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LA POELE A FRIRE 33 I

On parle dans ces réunions, l'accent méridional n'en est pas le moindre charme pour ces Parisiens. Cette animation dans les gestes, cette volubilité, ces rires francs et joyeux exercent un charme tout particulier sur les natures les plus calmes.

M. Saint-Martin, député de Vaucluse et M. Clovis Hugues, député de Marseille, ont, après le dîner, fait des discours. Naturellement ils n'ont parlé que du midi. On peut s'imaginer ce qu'a dû dire le bouillant poète marseillais s'abandonnant à son improvisation méridionale. Lorsqu'il parle, sa phrase devient de la poésie. Sans le vouloir il la scande harmonieusement et enlève son auditoire.

Après les discours, le concert. Les artistes étaient M mes Maria Lafont, de la Scala ; Marthey, de l'Eden-Concert ; MM. Debailleul, Jules Banuel, M. Garnier, de l'Alcazar d'hiver ; M. Monclair, de l'Eden-Concert.

L'auditoire, charmé, applaudissait.

Mme Fosca; MM. Rhemours et Tac-Coën ont successivement tenu le piano.

Une jolie mazurka, la Petite Mionne, par M. Tac- Coën; une délicieuse romance, Si f osais, dusartanier Louis Gleize, chantée par M. Monclair a enlevé le public. L'artiste a dû la redire plusieurs fois.

Disons que M. Henri Escoffier, — Thomas Grimm — un de nos meilleurs confrères, rédacteur en chef du Petit Journal est un sartanier.

On a offert un beau bronze à M. Uzès le fondateur de la Sarian et la soirée s'est terminée par une tombola.

Au mois de mai 1884, la Sartan donnait un grand dîner au célèbre poëte Mistral. MM. Clovis Hugues, H. Escoffier et Constantin Roche ont porté des toasts très applaudis et Mistral lut quelques fragments de Nerto, entre autres une description de la vie avignonnaise au moyen âge.

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