‹ Les diners artistiques et littéraires de ParisChapitre 39 sur 58 · L ALOUETTE · texte numérisé non relu

L ALOUETTE

Paris, 19 mai 1878.

Mes chers confrères, Mes devoirs publics me retiennent à Paris; je serais heureux, vous n'en doutez pas, d'être au milieu de vous. Je suis votre frère, et vous voulez bien, c'est le privilège de mon âge, m'accepter comme frère aîné. L'union de tous les talents et de tous les esprits, c'est le rayonnement même de la civilisation. Je bois à l'alliance des Races latines ; je bois à l'alliance de tous les peuples !

Votre ami,

Victor Hugo.

M. Emilio Castelar et Py y Margal, les anciens chefs de la République espagnole, adressèrent aussi des épîtres au président de V Alouette. Ces deux hommes, sous le gouvernement desquels l'Espagne avait failli s'effondrer, regrettaient de ne pouvoir assister au banquet, retenus par des devoirs patriotiques.

Il fallait s'occuper d'Alphonse XII, tâcher de le renverser afin que la Biscaye, carliste, se soulevât de nouveau, que la Commune s'établit dans les villes du

Midi, que Cuba reprit les armes. Les noms de ces deux loustics étaient encadrés d'autres un peu moins connus, mais tout à fait désireux de se faire connaître.

Un député italien, M. Mauro-Macchi, terminait ainsi sa lettre :

Avec la formation de V Alliance Latine, les grands Etats actuels perdront certainement de leur importance. Et ce sera tant mieux ! car les grands États ne sont bons qu'aux grands despotes. Nous devons revenir à l'indépendance des anciennes communes.

On voit qu'on ne s'occupait pas de politique. Un Suisse, M. Croizier, envoya de Vaud, son adhésion et ses regrets de ne pouvoir se rendre à Montpellier. M. Viollet-Leduc, conseiller municipal de Paris, écrivait :

Ayant toute ma vie essayé de rendre, dans la mesure de mes forces, au faisceau des Races latines la cohésion qui leur manque : doués comme ils le sont, les pays latins pourraient.

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