‹ Les diners artistiques et littéraires de ParisChapitre 25 sur 58 · LES VILAINS BONSHOMMES I $Q · texte numérisé non relu

LES VILAINS BONSHOMMES I $Q

charmantes: André Gill, qui conquit une réputation si brillante comme dessinateur ; Etienne Carjat, photographe et littérateur.

On quitta la région du Montparnasse pour se transporter en plein Paris, chez un marchand de vin de la place Saint-Sulpice et plus tard chez Laveur, rue des Poitevins.

Ce restaurant, très fréquenté, avait à cette époque pour habitués : Gustave Courbet, le maître peintre ; Georges Duchêne, ancien secrétaire et l'un des exécuteurs testamentaires de Proudhon ; Gustave Chaudey, avocat ; Jules Vallès, Gustave Huriot, rédacteur en chef de la Revue de l'Empire; A. Vermorel et beaucoup d'autres personnages alors célèbres ou en train de se faire une célébrité.

On dut abandonner la table d'hôte de Laveur, parce que souvent la place manquait. Il fallait alors attendre une table jusqu'à huit heures et demie quelquefois neuf heures.

Ce fut dans ce restaurant de la rue des Poitevins

qu'un soir André Lemoyne présenta à la société un jeune homme à la figure imberbe, aux cheveux blonds. Le poète priait ses amis de ne pas effaroucher le nouveau venu, qui, d'après lui, était d'une timidité poussée jusqu'à l'exagération.

Cette violette se nommait Vermersch, avait vu le jour à Lille et faisait des vers. On se mit à table. Tout le monde n'était pas encore assis, que le timide protégé de Lemoyne criait si fort que personne ne pouvait plus placer une parole, et au bout de dix minutes, emporté sans doute par un enthousiasme généreux, il déclarait à ses nouveaux amis qu'ils n'avaient aucun talent et n'étaient tous que des imbéciles.

Cette façon toute nouvelle de démontrer sa timidité surprit tout le monde et André Lemoyne surtout.

Le timide Vermersch montra toujours la môme violence chaque fois qu'il daigna honorer le dîner de sa présence. Sous la Commune, il fonda avec

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