déjà subi cette petite opération, on peut à la rigueur leur passer la sonde huit heures après le repas, et de nouveau douze ou treize heures après. Mais en clinique, il est d'une médiocre utilité de reconnaître les différents degrés d'atonie gastrique. Il suffit, dans l'intérêt du pronostic et du traitement, de distinguer Valonie et la slase gaslrique. Pour ce faire, on pi'escrit aux malades de n'absorber, lé repas du soir une fois terminé et jusqu'au moment de l'examen, aucun aliment, aucune boisson, en quantité si minime que ce soit. Le calhétérisme est faille lendemain matin, vers sept ou huit heures.
Il ne faut jamais se contenter d'un simple calhétérisme évacuateur; lorsque celui-ci est resté infructueux, il faut faire le lavage de l'estomac avec un demi-lilre d'eau : si l'eau ressort propre, ou souillée seulement de quelques filaments muqueux, on peut être assuré que l'estomac est vide.
Les résidus qu'on extrait de l'estomac le malin à jeun sont de nature variable. La présence de quelques centimètres cubesdeliquide bilieux, de réaction neutre au tournesol, n'a pa? de signification pathologique. Celle d'une grande quantité de bile peut être
ÉVACUATION DU CONTIÎNU DE L'KSTOMAG.
l'indice d'une dislocation de l'eslonaac et d'un abaissement du pylore permettant le reflux de la bile (cas de Weill). Elle peut indiquer aussi l'existence d'une sténose du duodénum au-dessous de l'ampoule de Vater. Souvent on retire des liquides légèrement bilieux, acides, contenant des flocons de mucus. Si ces liquides sont en petite quantité, au-dessous de 10 centimètres cubes, on est autorisé à ne leur attribuer aucune importance : ils peuvent être dus à une sécrétion provoquée par l'excitation de la muqueuse par la sonde ; une plus grande quantité est l'indice d'un état pathologique qu'on désigne sous le nom de gastrosuccorrhée ; nous en parlerons en faisant l'histoire des divers types cliniques. Enfin on peut trouver une quantité variable de débris alimentaires, plus ou moins bien divisés et reconnaissables, délayés dans un liquide acide plus ou moins abondant : c'est la véritable rétention alimentaire, la véritable stase gastrique. 11 est bon, comme le conseillent quelques auteurs, de l'aire prendre aux malades, un jour ou deux avant de pratiquer le cathétérisme, certains légumes ou fruits tels que carottes, salades cuites, lentilles, et surtout raisins secs ou pruneaux dont l'enveloppe celluleuse, restant indigérée, est facilement reconnaissable. De plus ces substances, formant des fragments assez volumineux, passent à travers le pylore avec moins de facilité et séjournent plus longtemps dans l'estomac que les substances réduites en bouillie par l'action du suc gastrique. On conçoit que leur présence puisse révéler les formes légères de la stase qui autrement pourraient passer inaperçues.
Après avoir constaté l'existence d'une dilatation ■de Festomac et examiné l'état des fonctions motrices •et évacuatrices de l'organe, il faut en rechercher la cause dans l'étude des commémoratifs, des symptômes dyspeptiques et des troubles généraux qui l'accompagnent. Cette enquête étiologique est de la plus haute importance. C'est sur elle que reposent le •diagnostic, le pronostic et le traitement. En elîet, nous allons voir que la diversité des origines entraîne •la diversité des formes morbides qui, malgré les «ombreux symptômes qui leur sont communs, jouissent chacune d'une véritable autonomie, et méritent chacune une description tout à fait spéciale.
Les raisons pathogéniques des dilatations de l'es- <tomac sont de deux ordres : v
I. --La principale cause, de beaucoupla plusimporlante, réside dans un obstacle siégeant au voisinage du pylore, antre pylorique, pylore ou duodénum, et s'opposant, d'une façon plus ou moins efficace et complète, au passage des aliments de l'estomac dans l'intestin. Cet obstacle est dû surtout à une lésion organique intra ou extra-stomacale. Souvent le •spasme, la contracture du pylore vient s'ajouler à Ja lésion organique, d'une façon irrégulière, intermittente, imprimant à la maladie une allure parti-
DIL.mTIONS D'ORIGINE PYLORIQUE.
culière sur laquelle nous aurons à appeler l'aLtcntion. Enfin parfois on est amené à atlmcltre la seule et unique influence d'un spasme du pylore. — Chacune de ces modalités étiologiques donne lieu à un syndrome spécial qu'avec un peu d'habitude il est assez aisé de reconnaître.
II. — En regard des dilatations de cause pylorique, il faut placer celles qui sont dues à une contraction insuffisante des parois de l'estomac.
Cette inertie, peut être due, par exception, à une altération anatomique ; mais elle est le plus souvent le résultat d'un trouble purement fonctionnel consistant dans le relâchement parétique de la tunique musculaire de l'estomac.