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L'ALOUETTE

Un des trois fondateurs de la Société de la Cigale avait voulu en faire un groupe politique. Battu sur ce terrain, M. Xavier de Ricard créa une autre association, Y Alouette, dont il fut naturellement le président.

L'Alouette eut, dès sa naissance, des ailes d'une envergure gigantesque, car ce charmant oiseau couvrait de ses plumes la grande idée de la fédération des peuples latins. Roumains, Espagnols, Portugais, Italiens, Suisses romans, Grecs, eurent des représentants plus ou moins autorisés au premier banquet, qui eut lieu le 26 mai 1878.

A cette date, l'harmonie la plus parfaite était loin

de régner entre Y Alouette et la Société d'Alliance latine. Cette dernière avait organisé à Montpellier des fêtes qui durèrent du 22 au 29 mai 1878 et aucune invitation n'avait été adressée à l'Alouette; ce dont elle se montra froissée, tout en affectant l'indifférence la plus parfaite.

L'Alouette ne s'occupe pas, disent les statuts, de politique, elle n'a que des tendances républicaines en Espagne, en Portugal et dans les autres pays qui ont un gouvernement monarchique.

Or, au banquet du 26 mai 1878, la salle était ornée d'un buste de la République, les écussons de la Grèce et de la Roumanie recouverts d'un crêpe noir attestant leurs souffrances, M. de Ricard avait la présidence effective et M. Victor Hugo la présidence honoraire de la réunion. Après avoir prononcé le discours d'ouverture, M. de Ricard lut une lettre de l'auteur de Nolre-Dame-de-Paris. Voici cette missive :

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